01
Juin
Les violences obstétricales sous la loupe
Les violences obstétricales sous la loupe

Accoucher. Il s’agit sans doute de l’acte le plus naturel au monde. Pourtant, de plus en plus d’associations et de regroupements militent pour le droit des femmes lors de l’accouchement. Résumé d’une rencontre organisée par le Regroupement Naissance-Renaissance (RNR), dans le cadre de la semaine mondiale pour l’accouchement respecté (SMAR).

Il existe tout un flou autour de la notion de violence obstétricale. Selon Nicole Pino, du RNR, il s’agit d’une « violence, sous toutes ses formes, commise dans un contexte obstétrical : accouchement, suivi de grossesse, postpartum immédiat, avortement, fausse-couche, etc. » Par les présentations d’Hélène Vadeboncoeur, docteure et chercheure indépendante en périnatalité, de Sylvie Lévesque et Manon Bergeron du département de sexologie de l’UQAM et de Stéphanie St-Amant, chercheuse postdoctorale en psychiatrie transculturelle et sociale à l’Université McGill, l’activité lève le voile sur ce qui a permis, depuis une cinquantaine d’années, de reconnaître cette forme de violence envers les femmes et leurs proches.

Un corps défaillant ?

Depuis la parution de « Cruelty in Maternity Wards », un article percutant de 1958 qui compilait les témoignages d’infirmières et de femmes dans les hôpitaux américains des années 40 et 50, plusieurs facteurs ont permis la reconnaissance des violences obstétricales, selon les chercheuses. Entre autres, la pratique médicale de l’obstétrique aurait contribué à construire socialement le corps de la femme comme étant défaillant. Jumelé à une médicalisation toujours plus grande de l’accouchement et de l’élargissement des protocoles médicaux, l’accouchement est devenu, avec le temps, une condition médicale à observer, ouvrant ainsi la porte à plusieurs débordements.

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Les témoignages des mères et des pères affluent et plusieurs accompagnantes à la naissance sont témoins chaque jour de violences obstétricales lors d’accouchements à l’hôpital. « J’ai vu des femmes en plein travail implorer en vain du personnel médical afin qu’ils retirent leur doigt de leur vagin. J’ai entendu de la manipulation et du harcèlement afin qu’une femme accepte une intervention qu’elle ne souhaitait pas. J’ai vu des protocoles désuets et sans fondement scientifique être imposés à des femmes vulnérables. J’ai même entendu des intervenants en milieu hospitalier ridiculiser une maman qui exprimait le souhait d’accoucher le plus naturellement possible », raconte Annie Bhérer-Racine, accompagnante à la naissance depuis plus de vingt ans.

Les violences obstétricales peuvent être subtiles, peuvent même parfois passer inaperçues. « Plusieurs de ces femmes ont même remercié l’équipe obstétricale pour leurs bons soins », ajoute Annie Bhérer-Racine. Mais les femmes, et aussi les hommes, qui les accompagnent dans toute l’aventure de la grossesse et de l’accouchement, peuvent rester marquées longtemps par ces expériences douloureuses. C’est pour cette raison que le Regroupement Naissance-Renaissance s’efforce d’informer les femmes et milite pour une humanisation de la période périnatale.

 

À lire: Notre dossier sur les violences obstétricales.

 

 

 

 

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