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Les responsabilités de l’école en matière d’éducation égalitaire
Les responsabilités de l’école en matière d’éducation égalitaire

Quarante ans sont passés depuis la publication d’une analyse sur la représentation des stéréotypes masculins et féminins dans les manuels scolaires au Québec par le Conseil du statut de la femme. Force est de constater pour l’organisme que tout n’est pas encore réglé dans les milieux scolaires en matière d’éducation égalitaire.

« L’école à une responsabilité dans l’apprentissage des rôles sociaux chez les jeunes », lance Annie Grégoire-Gauthier, co-auteure d’un avis sur l’égalité des sexes en milieu scolaire publié en décembre 2016. Mme Grégoire-Gauthier est venue présenter les grandes lignes de cet avis lors de la Su-père conférence, le 7 février dernier, à Montréal.

Sexiste, l’école ?

En 1976, le Conseil du statut de la femme arrivait à la conclusion que beaucoup de sexisme était présent dans les manuels scolaires des jeunes Québécois. Dans la foulée, le ministère de l’Éducation avait alors créé le Bureau d’approbation du matériel didactique pour remédier au problème.

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Malgré cela, l’école a encore tendance aujourd’hui à diriger les filles et les garçons vers les métiers traditionnellement féminins ou masculins.

« L’introduction de la mixité scolaire dans les années 1960 avait pour but de réduire la socialisation de genre. Tout au long de la vie, on apprend à se construire une identité sexuée, et l’école n’y échappe pas. Autrement dit, on apprend ce que c’est être une fille ou un garçon, quels sont nos horizons, nos émotions, etc. Or, le Conseil du statut de la femme croit qu’il est possible d’intervenir en milieu scolaire pour mettre en place des interventions qui vont créer une réelle socialisation égalitaire entre les jeunes », avance Annie Grégoire-Gauthier.

Défaire certaines conceptions

Pour mieux comprendre ce qui se passe sur le terrain, le Conseil du statut de la femme a sondé près de 400 enseignantes et enseignants de toutes les régions du Québec. Force est de constater que certains stéréotypes ont la vie dure dans nos écoles.

Nombreux sont ceux qui ont avoué avoir des attentes différentes selon le sexe en fonction des matières scolaires enseignées. « Le trois quarts des répondants croient toujours que les cerveaux des garçons et des filles ne fonctionnent pas de la même manière, donc ils vont adapter leur enseignement. Cette façon de faire vient amplifier les stéréotypes », explique Annie Grégoire-Gauthier.

Elle ajoute : « Les enseignants ont aussi l’impression d’agir de manière neutre, que les inégalités proviennent de la société, mais pas de l’école. Pourtant, certains perçoivent encore une différence entre les besoins naturels des filles et des garçons. Par exemple, ces derniers auraient plus besoin de bouger, de méthodes éducatives plus dynamiques, etc. ».

Si quelques-uns vont même jusqu’à voir le retour de la séparation des filles et des garçons comme solution à l’enjeu de la performance scolaire, l’école aurait plutôt avantage à développer un espace de transgression de genre chez les jeunes, croit Annie Grégoire-Gauthier. « C’est ainsi qu’on arrivera à créer une socialisation vraiment égalitaire à l’école », conclut-elle.

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À propos de Marie-Eve Cloutier

Malgré une formation en biologie, Marie-Eve Cloutier n’a jamais travaillé dans un laboratoire. Passionnée par la communication, elle s’est plutôt tournée immédiatement vers le journalisme qu’elle pratique maintenant depuis 5 ans. En tant que pigiste, elle vulgarise la science avec l’Agence Science-Presse, touche à tous les sujets à l’échelle hyperlocale lorsqu’elle collabore avec Le Journal de Mercier-Est sur Pamplemousse.ca, en plus de faire des chroniques hebdomadaires sur l’environnement à l’émission Libre-service, sur MATv Montréal. Marie-Eve n’a peut-être pas encore d’enfant, mais elle s’intéresse grandement aux enjeux reliés à la famille et à l’éducation, idée d’être prête le moment venu!

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