04
Jan
Parlons de diversité des religions
Parlons de diversité des religions

Dans une conférence intitulée « Parler des religions à l’école : un défi de diversité dans une société pluraliste », la professeure au département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Sivane Hirsh, se questionne sur la manière dont on peut parler des religions à l’école.

Au Québec, plus de 25% des élèves sont issus de l’immigration. Dans certaines écoles de Montréal, ce pourcentage peut atteindre 98%, alors que dans certaines commissions scolaires en région éloignée, on compte à peine un élève d’une autre origine ethnique. Ce qu’ont démontré les études entreprises par Sivane Hirsh, c’est que le visage de l’immigration est en plein changement. « On parle d’une immigration qui se diversifie, » explique-t-elle. Si 60% des immigrants québécois sont chrétiens, un fort pourcentage est issu de la religion musulmane d’origine des pays francophones du nord de l’Afrique, par exemple.

Selon la conférencière, on doit placer l’éducation interculturelle au cœur des apprentissages des enfants pour faciliter le vivre-ensemble et ouvrir l’esprit des générations futures. Les enseignants devraient être mieux outillés pour parler de diversité culturelle, linguistique et religieuse dans leurs classes. Les enseignants ont un devoir d’équilibre et doivent intervenir en ce sens. En aucun cas, ils ne devraient tolérer la discrimination.

 « L’école est un lieu de rencontre de la diversité. »

– Sivane Hirsh, professeure au département des sciences de l’éducation de l’UQTR

Aborder la religion en classe

Le programme imposé par le ministère de l’Éducation laisse une grande place à la question religieuse dans les cours d’éthique et cultures religieuses, et même dans les cours d’histoire. « Trop souvent, même si le programme aborde la diversité à Montréal, par exemple, on n’est pas à l’aise d’en parler. On va plutôt présenter globalement chaque religion, » s’attriste Sivane Hirsh.

Mais les jeunes veulent parler des religions. Les jeunes ont envie de partager leurs expériences et leur vision des choses. « Évidemment, les jeunes vont vouloir aller chercher ailleurs si on ne leur propose pas de réponse à l’école, » poursuit la professeure. Les médias sociaux et tout autre média non-traditionnel alimentent l’intérêt des jeunes sur l’aspect religieux. « En parler à l’école empêche les élèves d’aller chercher des réponses plus ou moins pertinentes ailleurs, » raconte Mme Hirsh.

Parler des religions n’est pas chose simple. Ça suscite une panoplie d’émotions qu’il ne faut pas négliger. « On a très peur des émotions dans les écoles. Souvent, les enseignants ne savent pas quoi faire quand des émotions sont suscitées en classe », explique la conférencière. Toutefois, elle pèse ses mots. « C’est normal, des émotions. On en a tous. Quand on est jeune, on a plus de difficultés à contenir nos émotions, donc l’école devrait être une place où on peut en parler, où on peut laisser parler nos émotions », poursuit-elle.

Le contexte québécois n’est peut-être pas aussi propice qu’on le voudrait pour discuter ouvertement de nos croyances religieuses. Certains peuvent sentir un malaise d’exposer ce côté intime de leur personnalité. Sivine Hirsh continue tout de même dans sa lancée. « Parlons-en! », conclut-elle.

Écrit par Marilou Muloin-Robitaille

Votre abonnement permet à ce magazine d’exister!

RelatedPost

À propos de Marilou M. Robitaille

Finissante au Baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Marilou Muloin-Robitaille est passionnée des technologies et des enjeux de société. Elle aime alimenter les débats et découvrir de nouvelles cultures. D’abord stagiaire pour Planète F, Marilou continue d’évoluer en tant que journaliste au sein de cette équipe.

Commentaires

  1. caroline lefebvre

    Cette année, c’est la première fois que le professeur d’ECR de mon fils parle d’athéisme. IL était plus que temps; il est en secondaire 4!

Comments are closed.