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13 reasons why : On regarde ou pas ?
13 reasons why : On regarde ou pas ?

Peut-on expliquer le suicide d’un adolescent ? C’est le sujet de la série 13 reasons why qui suscite des réactions tant positives que négatives sur les réseaux sociaux. Voici 13 raisons de regarder ou de ne pas regarder l’émission.

Propos recueillis par Élodie Potente et Laurence Desbiens

Pourquoi écouter la série ?

  1. La série met en lumière les problèmes fréquemment rencontrés dans les établissements scolaires : Intimidation, utilisation des réseaux sociaux à mauvais escient, slut-shamming.
  2. Le suicide est un sujet qui comporte encore certains tabous. Selon le sexologue et intervenant chez Tel-Jeunes, Hertel Huard, la série aide les parents à discuter de la problématique avec les enfants afin de prévenir l’irréparable.
  3. Elle dénonce la culture du viol. Dans la série, deux filles subissent un viol, dont le personnage principal de la série. Lorsqu’elle décide de le dénoncer, elle n’est pas prise au sérieux et elle est accusée d’avoir couché avec lui volontairement et de ne pas lui avoir dit qu’elle ne voulait pas.
  4. La série ouvre le débat sur le suicide. C’est un autre moyen d’en parler avec les jeunes, plus adéquat à leur âge.
  5. Comme le débat est ouvert, les parents peuvent discuter de la série avec leurs enfants. En abordant le sujet, ils peuvent poser la question : As-tu des pensées suicidaires ?

Pourquoi ne pas écouter la série ?

6. Selon le guide de déontologie, il y a plusieurs points à respecter lorsque l’on parle de suicide. La série n’en respecte aucun : par exemple la représentation graphique du suicide.

7. Selon Jérôme Gaudreau de l’Association québécoise de prévention du suicide, la série remet en perspective la réalité du suicide. En effet, 13 reasons why n’évoque jamais la santé mentale d’Hannah. Or, la plupart des personnes suicidaires vivent avec la dépression.

8. Selon la formatrice et conseillère en prévention du suicide, Sharon Casey, le suicide est présenté comme un modèle à suivre pour se venger de l’intimidation que le personnage principal subit. Elle rejette la faute de son suicide sur le dos des autres alors que de nombreux facteurs influencent son acte.

9. La série ne met pas en lumière la prévention du suicide. Sharon Casey rappelle que pour qu’une série encourage la prévention, l’histoire doit bien se terminer. De plus, les héros de l’histoire devraient être les intervenants plutôt que la victime.

10. Jérôme Gaudreault dénonce le manque d’information destiné aux personnes en détresse : par exemple un numéro d’appel d’urgence qui apparaitrait sur l’écran.

11. Les adolescents font mal la distinction entre la fiction et la réalité. Ils peuvent s’identifier à ce que vit Hannah et penser que le suicide est une option ou une solution.

12. La série rend le suicide romantique et glamour. Avec les cassettes qu’elle laisse, Hannah donne envie au téléspectateur de continuer à regarder. Malgré tout, on se sent voyeur et il est facile de juger les protagonistes.

13. Les secrets que garde Hannah intensifient les émotions qu’elle ressent. La série montre aussi l’échec des intervenants en milieu scolaire et des adultes en général face à ses problèmes. Les jeunes qui regardent la série peuvent devenir réticents à parler de leur détresse émotionnelle.

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Cinq règles à suivre pour parler du suicide en public selon le guide En-tête : Reportage et santé mentale 

  1. Évitez de donner au suicide une dimension romantique.
  2. Évitez d’entrer dans les détails de la méthode utilisée.
  3. Indiquez aux personnes suicidaires les façons d’obtenir de l’aide.
  4. Évitez de dire que le suicide est réussi ou raté. Le suicide n’est pas une réussite.
  5. Respectez les familles qui vivent le deuil d’un de leur proche.

Tel-Jeunes 514-600-1002

Suicide Action 1 866 APPELLE (277-3553)

Ligne Parents 1-800-361-5085

Association québécoise de prévention du suicide 

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À propos de Elodie Potente

Elodie termine sa maîtrise en journalisme et médias numériques à Metz, en France. Elle a traversé l'océan Atlantique pour faire son stage à Planète F. Elle a envie de parler de sujets qui comptent, tout en utilisant ses compétences web. Et elle trouvait que Planète F était parfait pour ça!

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