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Nov
L’enfant apprenaute
L’enfant apprenaute

L’éducation sans l’école. Inconcevable pour la majorité d’entre nous, mais libérateur du plein potentiel des enfants pour d’autres. Même si le mouvement éducatif semble en marche, la non-scolarisation soulève bien des questions. À quoi s’occupe un enfant qui ne va pas à l’école ?

« Il ne suffit pas de mettre l’enfant au soleil et de le récupérer le soir ! », lance avec humour Thierry Pardo, chercheur indépendant associé au Centr’ERE de l’UQAM, devant une salle conquise. Planète F a assisté au deuxième Congrès international de l’écologie de l’enfance, qui a eu lieu du 23 au 25 septembre 2016, à Montréal. Nous sommes allés à la rencontre des adeptes et des chercheurs, comme Thierry Pardo, s’intéressant à ce phénomène récent et marginal au Québec.

Les parents qui adhèrent à l’écologie de l’enfance n’en parlent pas comme d’une nouvelle méthode, mais plutôt d’une attitude basée sur le respect et la confiance dans tous les aspects de l’enfance. L’apprentissage autonome, ou le unschooling, est l’un des principaux champs d’action de ce mouvement.

« Les enfants ne vont pas à l’école et il ne s’agit pas non plus de faire l’école à la maison. On fait plutôt du libre apprentissage ou de l’apprentissage autonome », explique Thierry Pardo, docteur en éducation. Ses deux garçons s’éduquent en dehors des quatre murs d’une école. L’enfant « apprenaute », formé de la contraction des mots « apprentissage » et « astronaute », est à la conduite de ses apprentissages, dit-il. « Ça ne doit pas être compris comme du unparenting. Les parents doivent être des accompagnateurs, des témoins, des observateurs.»

À lire aussi: La non-scolarisation: prochaine révolution éducative au Québec?

Le mode d’emploi?

« Il ne suffit pas de sortir son enfant de l’école. Il faut arriver à se convaincre que les apprentissages ne dépendent pas de l’enseignement. Pire, l’enseignement empêche l’apprentissage », soutient Thierry Pardo. Il ajoute : « Essayez de ne rien apprendre pendant une seule journée. C’est pratiquement impossible. Assoyez-vous sur un banc, dans la rue, faites un voyage, vous allez apprendre des choses, quoiqu’il arrive. Une fois qu’on a saisi cela, on sait que son enfant va apprendre. On le guide, on répond à ses besoins, à ses attentes, et le reste du temps, on lui fout la paix! »

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À propos de Marie-Eve Cloutier

Malgré une formation en biologie, Marie-Eve Cloutier n’a jamais travaillé dans un laboratoire. Passionnée par la communication, elle s’est plutôt tournée immédiatement vers le journalisme qu’elle pratique maintenant depuis 5 ans. En tant que pigiste, elle vulgarise la science avec l’Agence Science-Presse, touche à tous les sujets à l’échelle hyperlocale lorsqu’elle collabore avec Le Journal de Mercier-Est sur Pamplemousse.ca, en plus de faire des chroniques hebdomadaires sur l’environnement à l’émission Libre-service, sur MATv Montréal. Marie-Eve n’a peut-être pas encore d’enfant, mais elle s’intéresse grandement aux enjeux reliés à la famille et à l’éducation, idée d’être prête le moment venu!

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