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Journée du travail invisible : les femmes plus nombreuses
Journée du travail invisible : les femmes plus nombreuses

Le 4 avril est la Journée nationale du travail invisible au Canada. L’occasion de se pencher sur les difficultés rencontrées par les personnes qui s’occupent d’un membre de leur famille malade ou invalide. Une réalité compliquée à gérer, surtout pour les femmes de la famille.

Un rapport de l’Enquête sociale générale publiée en 2013 intitulée Portrait of caregivers, met en lumière les réalités et les obstacles des proches aidants. Au Canada, 54 % d’entre eux sont des femmes. Le rapport soulève leur rôle, plus important que celui des hommes, auprès d’un proche malade.

Au-delà des difficultés liées à la maladie d’un proche, les femmes sont souvent contraintes de cumuler carrières, vie de famille et rôle d’aidant. Lorsqu’une femme s’occupe d’une personne malade ou invalide, elle met entre parenthèse sa carrière bien plus facilement qu’un homme. Un tiers des proches aidantes ayant répondu à l’enquête indique avoir manqué au moins une journée de travail pour s’occuper d’un membre de leur famille.

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Ces femmes ont en général entre 45 et 65 ans, souvent moment charnière d’une carrière professionnelle. Or, ce sont 6,4 % d’entre elles qui ont perdu ou quitté leur emploi. Certaines ont même renoncé à une promotion pour pouvoir concilier les deux.

La difficulté d’être aidant et parent

La plupart des proches aidants arrivent mal à concilier leur vie de famille et leur rôle d’aidant. 49 % de personnes avec des enfants ont exprimé cette difficulté. « Ils ont indiqué que leur responsabilité d’aidant a réduit le temps passé avec leurs enfants », selon l’Enquête sociale.

Plus de la moitié des répondants ayant des enfants ont indiqué que passer plus de vingt heures par semaine à s’occuper d’un proche les empêche d’être avec leurs enfants autant qu’ils le voudraient. Plus le temps consacré au rôle d’aidant est grand, plus le stress augmente et la santé se détériore.

D’autant que la plupart des aidants ont des enfants de moins de quinze ans. 28 % d’entre eux se disent « pris en sandwich » entre l’éducation de leurs enfants et le travail généré par un proche malade.

Les femmes entre soins et tâches ménagères

Outre le fait que les femmes soient plus nombreuses à endosser un rôle d’aidant, elles sont aussi plus « susceptibles » de réaliser des tâches ménagères et des soins. « L’intensité accrue de la prestation de soins chez les femmes pourrait être attribuable en partie au type de tâches souvent effectuées par celles-ci. En effet, les femmes ont tendance à fournir des soins qui doivent être prodigués régulièrement ou selon un horaire fixe », peut-on lire dans l’Enquête sociale. Bains et habillements sont aussi plus souvent réalisés par des femmes, ainsi que la préparation des repas. Les hommes eux sont plus enclins à réaliser des tâches ne nécessitant pas une action immédiate, comme l’entretien du terrain.

Au Canada, seul un aidant sur cinq reçoit un soutien financier. Celui-ci est plus important lorsqu’il s’agit de s’occuper de son enfant ou de son conjoint.

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À propos de Elodie Potente

Elodie termine sa maîtrise en journalisme et médias numériques à Metz, en France. Elle a traversé l'océan Atlantique pour faire son stage à Planète F. Elle a envie de parler de sujets qui comptent, tout en utilisant ses compétences web. Et elle trouvait que Planète F était parfait pour ça!

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