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7 pays: 7 façons d’élever les enfants
7 pays: 7 façons d’élever les enfants

Des techniques parentales, il y en a des tonnes. Des méthodologies et des philosophies parentales, on en retrouve dans chaque culture. Mais bien élever ses enfants, en quoi ça consiste? Être un bon parent, qu’est-ce que ça veut dire?

Pour certains, c’est de bien enseigner à leurs enfants à être polis. Pour d’autres, c’est plutôt de montrer à leur enfant à aider à la maison avec les tâches ménagères. Une chose est certaine, élever ses enfants se fait différemment d’un pays à l’autre. Voici une liste de sept exemples à travers le monde.

Allemagne : où les tout-petits apprennent dans la nature

Le concept de la maternelle, c’est l’Allemand Friedrich Fröbel qui l’a inventé. Il s’agissait d’abord d’une éducation préscolaire offerte en nature afin de permettre aux enfants de développer leur autonomie et leurs compétences sociales. L’expression « jardin d’enfants » ou « kitafahrten » vient de ce concept. C’est en nature, lors d’excursions en forêt, que les enfants apprennent le mieux. Loin était l’idée pour Fröbel que les enfants puissent apprendre assis en classe devant des bouquins.

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Amish : où les enfants aiment faire des corvées

Dans la communauté Amish, les enfants valorisent le travail acharné dès leur plus jeune âge. On dit qu’une famille qui cultive la terre ensemble reste ensemble. Les enfants aident aux tâches familiales dès 5 ans, alors qu’on leur demande par exemple d’aider à ranger le bois. À 10 ans, on s’attend à ce qu’il aide à ramasser et laver les œufs. Et à 16 ans, on lui demande de s’occuper de l’alimentation des chevaux.

Pour ce qui est de l’éducation, les Amish ne voient pas l’intérêt de se fâcher contre leurs enfants. Au contraire, ils valorisent davantage la communication et n’ont pas peur de mettre leurs enfants au travail. Toutefois, ils prennent tout de même le temps de s’amuser. Chaque semaine, les hommes de la communauté se réunissent et participent à des activités communautaires.

Finlande : où l’éducation est la clé

Comment est-ce qu’un petit pays comme la Finlande peut être en tête de liste des tests internationaux en sciences, en mathématiques et en lecture? La clé résiderait dans leur manière de percevoir leur système éducatif.

Tout d’abord, les enfants commencent tous l’école primaire à 7 ans. Avant cela, tous les enfants ont accès à un programme préscolaire gratuit financé par l’État. Les enfants plus pauvres ont donc accès au même niveau d’éducation préscolaire que les enfants de milieux plus aisés. Ils apprennent les bases en lecture et en mathématiques avec des éducateurs bien formés.

Les Finlandais ont 93 % de moyenne au secondaire. Ils n’ont pas de plus de 3 heures de devoirs à faire à la maison par semaine. Il n’y a pas d’examens, donc pas de notes non plus. Les élèves ont 300 heures de moins en classe par année et des récréations de 75 minutes. Cela facilite les apprentissages par le jeu.

Aussi, les enseignants finlandais doivent tous avoir une maîtrise pour enseigner, mais celle-ci est subventionnée par le pays. Les enseignants bénéficient dans ce pays d’un statut social similaire à celui des médecins et des avocats.

France : où les parents ont du temps

Pamela Druckman est l’auteure du livre « Bringing Up Bébé » dans lequel elle raconte comment elle a appris à élever son enfant à Paris. Elle a trouvé que les enfants français étaient bien élevés, polis et autonomes.

D’abord, elle a remarqué la communication des parents français avec leur bébé. Ils adoptent un ton calme et pas une « voix-de-bébé-chantée ». Les parents portent attention aux signaux de leur enfant pour établir la meilleure communication possible. Ils disent même s’il-vous plaît et merci lorsqu’ils s’adressent à leur bébé de quelques semaines. Aussi, ils misent sur l’auto-apprentissage du cycle de sommeil par le bébé. Ils laissent une pause de quelques minutes entre chaque réveil pour permettre à l’enfant de se rendormir par lui-même.

Les enfants français sont raffinés quant à leur alimentation. Dès qu’ils commencent à intégrer des aliments solides, les parents ne vont pas la différence entre la nourriture pour bébé et la leur. Les bambins mangent semblablement les mêmes aliments que leurs parents. Ils évitent également les collations et privilégient les légumes en premier.

Les Français croient que faire face à la frustration et retarder la gratification sont des compétences que les enfants peuvent apprendre. La patience est valorisée et un sentiment de calme est aussi cultivé. Finalement, ils mettent l’accent sur l’importance de ne pas laisser croire aux enfants qu’ils sont le centre de l’univers.

Japon : où il n’est pas rare de voir un enfant de 4 ans seul dans le métro

Au Japon, l’indépendance est une valeur très importante. C’est pourquoi les parents japonais ont tendance à laisser aller leurs enfants pour qu’ils fassent leurs propres apprentissages. Un enfant japonais peut se promener seul dans les transports en commun à l’âge de 4 ans. Et il ne le fait pas seulement pour se rendre d’un endroit à l’autre. L’anthropologue Dwayne Dixon explique que pour un jeune enfant, prendre le métro seul est une façon de lui apprendre à faire « confiance au groupe ». L’enfant apprend alors à compter sur les autres, surtout en situation d’urgence.

Suède : où on paie pour les congés parentaux

Les Suédois ont droit à 480 jours de congés familiaux payés pour la naissance d’un bébé. Une soixantaine de jours doivent obligatoirement être pris par le père. Les autres jours sont partageables entre les deux parents au moment qui leur convient le mieux. En effet, le congé parental peut être pris jusqu’à ce que l’enfant ait atteint l’âge de 8 ans.

Johan Bävman est photographe en Suède. Il a travaillé sur son projet « Swedish Dads ». Pour ce faire, il a rencontré plusieurs pères suédois qui ont pris plus de 6 mois de congé de paternité auprès de leur enfant. On y rencontre Ola Larsson qui est en congé avec son fils Gustav pour 8 mois. Il raconte au photographe qu’il a trouvé difficile de quitter son fils à la garderie pour la première fois. « Il est important que tout le monde soit libre de choisir de prendre ou non un congé parental. C’est la culture qui doit changer à grande échelle et que les modèles masculins soient promus davantage. […] C’est un vrai cadeau que de pouvoir créer de tels liens émotionnels avec son enfant. Vous avez presque besoin d’un congé parental pour comprendre ce que vous perdez avant de décider d’aller travailler à la place. »

Vietnam : où les tout-petits apprennent rapidement à être propres

Au Vietnam, on utilise que rarement les couches pour les bébés. Les mères vietnamiennes ont plutôt appris à reconnaître le langage corporel de leur bébé. Elles associent les besoins du bébé à un son particulier qui ressemble à un sifflement. C’est avec ce sifflement que le bébé apprend à connaître mieux son corps. Cette méthode crée un conditionnement, comme celui expliqué par Pavlov. Dès l’âge de 9 mois, le bébé commence à associer le sifflement et vers 2 ans, l’enfant est propre. Bien que cette technique fasse sourciller plusieurs parents occidentaux, il s’avère qu’elle a été reconnue par de nombreuses études. Il s’agit d’une méthode qui exige un niveau d’attention particulièrement intense de la part du parent. Il doit surveiller très attentivement le langage corporel de son enfant, donc il doit être présent constamment.

Source [traduction libre] : https://www.fatherly.com/parenting-and-relationships/parenting-customs-around-world-japan-norway-germany/

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À propos de Marilou M. Robitaille

Finissante au Baccalauréat en journalisme de l’UQAM, Marilou Muloin-Robitaille est passionnée des technologies et des enjeux de société. Elle aime alimenter les débats et découvrir de nouvelles cultures. D’abord stagiaire pour Planète F, Marilou continue d’évoluer en tant que journaliste au sein de cette équipe.

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