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Oct
Grosse comme dans grossesse…
Grosse comme dans grossesse…

L’occasion peut être vue comme opportunité de réévaluer son image. Pour certaines femmes, la grossesse leur permet de se sentir belles. Pour d’autres, le moment heureux d’être enceinte et d’apprécier ses rondeurs ne viendra jamais…

Sylvie Lévesque, abordait ce sujet lors du récent congrès international des recherches féministes dans la francophonie, en collaboration avec Catherine Rousseau et Sarah Beauchemin-Roy, toutes de l’UQAM.

- partenaire -

« Il y a deux tendances pendant la grossesse : certaines femmes sont confortables avec leur corps durant la grossesse, alors que d’autres vivent ces changements négativement. Mais à la naissance et les mois qui suivent, le discours est consensuel : les changements du corps sont perçus négativement », explique-t-elle.

Au départ, la recherche qui a mené à se pencher sur le sujet voulait aborder la santé sexuelle des nouveaux parents et la santé de leur relation de couple. Or, d’entre de jeu, les témoignages recueillis sur la perception de l’image corporelle et la pression sociale ont pris toute la place.

Parce que la pression de devoir ressentir la maternité, la grossesse comme une expérience nécessairement positive amène certaines femmes à douter d’elles-mêmes, de leurs capacités d’être une bonne mère avant même d’avoir donné naissance.

Après la naissance

Les chercheures ont  rencontré 13 nouveaux parents pour discuter du corps pendant et après la grossesse, des normes sociales qui y sont rattachées.

Et c’est après la naissance où la perception du corps pour la nouvelle mère dégringole. « Les femmes ont de la difficulté à concilier le corps qu’elles ont par rapport au corps qu’elles avaient avant la grossesse. Elles se perçoivent comme dans un entre-deux », présente Sylvie Lévesque.

Et l’impact du partenaire sur le nouveau corps est important. Le seul contact, la main du père qui effleure le ventre de la nouvelle mère, amène une surconscience de l’insatisfaction de la femme quant à son corps. « Présenter son nouveau corps nu à son partenaire peut être un moment très difficile. D’autant plus que le corps modifié par l’allaitement ajoute une pression supplémentaire », explique-t-elle.

Mais le partenaire a un rôle important à jouer. « Le désir de l’autre favoriserait l’acceptation de son corps modifié par la grossesse », précise-t-elle.

La perception que la grossesse n’est qu’une parenthèse, qu’on va revenir au corps « d’avant » installe la grossesse et la période postpartum dans une période de vulnérabilité et de redéfinition face au corps. Les participantes aux entrevues ont également mentionné la pression sociale de reprendre son corps en main rapidement après l’accouchement… Comme si les normes sociales dictaient (encore une fois) que le corps mince est mieux, même en période périnatale.

D’autres résumés de conférences du CIRFF 2015:

Enfants autistes, mères en détresse

La route vers l’égalité

Les mères, le marketing et les blogues

Quand les vedettes prônent l’allaitement

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À propos de Mariève Paradis

Éditrice et cofondatrice, Mariève est journaliste indépendante depuis 2005. Elle travaille sur plusieurs plateformes (web, magazines, hebdomadaires, radio et télévision). Elle cumule deux prix en journalisme, la Bourse Fernand-Seguin en vulgarisation scientifique et la Bourse en journalisme des Instituts de recherche en santé du Canada qui lui a permis de faire des reportages au Nunavik et au Groenland en 2012.

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