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Mai
L’éducation sexuelle autour du monde
L’éducation sexuelle autour du monde

La fin des classes marque la première année du projet pilote d’éducation sexuelle annoncé par l’ancien ministre de l’Éducation François Blais. Au Québec, l’enseignement dans ce domaine avait besoin d’un vent de fraîcheur. D’autres pays vont toutefois plus en profondeur dans leur programme d’éducation sexuelle. Comme les Pays-Bas.  

Dans l’article The case for starting sex education in kindergarten de PBS, il est d’ailleurs question de l’efficacité de l’enseignement néerlandais. Dès à l’âge de quatre ans, les élèves en apprennent sur certaines notions reliées à la sexualité. Les enfants de huit ans et de 11 ans vont respectivement aborder des concepts tels que l’image de soi, les préjugés raciaux, l’orientation sexuelle et les moyens de contraception.

À lire: L’éducation sexuelle dès le CPE

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Ce programme propose donc un enseignement sur l’éducation sexuelle qui ne se restreint pas seulement à des informations sur le sexe. L’idée est d’inculquer à ces jeunes enfants les capacités nécessaires pour avoir des conversations sur l’amour et les relations, selon le spécialiste du développement sexuel des enfants de l’institut de recherche néerlandaise Rutgers WPF, Ineke van der Vlugt. Il existe même une semaine intensive d’éducation sexuelle qui se déroule partout aux Pays-Bas dans les écoles primaires à l’arrivée du printemps.

Cette approche reçoit d’ailleurs une reconnaissance internationale pour son efficacité. Aux Pays-Bas, la plupart des personnes âgées entre 12 et 25 ans ont eu leurs premières expériences sexuelles par plaisir et par désir. Aux États-Unis, 66% des adolescents actifs sexuellement ont mentionné qu’ils auraient attendu plus longtemps avant d’avoir leur première relation sexuelle. Une étude récente de l’Université Georgetown a d’ailleurs démontré que l’enseignement sur l’éducation sexuelle au primaire permet de réduire le nombre de grossesses non désirées, de morts prématurées, d’avortements dangereux pour la santé et d’infections transmises sexuellement. Au Canada, 30 % des jeunes de 15 à 17 ans et 68 % des 18 à 19 ans ont déclaré qu’ils avaient eu des relations sexuelles. 

Au Danemark : une mentalité pro-naissance

À l’instar du Québec, le Danemark a lui aussi décidé de modifier son programme d’éducation sexuelle en 2015 afin d’aborder la procréation de manière positive. L’association Sex og Samfund, responsable de la majorité des cours d’éducation sexuelle, tente de changer la mentalité des adolescents. « Cela fait des années qu’on parle seulement des façons de ne pas tomber enceinte », mentionnait la directrice de Sex og Samfund Marianne Lomholt au New York Times. « Puis, on s’est dit qu’on pourrait montrer aux adolescents comment procréer si le désirent. » Le Danemark, tout comme le Québec et le Canada, doit pallier le problème de natalité qui ne permet pas un renouvèlement de la population. Une compagnie de voyage a même proposé une campagne publicitaire axée sur la thématique « Faites-le pour le Danemark ».

Source : Courrier International

À lire: L’éducation sexuelle en Norvège

L’importance des parents

Si l’éducation sexuelle en classe demeure essentielle, l’implication parentale l’est tout autant. Le spécialiste en communication Josh Misner relate d’ailleurs son expérience personnelle sur le site du Huffington Post alors qu’il a été invité par sa fille à assister à une soirée sur l’éducation sexuelle organisée à son école primaire. Il mentionne plus particulièrement que les pères doivent jouer un rôle de premier plan quant à l’éducation de leurs filles sur la sexualité.

Notre dossier Éducation sexuelle : trop peu trop tard? 

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À propos de Mariève Paradis

Éditrice et cofondatrice, Mariève est journaliste indépendante depuis 2005. Elle travaille sur plusieurs plateformes (web, magazines, hebdomadaires, radio et télévision). Elle cumule deux prix en journalisme, la Bourse Fernand-Seguin en vulgarisation scientifique et la Bourse en journalisme des Instituts de recherche en santé du Canada qui lui a permis de faire des reportages au Nunavik et au Groenland en 2012.

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