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Immigrants de deuxième génération
Immigrants de deuxième génération

« Un Québécois noir, maintenant ça existe », plaisante Jérôme Pruneau, ethnologue et directeur de l’organisme Diversité artistique Montréal (DAM).

Le CARI Saint-Laurent organisait une conférence sur l’intégration des immigrants le 5 octobre dernier. La question centrale concernait les enfants, immigrants de deuxième génération. Une descendance qui doit composer son identité en utilisant les codes culturels québécois et ceux du pays d’origine des parents.

« J’ai un enfant de 4 ans, je me demande comment sera son intégration à lui », raconte Andrés Fontecilla, président de Québec solidaire. Issu d’un père latino-américain et d’une mère algérienne, cet enfant aura à forger son identité avec les composantes de trois cultures différentes. Le cheminement affectif d’un enfant, immigrant de deuxième génération, est différent. Les experts restent sans réponse devant la meilleure façon d’intégrer ces enfants dans la société. « Il y a tellement de points d’interrogation », concède Emongo Lomomba, un professeur et écrivain congolais présent à la conférence.

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Discuter d’intégration devient prioritaire quand trois bébés québécois sur dix ont au moins un géniteur né à l’extérieur du Canada. L’Institut de la statistique du Québec explique dans un portrait sociodémographique mis à jour le 4 octobre que « l’augmentation de 21 % à 30 % observée par rapport à l’année 2000 s’explique surtout par des naissances issues de deux parents nés à l’étranger, dont la part est passée de 13 % à 20 %».

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Quand la culture est en mouvement

« Si on ne prend pas en compte les enfants, immigrants de deuxième génération, on va se planter, on va créer des failles qu’on ne rebouchera jamais », soutient Jérôme Pruneau. Dans ces circonstances, celui-ci croit qu’il est nécessaire d’avoir une forte volonté d’intégrer les immigrants. La société devrait systématiquement s’ouvrir aux différences.

Les enfants de deuxième vague ont une identité unique façonnée par des composantes multiples. « Certains vivent un paradigme de la mobilité, c’est un processus d’intégration réussie », explique Rachida Azdouz, psychologue spécialisée en relations interculturelles. Enfants de nationalité québécoise, mais citoyens du monde. De nulle part et de partout, ceux-ci vivent bien avec leur culture à plusieurs facettes et ne s’attachent à aucun  pays. «Il n’est pas insultant pour un immigrant de se faire demander comment va son intégration, mais pour un enfant de deuxième vague, la question est absurde, ce sont des Québécois à part entière», croit madame Azdouz.

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Au tour des parents 

« On ne peut pas savoir si une intégration est réussie. C’est comme se demander si on a réussi notre vie », explique Rachida Azdouz. S’il est impossible pour un immigrant de répondre définitivement à cette question. Plusieurs facteurs peuvent être considérés comme des signes d’intégration. Certains croient qu’une fois les besoins matériels comblés, l’intégration est réussie. D’autres accordent plus d’importance aux relations interpersonnelles et au cercle social.

Tous s’entendent, l’intégration est un chemin rocailleux, autant pour les arrivants, que pour leurs enfants de deuxième vague. « En Afrique, on m’appelle le Canadien. En Ontario, je suis le Québécois. Et ici, je suis l’Africain », relate Emongo Lomomba.

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