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Août
Les parents ne sont pas tous en vacances
Les parents ne sont pas tous en vacances

Comment s’assurer que les enfants passent un bel été pendant que les parents travaillent tous les deux à temps plein? Comment se passent les vacances d’été pour les familles qui ne peuvent pas se permettre de vacances?

Les vacances d’été peuvent coûter cher. Très cher parfois. Ce ne sont pas toutes les familles qui peuvent se permettre d’aller au parc d’attractions dont tout le monde parle, d’aller faire du camping à la plage, ou encore de quitter le pays pour le vieux continent le temps d’une escapade en famille. Envoyer les enfants au camp de vacances est tout aussi coûteux et les parents qui doivent travailler toutes les semaines de l’été se retrouvent devant une impasse. 

Les enfants sont en vacances une dizaine de semaines pendant l’été et c’est comme si la société s’attendait à ce que les parents soient tous présents à attendre les enfants à la maison. Mais c’est loin d’être la réalité de tous. En effet, aux États-Unis, seulement le quart des familles ont un des deux parents qui est présent à la maison pour les enfants durant tout l’été. Et les autres familles, que font-elles?

Été coûteux et peu académique

Le New York Times rapporte qu’en 2014, une famille dépensait en moyenne 958 $ par enfant pendant les vacances d’été. Camp de jour, activités, sorties, équipes sportives, vacances en famille… la liste de dépenses est longue alors que les congés de parents sont parfois de courte durée. Les familles qui ne peuvent pas se permettre les camps de vacances demandent de l’aide aux membres de la famille et aux amis qui habitent près de leur domicile pour garder les enfants. Les enfants âgés de 6 à 12 ans apprennent même à s’occuper seuls pendant les mois d’été. En effet, les enfants de cette tranche d’âge passent en moyenne une dizaine d’heures par semaine seuls à la maison.

En été, le manque de services de garde éducatifs et abordables creuse l’écart pour les familles à faible revenu et cet écart est encore plus perceptible au retour des classes en septembre. La plupart des enfants perdent des habiletés en mathématiques durant les vacances d’été, mais les enfants de familles à faibles revenus voient aussi leurs compétences en lecture se dégrader et ce recul des apprentissages ne se rattrape pas avec le retour des classes. Ces pertes de connaissances sont possiblement évitables avec l’aide d’un programme d’été d’apprentissage, mais ces programmes coûteux ne sont pas accessibles à tous.

À lire aussi: Le casse-tête de la semaine de relâche

Ailleurs dans le monde

Dans des pays comme l’Allemagne et la Grande-Bretagne, les vacances d’été ne durent que six semaines environ et certaines écoles américaines offrent même l’école toute l’année en répartissant les semaines de vacances au fil des saisons. C’est une formule qui permet d’éviter les retards académiques à la rentrée scolaire, mais qui laisse les parents qui ne peuvent pas se permettre de vacances dans le même embarra. Les parents se plaignent alors non pas du calendrier scolaire, mais du manque de ressources et de soutien qu’on leur offre.

Investir dans des programmes éducatifs estivaux permettrait aux enfants de ne pas prendre de recul dans leurs apprentissages et aux parents de se débarrasser de tout ce stress causé par les « vacances » d’été. Après tout, les parents ne veulent que le bonheur de leurs enfants, et les laisser seuls à la maison ne rendra pas leurs étés mémorables.

Les grandes vacances remises en doute

Au Québec, des experts commencent à douter de la pertinence d’avoir autant de vacances pendant l’été. Certains croient même que l’année scolaire devrait être parsemée de congés. Une semaine par-ci, une semaine par-là. C’est ce qu’explique le magazine L’actualité dans cette vidéo

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À propos de Marilou M. Robitaille

Finissante au Baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Marilou Muloin-Robitaille est passionnée des technologies et des enjeux de société. Elle aime alimenter les débats et découvrir de nouvelles cultures. D’abord stagiaire pour Planète F, Marilou continue d’évoluer en tant que journaliste au sein de cette équipe.

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