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Nov
Où sont les super-héroïnes?
Où sont les super-héroïnes?

« Pourquoi est-il si difficile de trouver des produits à l’effigie des superhéroïnes? », questionne Christopher Bell. L’homme est expert en études des médias et père d’une fille qui aime Star Wars. Trouver des costumes de superhéroïnes est impossible. Le manque de ce type de produits vendus aux enfants est alarmant. 

Abordé dans une conférence TED en octobre 2015, le problème dépasse l’univers ludique des jouets pour enfants. « C’est de la pédagogie publique, on y apprend les idéologies qui nous caractérisent dans la société ». Selon Christopher Bell, l’apprentissage des comportements masculins et féminins passe aussi par les médias. En 1983, 90 % des médias étaient possédés par cinquante compagnies différentes. En 2015, 90 % des médias appartiennent à six compagnies. « Quelle est leur influence sur ce qu’on voit chaque jour? », demande l’expert.

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Les princesses s’opposent aux superhéroïnes

Parmi ces six compagnies, on retrouve l’univers de Disney. « Disney a une pénétration de 100 % dans la société », explique Christopher Bell. Chaque citoyen a déjà vu un de leur film dans sa vie. Depuis 1937, la compagnie a fait ses profits en vendant des princesses aux filles. Depuis l’achat de LucasFilms, il y a une abondance de produits dérivés à l’effigie d’Han Solo ou encore d’Obi-Wan Kenobi. Aucune trace de la princesse Leia dans les magasins Disney. « Princesse Leia détruit la pédagogie publique produite par leurs autres princesses », affirme-t-il.

Même scénario à la suite de l’acquisition de Marvel par Disney en 2009. Si Disney vend des princesses aux filles, les garçons ont droit aux superhéros. Lors de la sortie du film Les gardiens de la galaxie, plusieurs jeunes filles s’attachent à l’actrice féminine. Gamora est brillante et se bat comme un ninja. « Elle ne figure sur aucun produit dérivé. Sur les réseaux sociaux, on peut même trouver le mot-clic #WheresGamora », raconte M.Bell.

Dans la prochaine année, 30 longs métrages de superhéros seront mis à l’affiche. Parmi ces films, deux auront une femme comme tête d’affiche. « Elles participeront dans l’équipe, mais ne seront pas les personnages principaux des 28 autres films », relate-t-il. Selon lui, le message envoyé à la gent féminine est que l’intelligence et la force de caractère importent peu.

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Les garçons aussi sont perdants  

Les garçons sont également perdants, au jeu des genres. « My little poney » est une émission qui vise les filles de 5 à 9 ans. Pourtant, plusieurs garçons apprécient l’émission. Certains amateurs ont même créé un groupe Facebook nommé « Brony ». « Un enfant prénommé Mike s’est fait intimider et battre par les garçons de son âge pour son affection de l’émission », expose M.Bell. Du haut de son lit superposé, le jeune homme de onze ans s’est pendu. « On vit dans un monde où on préfère être un garçon mort plutôt que d’aimer des trucs de filles », déplore-t-il.

Target a annoncé qu’ils allaient arrêter de classer leurs jouets par genre », raconte le conférencier. L’initiative a été suivie par Disney qui prévoit ne plus rendre les costumes d’Halloween sexospécifiques. « Je souhaite qu’on vive dans un monde où les hommes et les femmes sont égaux et également représentés », clame Christopher Bell.

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