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15 octobre: Une journée pour le deuil périnatal
15 octobre: Une journée pour le deuil périnatal

La journée québécoise de sensibilisation au deuil périnatal est organisée depuis deux ans pour sensibiliser les gens à la perte d’un bébé. Cette journée est l’initiative de l’Association Parents Orphelins (APO), dont l’objectif est de « faire connaitre la réalité de nombreuses familles touchées annuellement au Québec et leur offrir une reconnaissance ».

On parle de deuil périnatal lorsqu’il s’agit d’un deuil qui survient à la suite d’une fausse couche, d’une interruption médicale de grossesse, d’une mortinaissance, d’un décès à la suite d’un accouchement ou d’un décès survenant dans les jours ou les semaines suivant la naissance du bébé.

Chaque jour au Québec, une famille perd un enfant à la naissance ou pendant une grossesse. La plupart des études médicales démontrent qu’environ 20 % des grossesses ne se rendent pas à terme. Dans les faits, au Québec ce sont 500 bébés qui décèdent en cours de grossesse, à la naissance ou jusqu’à un mois de vie chaque année. Parmi ceux-ci, on ne connaît pas la cause de 40 % des décès. L’infirmière spécialisée en deuil périnatal, Suzy Fréchette-Piperni, explique la difficulté particulière du deuil périnatal. « Vivre un deuil périnatal ce n’est pas juste perdre un petit bébé, c’est une vie au complet qui ne sera pas vécue », explique-t-elle.

Il est impossible de mesurer la peine causée par la perte d’un bébé pour la famille. En fait, la peine ne se mesure pas au nombre de semaines de grossesse ou de vécu du bébé, comme l’explique l’association. C’est le rêve qu’imaginaient les parents pour leur enfant et leur sentiment d’être déjà des parents qui est le plus difficile pour eux. L’absence de souvenirs concrets accentue le chagrin des parents. Ils peuvent également sentir qu’il y a un manque de reconnaissance sociale de leur situation : ils ont l’impression qu’il n’y a aucune trace de leur bébé et l’entourage ignore la profondeur du lien affectif du parent avec l’enfant. D’ailleurs, il est difficile pour les parents de s’identifier dans une telle situation, puisque comme le souligne Ronald Reagan, aucun titre n’existe pour les parents en deuil d’un bébé.

« Quand un enfant perd ses parents, on l’appelle orphelin. Quand un époux perd sa partenaire, on l’appelle veuf. Mais quand des parents perdent leur enfant, il n’y a pas de mot pour les décrire. »

Ronald Reagan [traduction libre]

Quoi dire aux parents endeuillés

Il peut s’avérer difficile de trouver les mots pour aider un parent qui vient de perdre un bébé. Une infirmière clinicienne en deuil périnatal, Manon Cyr, travaille depuis une quinzaine d’années à outiller et sensibiliser les familles, les amis et les collègues de travail pour accompagner les parents qui reviennent à la maison sans leur bébé. Elle recommande d’accompagner et de guider les parents endeuillés vers les bonnes ressources pour leur venir en aide dès l’annonce de la mauvaise nouvelle. « Il n’y a pas de gros deuils ni de petits deuils », précise-t-elle. Ces parents ont besoin d’une main tendue et apprécient les petites attentions, comme une carte de sympathies, un repas préparé pour une journée plus difficile ou encore un coup de téléphone, mais une bonne écoute reste le plus beau des cadeaux qu’on peut leur offrir. Ils veulent pouvoir parler de leur bébé et partager les souvenirs qu’ils ont partagés avec lui. Le documentaire et le livre Fausse couche, vrai deuil, donne aussi un espace pour les parents vivant le deuil périnatal de trouver un certain réconfort.

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À propos de Marilou M. Robitaille

Finissante au Baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Marilou Muloin-Robitaille est passionnée des technologies et des enjeux de société. Elle aime alimenter les débats et découvrir de nouvelles cultures. D’abord stagiaire pour Planète F, Marilou continue d’évoluer en tant que journaliste au sein de cette équipe.

Commentaires

  1. Lynne Pion

    Mes plus douces pensées accompagnent les parents endeuillés.
    Un article très intéressant pour démystifier ce qu’est le deuil périnatal et les différents services accessibles pour les parents. Merci pour la mention en chansons.

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