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Jan
4 ans: garderie ou maternelle?
4 ans: garderie ou maternelle?

Les parents d’enfants de 4 ans ont maintenant le choix dans plusieurs régions du Québec. Maternelle ou garderie? Le débat entre les experts n’est pas terminé…

Avec la maternelle à 4 ans, le but est de rejoindre les enfants absents des centres de la petite enfance (CPE). Ces milieux encadrés offrent déjà une bonne préparation préscolaire. Le problème, c’est que certains experts craignent l’effet de ghettoïsation que ça pourrait engendrer. En effet, Camil Bouchard avait exprimé à l’époque son inquiétude. « Si la ministre persiste à cibler les enfants des familles les plus défavorisées dans ces milieux défavorisés et à exclure les enfants des milieux les plus aisés qui vivent dans ces milieux-là aussi, elle va créer des ghettos. Elle va créer des ghettos d’enfants pauvres », avait-il dénoncé à Bazzo.tv.

Camil Bouchard est l’auteur du rapport Un Québec fou de ses enfants publié en 1999. Ce rapport a aidé à la création des politiques familiales. Elles ont ensuite mené à la création des services de garde éducatifs à tarifs réduits. Entre 1997 et 2013, « le taux de jeunes enfants vivant dans une famille pauvre a diminué de 30%. » C’est ce qu’on peut lire dans l’éditorial de Brian Myles paru cette semaine dans Le Devoir. Une diminution que Camil Bouchard attribue entre autres à la création des services de garde éducatifs à faible tarif.

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S’engager pour l’avenir

Il faut investir dans ces milieux de garde régis par le gouvernement, soutient Brian Myles. « Le gouvernement libéral a tord de voir les CPE comme une dépense, alors qu’il s’agit d’un investissement pour l’avenir du Québec, dénonce le directeur du Devoir. Si le gouvernement tient véritablement à assurer l’égalité des chances, il doit réinvestir en priorité dans les CPE dans les prochaines années, en veillant à bien encadrer la rémunération et la formation des éducateurs et éducatrices. »

Mais le réseau des CPE n’est pas parfait. Les enfants des milieux défavorisés devraient être les premiers à en profiter. Ils sont pourtant ceux qui le fréquentent le moins. C’est dans un tel contexte que les maternelles 4 ans en milieu moins aisé ont été pensées. « C’est pourquoi le projet de maternelle à quatre ans est une avenue complémentaire aux CPE », explique Myles dans son éditorial.

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À la grandeur du Québec

Égide Royer est psychologue et expert en adaptation scolaire. De sont côté, il croit qu’on fait fausse route en n’offrant la maternelle 4 ans qu’aux quartiers défavorisés. Selon lui, il faudrait élargir la maternelle 4 ans à tous les milieux, défavorisés ou non. Le psychologue croit aux bienfaits réels d’une maternelle 4 ans de qualité. Entre autres, « les possibilités de recevoir des services sont beaucoup moins importantes en garderie ou même en CPE [qu’à l’école] », raconte-t-il à La Presse + dans un dossier abordant le débat.

De son côté, Francine Ferland est ergothérapeute et spécialiste du développement des enfants. Elle croit plutôt en la force des CPE quant à l’encadrement qu’ils apportent aux tout-petits. « Si un enfant fonctionne bien en CPE, je ne vois pas de nécessité de le bouger », raconte-t-elle à La Presse +. Elle s’inquiète d’ailleurs de la précocité de la scolarisation chez les enfants.

Le débat est loin d’être terminé. Garderie, maternelle en milieu défavorisé, ou maternelle offerte à tous? Scolarisation précoce ou apprentissages par le jeu? L’idée reste de rejoindre le plus d’enfants possible et d’offrir une chance égale afin de favoriser une bonne réussite scolaire dans le futur. Mais de quelle façon?

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À propos de Marilou M. Robitaille

Finissante au Baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Marilou Muloin-Robitaille est passionnée des technologies et des enjeux de société. Elle aime alimenter les débats et découvrir de nouvelles cultures. D’abord stagiaire pour Planète F, Marilou continue d’évoluer en tant que journaliste au sein de cette équipe.

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