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Juil
Marcher pour aller à l’école est dangereux?
Marcher pour aller à l’école est dangereux?

Selon quatre chercheurs de Toronto, il faut instaurer des environnements favorables aux élèves qui utilisent la marche pour aller à l’école.

La conduite dangereuse autour des écoles primaires augmente de 45 % le taux de collisions entre piétons et voitures. La plupart des accidents entre les élèves du primaire et les automobilistes se produisent d’ailleurs avant ou après les heures d’ouverture des écoles.

L’installation de ralentisseurs (« dos-d’âne »), une diminution du nombre de rues à sens unique, des espaces indiqués pour déposer ses enfants à l’école, éviter le plus possible d’être obligés de traverser des routes figurent entre autres parmi les pistes de solutions proposées par Alison Macpherson, Andrew Howard, Ron Buliung et Linda Rothman pour améliorer l’environnement des élèves torontois. Mme Rothman a d’ailleurs présenté ces constats tirés de plusieurs études sur ce sujet au Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS.

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Le taux de collisions entre piétons et automobilistes a d’ailleurs diminué de 45 % avec l’installation de ralentisseurs. Les accidents qui se produisent durant les heures d’ouverture des écoles primaires se situent en majorité (86 %) à des endroits où il n’y a pas de brigadiers. L’importance des ralentisseurs et des brigadiers n’a pas encore été démontrée, selon deux études publiées par Mme Rothman.

Les ralentisseurs vont bien évidemment ralentir la circulation et fournir un meilleur environnement pour les piétons, particulièrement les élèves. Il reste tout de même à voir si de telles installations ne font pas simplement que déplacer le problème dans d’autres endroits où il n’y a pas de « dos-d’âne », d’après une première étude. La deuxième recherche démontre que les brigadiers vont augmenter (14 %) la quantité d’élèves qui marchent pour aller à l’école, mais qu’ils n’ont pas encore d’impact mesurable sur la sécurité.

Les enfants sont-ils en sécurité au Québec?

Au Québec, entre 2003 et 2007, 370 enfants âgés de 5 à 12 ans ont été blessés, en moyenne, chaque année, durant les heures de déplacements entre la maison et l’école, selon une étude de l’Institut national de santé publique du Québec parue en 2011. Dans plus de 90 % des cas, il s’agit de blessures qui n’ont pas entraîné une hospitalisation. Dans la moitié des cas, ces blessures sont survenues en secteur résidentiel et près du quart en périphérie de l’école. Les enfants âgées de 5 à 9 ans sont d’ailleurs particulièrement à risque de blessures comme piétons.

Il est aussi question de l’environnement piétonnier. « Plusieurs études ont démontré que les mesures portant sur l’aménagement routier sont efficaces pour réduire les blessures chez les enfants piétons. Celles-ci visent notamment à réduire la vitesse et/ou le volume de la circulation automobile », peut-on lire dans le document.

Les parents trop pressés?

Linda Rothman mettait en garde les parents pressés qui viennent chercher leurs enfants à l’école en voiture. « Les enfants devraient marcher à l’école dans le plus possible, pour limiter la congestion automobile autour des écoles », disait-elle dans une entrevue à CTV en janvier dernier.

Selon elle, les parents font des choses complètement folles autour des écoles durant les périodes du matin et du soir. Témoin de conduite dangereuse par les parents qui vont déposer ou viennent chercher les enfants à l’école, elle espère une plus grande vigilance et un plus grand respect pour la sécurité des enfants.

À écouter aussi: la chronique de Marc-André Carignan au 15-18 à la Première chaine de Radio-Canada sur les accidents des cyclistes et piétons.

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