02
Août
Les inégalités dans le choix d’une école
Les inégalités dans le choix d’une école

La possibilité pour les parents de choisir l’école que fréquentera leur enfant creuse le clivage entre les classes sociales. C’est ce que démontre une étude de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) menée dans 11 pays sur les critères qui influencent les parents dans le choix d’une école.

Pour l’étude, les parents devaient répondre à un questionnaire en évaluant, de « pas important » à « très important », divers critères dans le choix d’une école pour leur enfant. Les résultats ont révélé que l’importance accordée aux critères d’ordre financier se faisait souvent au détriment de l’importance des critères qualitatifs comme les résultats scolaires ou la qualité de l’environnement.

« Trop souvent, les parents défavorisés doivent choisir entre coût et qualité pour l’établissement de leur enfant ».

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Encore plus préoccupant, les élèves dont les parents accordent moins d’importance au critère des résultats académiques ont des résultats en mathématiques largement inférieurs à ceux dont les parents s’en préoccupent fortement (46 points de pourcentage de moins). Même si cet écart est réduit à 32% après contrôle du niveau socio-économique, il correspond quand même à un an de scolarité de retard.

La différence de résultats dans toutes les matières est aussi perceptible entre les enfants dont les parents accordent une très grande importance aux critères qualitatifs et ceux dont les parents n’y accordent pas d’importance.

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L’étude conclut que « si au bout du compte, le choix de l’établissement entraîne le creusement des inégalités entre les riches et les pauvres, c’est le système d’éducation dans son ensemble qui en sort perdant. »

Les immigrants sont parmi les plus désavantagés par les systèmes d’éducation qui permettent de choisir l’établissement d’enseignement. Dans cet article du Pacific Standard, Alissa Quart raconte l’histoire de Guido, 13 ans, immigrant d’origine paraguayenne, qui doit choisir son école secondaire.  « Comme un parieur novice qui choisit son cheval, il se fiait uniquement à la musicalité de leurs noms », écrit-elle.

Les immigrants ne connaissent ni les spécificités des écoles, ni leurs réputations. Les conséquences de ce manque d’information sont graves. Si les immigrants ayant l’anglais comme langue seconde ne représentent que 9,6% des élèves de niveau secondaire aux États-Unis, ils forment 20% des décrocheurs.

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