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Les organismes communautaires des familles réclament une aide financière récurrente
Les organismes communautaires des familles réclament une aide financière récurrente

Les intervenants qui viennent en aide aux familles québécoises espèrent que le 20 millions octroyé sur deux ans à leur organisme soit le point de départ d’une longue tradition.

« Les sommes vont nous permettre de souffler un peu, mais doivent être répétées chaque année pour vraiment nous venir en aide », dit Louisane Côté. Confiante, la directrice générale de la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille (FQOCF) affirme qu’elle fera tout ce qu’il faut pour que le financement annoncé lundi par le ministère de la Famille ait une suite.

Besoins criants

La Maison des enfants Le Dauphin de Laval (MED), qui accompagne les parents et les enfants de 0 à 12 ans pour assurer leur bon développement et leur réussite scolaire, aurait besoin de 50 000 $. La directrice générale de l’organisme, Stéphanie Leblanc, sait qu’elle ne touchera jamais un tel montant. « Peu importe, la somme que nous recevrons du 20 millions ne règlera pas tous nos problèmes financiers, mais sera une tape dans le dos. On est égorgés, c’est comme une bouffée d’air dans nos poumons », explique-t-elle. Inquiète, Mme Leblanc a besoin que cette « tape dans le dos » soit au rendez-vous tous les ans.

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Les organismes communautaires qui viennent en aide aux familles (OCF) sont les moins financés du secteur communautaire selon Stéphanie Leblanc. Les maisons de la famille reçoivent en moyenne 65 000 $ par année, un montant qui n’augmente pas en fonction du coût de la vie. Selon cette dernière, plusieurs organismes ont accumulé des dettes ou font des pieds et des mains pour rembourser leur hypothèque.

Du temps et du personnel

Les bénévoles et employés de la MED doivent être créatifs pour trouver des fonds. Ils perdent un « temps fou » à créer des campagnes de financement, à chercher des commanditaires, à vendre des billets de spectacle. « Ça nous laisse de moins en moins de temps pour interagir avec les familles et les outiller, se désole la directrice. On ne veut pas être des personnes qui appliquent des programmes, qui remplissent des papiers et qui n’ont plus le temps de créer des liens de confiance avec les mères, les pères et les enfants », ajoute-t-elle. Les besoins des familles sont souvent ciblés au coin d’une porte ou d’une table, autour d’un café, au fil de confidences, rappelle Mme Leblanc.

Avec l’argent qu’elle recevra, Stéphanie Leblanc prévoit « faire souffler l’équipe » en engageant du personnel ou en augmentant les salaires. Les employés de la MED gagnent autour de 27 000 $ par année, sans fonds de pension ou avantages sociaux. « Il faut reconnaître le professionnalisme et le dévouement des intervenants. Une bachelière en éducation spécialisée travaille avec nous, elle gagne 14, 50 $ de l’heure parce qu’elle croit à l’importance du milieu communautaire », dit Mme Leblanc. La directrice veut faire appel à moins de stagiaires dans le but de mieux les former, mais pour ce faire il faut davantage de salariés permanents.

Reconnaissance

« En nous donnant 20 millions, le gouvernement nous dit : « oui, l’intervention auprès des parents c’est important, oui, ce qu’on fait en prévention avec les tout petits dans les OCF ça compte pour la réussite de l’enfant. Ça, c’est un baume sur notre cœur », confirme Mme Leblanc. Les OCF réclament depuis longtemps une telle reconnaissance.

95 % des enfants de 6-12 ans qui participaient aux activités de la MED organisées à l’automne 2016 étaient issus d’une famille immigrante. Pour Stéphanie Leblanc, ce sont des enfants dont les parents ne parlent pas français. Ils sont démunis et ont fait les frais des politiques d’austérité. Ils ont besoin d’être accompagnés, de sortir de l’isolement, de créer un réseau de contacts. « Le fait qu’on accompagne les parents, qu’on les conseille, qu’on les rassemble, ça fait tout une différence. Les professeurs remarquent quand les tout petits sont passés par chez nous », dit Mme Leblanc.

Le parent est la pierre angulaire du développement de l’enfant. Il le prépare à l’école et incarne les apprentissages scolaires au quotidien, à la maison, souligne Louisane Côté. « Notre mission, au sein des OCF, c’est de faire du parent l’acteur principal de la réussite de l’enfant », explique-t-elle.

L’aide financière de 20 millions sur deux ans aux OCF s’ajoute à leur 19 millions de dollars d’enveloppe annuelle.

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