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Enfants, parents et grands-parents… sous le même toit!
Enfants, parents et grands-parents… sous le même toit!

Au Canada, pas moins de 363 000 ménages ont choisi la cohabitation multigénérationnelle, c’est-à-dire la cohabitation entre trois générations et plus d’une même famille. Un rapport de l’Institut Vanier dresse un portrait intéressant des foyers multigénérationnels au pays.

La résidence familiale est souvent au cœur des liens qui unissent les différents membres d’une famille. Il s’agit du point d’ancrage des ressources familiales et l’endroit idéal où procurer les soins et le soutien nécessaires à chacun. Plusieurs familles canadiennes ont choisi de réunir plusieurs générations sous le même toit.

Chaque membre de la famille en retire plusieurs bienfaits. En effet, les grands-parents apprécient la présence de leurs petits-enfants. Ces moments passés auprès d’eux aident à réduire l’isolement social des aînés. De leur côté, les petits-enfants qui apprennent à prodiguer des soins à leurs grands-parents apprennent à se responsabiliser et ça fait le bonheur de leurs parents quand les grands-parents peuvent les garder, surtout à cette époque où les frais pour les services de garde sont dangereusement en hausse.

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«La mobilité accrue de même que les progrès réalisés dans le domaine des soins à domicile, du transport public et des technologies d’assistance contribuent désormais à multiplier les possibilités pour les aînés en ce qui concerne le choix du lieu de résidence et du mode de vie.»

– Rapport de l’Institut Vanier

Selon Statistiques Canada, les Canadiens âgés de 65 ans et plus représentent 16,1% de la population totale au pays. Cette tranche d’âge dépasse celle des moins de 15 ans pour la première fois dans l’histoire. Le choix de cohabiter avec les petits-enfants est de plus en plus souhaité par cette génération.

Décision familiale importante

Les ménages multigénérationnels représentent 2,7% de tous les ménages privés au Canada. Au total, 600 000 grands-parents ont choisi de vivre sous le même toit que leurs petits-enfants. Les grands-parents devenus veufs représentent le quart des grands-parents qui vivent en cohabitation avec leur descendance.

Les familles immigrantes sont également plus enclines à choisir ce mode de vie. Les avantages financiers sont nombreux. Les dépenses du foyer sont séparées entre les différents adultes qui y cohabitent. La moitié (50,3%) des grands-parents en cohabitation multigénérationnelle participent de manière importante aux dépenses familiales. En 2011, les immigrants ne représentaient que 26% de la population totale âgée de plus de 45 ans au Canada, mais plus de la moitié de tous les grands-parents cohabitant avec leurs petits-enfants.

La cohabitation multigénérationnelle nécessite une grande confiance et une grande communication entre les différents membres de la famille. Chacun doit pouvoir y trouver le confort nécessaire à son épanouissement et respecter l’intimité et l’autonomie de chacun. Souvent, les familles choisissent d’annexer à leur résidence principale des unités de logements auxiliaires pour leurs parents. Ces logements sont souvent appelés «logement parental» ou encore «appartement supplémentaire». On y retrouve souvent la chambre principale et un espace pour cuisiner afin de séparer les espaces de vie commune. Le fait de se retrouver sous le même toit permet de faciliter les moments pour se réunir avec les autres membres de la famille.

Autres cohabitations possibles

Les statistiques retrouvées dans le rapport de l’Institut Vanier ne prennent pas en compte les enfants devenus adultes qui restent encore au foyer familial, mais on y aborde tout de même ce type de cohabitation. En effet, les jeunes adultes de 20 à 29 ans sont nombreux à rester chez leurs parents pour des raisons financières. Ils rencontrent davantage de difficultés sur le marché du travail, ils sont aux prises avec l’endettement étudiant grandissant et sont victimes de l’augmentation du coût de la vie. En 2011, 42% des jeunes adultes de cette tranche d’âge avait toujours le domicile familial comme adresse principale.

D’autres familles décident également de vivre avec une autre famille et de partager une maison commune. C’est le cas de la famille d’Ann Larie à San Francisco qui a choisit de cohabiter avec une famille avec qui ils avaient tissé d’importants liens d’amitié. Il s’agit d’une autre forme de cohabitation qui comporte également ses avantages.

Plus près de nous, une famille recomposée de Montréal a décidé de pratiquer cette cohabitation pour permettre à tous de les membres de la grande famille de rester en contact et de tisser des liens.

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À propos de Marilou M. Robitaille

Finissante au Baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Marilou Muloin-Robitaille est passionnée des technologies et des enjeux de société. Elle aime alimenter les débats et découvrir de nouvelles cultures. D’abord stagiaire pour Planète F, Marilou continue d’évoluer en tant que journaliste au sein de cette équipe.

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