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Déc
Le parent au centre de l’expérience
Le parent au centre de l’expérience

C’est une première que le Réseau pour un Québec Famille se mouille dans un mémoire, une prise de position pour les parents. Déposé aujourd’hui à la Consultation nationale sur la réussite éducative, ce plaidoyer dont le titre est « La réussite des enfants est un projet parental » incite les intervenants du milieu de l’éducation à comprendre la nouvelle génération de parents.

Le Réseau pour un Québec Famille explique d’emblée qu’un changement s’opère actuellement dans la société. C’est que la génération de jeunes parents est aussi nombreuse que celle des baby-boomers. Elle a donc le pouvoir du nombre pour changer la société, la modeler à ses valeurs, comme l’a fait la génération de ses parents.

Génération silencieuse (1925-1945) 4,5 M,

Baby-boomers (1946-1964) 9,5 M, 

Génération X (1965-1980) 6,2 M,

Génération Y (1980-2000) 8,9 M.

La parentalité 2.0

Cette nouvelle génération de parents aborde aussi la parentalité différemment, « comme une expérience, peut-être la plus significative de leur vie. » Ils souhaitent être au centre de l’éducation de leurs enfants avec des services qui seront « à l’écoute et qui comprennent leur réalité ».

Loin de vouloir « parker » les enfants et attendre que d’autres les éduquent à leur place, les jeunes parents veulent travailler en lien avec les gens qui côtoient leurs enfants. Ils veulent aussi être ceux qui, au final, prendront la décision concernant ce qui est le mieux pour leurs enfants.

Changer le monde un selfie à la fois

On parle souvent de la génération Y comme étant égocentrique. On la représente d’ailleurs souvent avec cette image du selfie (égoportrait). Le Réseau pour un Québec Famille apporte un regard sur cette pratique. « Le “selfie”, cette photo qui place le photographe au centre de l’image et qui symbolise bien cette génération, est vue par les uns comme la preuve que les Y ne pensent qu’à eux-mêmes; on doit plutôt y voir la démonstration de l’importance pour eux d’être au centre de l’expérience qu’ils vivent. »

Ainsi, les parents souhaitent participer activement à l’éducation de leurs enfants. Ils ont envie de faire partie de la solution. Ils ont envie d’être entendus, de faire partie d’une vision à long terme, qui respecte leurs valeurs.

Selon le Réseau pour un Québec Famille, les services éducatifs sont complémentaires à ce que les parents souhaitent offrir comme éducation à leurs enfants. 

La conciliation travail-famille

Elle est intrinsèquement liée aux services éducatifs offerts aux enfants. En fait, dans le mémoire, on y parle davantage de réconciliation. Une révision du concept qui rejette l’opposition de la famille et du travail. « Ce n’est pas vrai qu’on peut continuer de penser l’organisation de la société, incluant le monde du travail, comme s’il y avait toujours une “femme à la maison” pour assurer les soins, l’entretien et le soutien essentiels au bon fonctionnement des personnes. »

« Parler de réconciliation, c’est miser sur les intérêts communs plutôt que de tenter de raccommoder, par concessions, des intérêts divergents. C’est aussi viser un changement de culture de la société et des entreprises plutôt que penser que quelques mesures à la pièce vont suffire. La famille a changé, les femmes sont sur le marché du travail pour y rester et avoir des enfants, c’est, au-delà d’un geste individuel, une contribution essentielle des familles au développement de la société. »

Les recommandations

Le Réseau pour un Québec Famille regroupe les organismes nationaux soucieux de la situation des familles québécoises et provenant des secteurs-clés que sont le communautaire, le municipal, l’éducation, la santé et les services sociaux et le milieu syndical.

Voici les 4 recommandations énoncées dans le mémoire

Recommandation 1 :

Prendre acte de l’ampleur des changements sociaux que le Québec a connus depuis la création du système d’éducation et des services de garde à la petite enfance et reconnaitre la nécessité d’adapter les services aux valeurs des parents d’aujourd’hui et tout particulièrement à ceux de la génération Y afin de favoriser une meilleure collaboration entre les parents, premiers et principaux éducateurs de leurs enfants, et les services éducatifs, à qui les parents délèguent une partie de cette responsabilité.

Recommandation 2 :

Favoriser la collaboration entre le Ministère de la Famille et le Ministère de l’Éducation de manière à assurer une meilleure continuité du projet éducatif entre les différentes étapes de vie des enfants.

Recommandation 3 :

Reconnaitre que les services éducatifs s’inscrivent en complémentarité du projet éducatif parental et que celui-ci est une expérience globale dans laquelle c’est le parent qui est le maître d’oeuvre.

Recommandation 4 :

Procéder à une évaluation rigoureuse des services éducatifs à la lumière des enjeux qui affectent les parents, et ce, afin de pouvoir les adapter aux nouvelles réalités des familles.

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À propos de Mariève Paradis

Éditrice et cofondatrice, Mariève est journaliste indépendante depuis 2005. Elle travaille sur plusieurs plateformes (web, magazines, hebdomadaires, radio et télévision). Elle cumule deux prix en journalisme, la Bourse Fernand-Seguin en vulgarisation scientifique et la Bourse en journalisme des Instituts de recherche en santé du Canada qui lui a permis de faire des reportages au Nunavik et au Groenland en 2012.

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