16
Oct
Prendre un congé parental à l’adolescence
Prendre un congé parental à l’adolescence

Une récente étude démontre que le temps passé avec nos adolescents fait une réelle différence. Plus on passe de « temps engagé » avec son adolescent, moins il a de chances de prendre part à des actes délinquants. Jennifer Senior, l’auteure de All Joy and No Fun : The Paradox of Modern Parenthood s’est questionnée sur le congé parental.

L’étude, publiée dans le Journal of Marriage and Family, s’est penchée sur l’influence du temps passé avec le bébé durant les mois suivants sa naissance sur son comportement, ses résultats scolaires et son bien-être émotionnel. On y a distingué le « temps engagé » [engaged time] et le « temps accessible » [accessible time] du parent mis à la disposition de l’enfant. Les trois sociologues qui ont travaillé sur cette étude en sont venus à la même conclusion : il n’y a aucun lien entre le temps passé à la maison avec le bébé après sa naissance et son bien-être des années suivantes. Par contre, cette étude met l’accent sur l’importance du temps passé avec les enfants durant leur adolescence, une période dite de « turbulence hormonale », ce qui soulève alors une interrogation : serait-il plus important de prendre le congé parental durant l’adolescence de nos enfants?

L’adolescence et la psychologie du développement

Historiquement, ça ne fait qu’une vingtaine d’années que les psychologues considèrent l’adolescence comme une période cruciale du développement de l’enfant. Avant, l’adolescence était sous-estimée et on considérait que les années sacrées étaient de 0 à 3 ans. Cette hypothèse a dernièrement été réfutée : l’adolescence est la période la plus vulnérable et où l’enfant a le plus besoin de soutien et de surveillance. Notons que pour les filles, la période où elles ont le plus besoin de support se trouve l’âge de 13-14 ans, alors que chez les garçons, ça se situe vers 16-17 ans.

L’expert en puberté et en adolescence, Laurence Steinberg, compare les adolescents « aux voitures avec de puissants accélérateurs et de faibles freins ». Effectivement, l’adolescence est une période riche en dopamine où de nombreuses connexions synaptiques se créent. « Les adolescents ont tendance à surestimer les avantages qu’ils obtiendront en prenant des risques », écrit Jennifer Senior. D’ailleurs, Steinberg nous apprend que la période de la journée où les adolescents sont plus enclins à prendre des risques ou à faire des mauvais coups est entre 15 et 18 h en semaine, où personne n’est à la maison pour les superviser, ce qui explique entre autres la pertinence des congés parentaux durant cette période.

L’adolescence est également la période la plus critique pour développer des dépendances qui resteront tout au long de la vie et une présence parentale prévient ce genre de comportements qu’on préfère éviter à nos enfants. « On ne verra jamais un enfant de 8 ans consommer de la drogue », lance Laurence Steinberg.

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À propos de Marilou M. Robitaille

Finissante au Baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Marilou Muloin-Robitaille est passionnée des technologies et des enjeux de société. Elle aime alimenter les débats et découvrir de nouvelles cultures. D’abord stagiaire pour Planète F, Marilou continue d’évoluer en tant que journaliste au sein de cette équipe.

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