25
Oct
L’éducation comme solution à la culture du viol
L’éducation comme solution à la culture du viol

On parle beaucoup de culture du viol ces derniers jours. On peut croire que plus on en parle, plus les gens – et les garçons plus particulièrement – seront sensibilisés. Mais ce n’est pas suffisant. La sensibilisation passe principalement par l’éducation.

La culture du viol décrit « un ensemble de comportements qu’on a au quotidien et qu’on ne remet plus en question. La culture du viol comprend aussi la banalisation de la violence sexuelle, la culpabilisation de la victime, l’incompréhension de la notion de consentement et l’incapacité du système judiciaire à vraiment écouter les victimes. »

Nancy B. Pilon est la directrice de l’ouvrage collectif « Sous la ceinture », qui présente les nombreux visages de la culture du viol. Cet ouvrage sort au même moment où le viol et la culture qui l’entoure font les manchettes. Selon son auteure, ce n’est pas qu’une affaire de femmes ou d’hommes : c’est un réel problème de société.

À lire aussi: Culture du viol, j'ai peur pour mes enfants

Tu éduques, il éduque, nous éduquons…

Une journaliste du Washington Post témoigne de cette réalité. Ses garçons sont âgés de 16 et 18 ans et ne se sentent pas touchés par cet enjeu. Ils savent pourtant que leur mère a été victime d’abus sexuels et de viol, mais ils ne se sentent pas concernés par la culture du viol. Même si leurs amis peuvent parfois avoir des comportements sexuels discutables, ils restent passifs devant ces actes, par peur de perdre la face. Les garçons de Jody Allard comprennent, mais ils ne sont pas prêts à sacrifier leur propre confort pour dénoncer ce fléau.

Constater cela, c’est mettre le doigt sur le problème. Les milliers d’hommes, qui ne toucheraient jamais à une femme sans son consentement, restent passifs devant la situation. Sans encourager la culture du viol, faire des blagues sexistes, traiter une amie de « pute » ou de « salope » en rigolant ou rester silencieux face à un comportement déviant, ils ne dénoncent pas le problème. L’éducation de ces hommes pourrait être une partie de la solution. Il faut également encourager les hommes à dénoncer la culture du viol. Et surtout leur enseigner la valeur du mot « Non ».

À lire aussi: Le consentement, ça s'apprend quand?

Plus près de nous

Au Canada, c’est 633 000 agressions sexuelles qui ont été déclarées en 2014. « En moyenne, une adolescente sur cinq vivra un épisode de coercition sexuelle, une statistique trois fois moins élevée chez les jeunes hommes » peut-on lire dans les résultats d’un sondage réalisé à la grandeur du pays.

Adib Alkhalidey a tenu à dénoncer la situation dans une publication  sur les réseaux sociaux. « Je crois qu’il est temps d’envisager sérieusement une nouvelle manière d’éduquer les garçons », commence-t-il.

L’humoriste témoigne également de son enfance, durant laquelle on lui apprenait qu’un garçon, ça ne pleure pas. « Quand on y pense, et je sais que je ne suis pas le seul, c’est assez farfelu de constater que les hommes déploient de grands efforts pour convaincre les petits garçons de stopper un comportement aussi naturel et sain que celui de pleurer. Si on est capable de gaspiller notre temps à enseigner de telles bêtises aux jeunes, je crois qu’on est capable de remplacer une connerie comme « un garçon ça ne pleure pas » par quelque chose d’utile comme « un garçon, ça harcèle pas une femme, sous aucun prétexte »», peut-on lire sur sa page Facebook.

À lire aussi: Sois un homme, des paroles dommageables pour les garçons

Dans une vidéo Facebook, la journaliste Marilyse Hamelin invite les hommes à dénoncer la culture du viol et de se joindre à la manifestation qui aura lieu dans plusieurs villes du Québec, demain mercredi 26 octobre 2016.

D’autres personnalités publiques québécoises dénoncent également la culture du viol. C’est le cas du chanteur Koriass, qui a fait la tournée des cégeps avec sa conférence « Sexe, égalité et consentement ».

Votre abonnement permet à ce magazine d’exister!

 

RelatedPost

À propos de Marilou M. Robitaille

Finissante au Baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Marilou Muloin-Robitaille est passionnée des technologies et des enjeux de société. Elle aime alimenter les débats et découvrir de nouvelles cultures. D’abord stagiaire pour Planète F, Marilou continue d’évoluer en tant que journaliste au sein de cette équipe.

Commentaires