27
Jan
Parents et désinformation numérique
Parents et désinformation numérique

Les parents désirent une meilleure éducation aux médias et à l’information pour leurs enfants. C’est ce que dévoile une enquête réalisée par le Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (CLEMI) en France.

En janvier, les chercheurs ont observé les réflexions amenées dans le cadre du forum numérique « Vos enfants, les médias et Internet ». Principalement, les discussions tournaient autour de la désinformation qui touche les enfants, de plus en plus présents sur les plateformes numériques. Le CLEMI tenait à faire le point sur « les pratiques, les doutes et les interrogations des parents sur le rapport que leurs enfants entretiennent avec les médias et Internet. » Aussi, on a souligné les changements apportés aux dynamiques familiales avec la montée en puissance des pratiques numériques des parents.

À lire aussi: Montrer ses enfants sur les réseaux sociaux

Questions et sensibilisation

La parentalité se modifie avec l’avènement des réseaux sociaux et l’information trouvée en ligne. Ce même changement survient chez les enfants. Cette situation inquiète les familles.

- Annonce -

C’est auprès de 2038 parents que l’enquête a été réalisée. Majoritairement, on y retrouvait des femmes (82 %) par rapport à 18 % d’hommes. Parmi ces parents, 78 % souhaitent des cours d’éducation aux médias et à l’information en classe pour leurs enfants. De ceux-là, 83 % veulent qu’une sensibilisation aux dangers d’Internet soit offerte par les organismes publics.

Tout d’abord l’enquête a permis de connaître les médias les plus utilisés par les enfants pour s’informer. En première place, on retrouve Internet avec 77 % d’utilisation. Puis, la télévision et les réseaux sociaux arrivent dans la liste. Ces données ont permis de comprendre que la presse et la radio sont les médias les moins fréquentés par les enfants.

Par la suite, l’enquête a permis de comprendre davantage les questionnements des parents. La responsable du labo du CLEMI, Virginie Sassoon, explique ces interrogations. « Il y a une grande diversité et hétérogénéité des pratiques parmi les parents que nous avons interrogés, raconte-t-elle dans le rapport de l’enquête. Mais notre enquête nous a permis d’identifier les questionnements communs à tous les parents : comment maîtriser le temps dédié aux écrans en famille? Comment conseiller ses enfants sur l’usage des réseaux sociaux, apprendre à ses enfants à s’informer? Quelles actions, en lien avec l’école et les associations, initier en tant que parent d’élèves sur ces questions? Comment protéger ses enfants des images violentes et pornographiques et en parler avec eux? Ces problématiques vont structurer notre guide. »

À lire aussi: Les jeunes prennent des risques en ligne

Attentes des parents

Le guide dont elle parle, il s’agit du guide d’éducation aux médias et à l’information pour les familles. Ce document paraîtra dans le cadre de la Semaine de la presse et des médias dans les écoles. On y retrouve les principales recommandations faites par les parents auprès de différentes institutions.

Entre autres, les parents sont plusieurs (26 %) à demander aux écoles un temps d’échanges avec les enseignants pour répondre à leurs questions. Plus de la moitié des parents (56 %) souhaitent qu’il y ait des ateliers médias au sein des établissements scolaires. Aussi, 42 % des parents voudraient rencontrer des professionnels des médias pour aborder les questions de désinformation. Ils sont moins nombreux (23 %) qui aimeraient rencontrer des journalistes pour cela. Finalement, 83 % des parents souhaiteraient qu’il y ait une importante sensibilisation aux dangers d’Internet et aux enjeux du piratage.

Ces statistiques parlent d’eux-mêmes. Les parents sont nombreux à s’inquiéter pour leurs enfants quant à leur consommation d’Internet et des réseaux sociaux.

En janvier, le magazine Curium publiait un dossier sur les théories du complot qui font beaucoup d’adaptes chez les adolescents.

VOTRE ABONNEMENT PERMET À CE MAGAZINE D'EXISTER

Également sur Planète F
La vaccination et l’autisme Une étude reste sur les lèvres de plusieurs parents qui doutent que la vaccination, notamment le vaccin RRO (Rougeole, Rubéole, Oreillons), cause l'au...
Lettre ouverte : Toutes les mamans sont des petites filles Ma mère est morte à 84 ans, anonymement, à l’hôpital, dans un lit où, on a été tenu de nous le dire, quelqu’un aurait pu être soigné et guéri. Elle, c...
Lettre ouverte : Ma mère n’a jamais travaillé À la suite du partage de ce texte paru dans La Presse sur la conciliation travail-famille, une lectrice nous a écrit. Elle préférait garder l'anonymat...
Pédagogie Waldorf: une doctrine religieuse? – Partie 2 Pour lire la partie 1 L’anthroposophie trouve des applications dans chaque aspect de la vie. Il y a l’agriculture biodynamique, des produits cosmétiq...
Quand les vedettes prônent l’allaitement Riches, blanches, célèbres, des actrices d’Hollywood se photographient en train d’allaiter et diffusent ces photos sur les réseaux sociaux. Images idé...
Au profit de la qualité On apprenait dans La Presse que le gouvernement souhaite couper 120 millions au budget des garderies subventionnées et des CPE l’an prochain. Les acte...

À propos de Marilou M. Robitaille

Finissante au Baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Marilou Muloin-Robitaille est passionnée des technologies et des enjeux de société. Elle aime alimenter les débats et découvrir de nouvelles cultures. D’abord stagiaire pour Planète F, Marilou continue d’évoluer en tant que journaliste au sein de cette équipe.

Commentaires

  1. Benoit

    C’est drôle de vouloir éduquer les enfants aux médias en premier. Cela ne servirait à rien si les parents ou adultes ne s’éduquent pas eux-mêmes avant tout. Juste à observer ce qui défile sur les fils des réseaux sociaux pour se rendre compte que le problème en est un d’adulte d’abord et avant tout. On ne peut espérer avoir des enfants plus évoluer que l’environnement qui leur est offert. Guider les enfants dans une saine dépendance vers une parfaite autonomie (c’est de moi). Saine dépendance, c’est notre job comme adulte. Bonne journée. Benoit Therrien, enseignant et éternel étudiant en politique, philosophie et pédagogie de l’éducation.

Laisser un commentaire