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Mai
Les 3 Magaly : rompre le silence en famille
Les 3 Magaly : rompre le silence en famille

Les 3 Magaly. C’est le récit de trois générations de femmes autochtones de la Bolivie. La grand-mère a été assassinée par sa patronne en toute impunité. Sa fille a, elle aussi, subi des maltraitances. Maintenant elle-même mère d’une jeune fille, elle veut briser le cycle de la violence. Un documentaire intimiste signé Frédéric Julien.

Réaliser un film confession sur son passé douloureux : voici la quête de guérison de Magaly Noza Moye.

Un voyage émotif

Le réalisateur québécois Frédéric Julien a fait la rencontre de Magaly alors qu’il donnait des ateliers de cinéma pour Wapikoni Mobile en Bolivie. Le studio de production permet aux jeunes autochtones du Canada et du monde de réaliser des films. Magaly Noza Moye participait à un atelier à Trinidad. Elle a décidé de raconter son histoire par le cinéma. C’était pour elle une démarche de sensibilisation à la violence, mais aussi une façon d’aborder le sujet autrement avec sa famille.

Près de 9 mois après avoir réalisé l’atelier, Frédéric Julien est retourné en Bolivie remettre le film monté à Magaly Noza Moye. « Je suis arrivé avec son film en mains, donc ça été le début de la diffusion », raconte-t-il. Le projet documentaire de Frédéric a commencé à ce moment. Sa caméra a joliment capté le dévoilement du film aux proches de Magaly. Un moyen d’ouvrir le dialogue sans prononcer verbalement des mots trop douloureux.

« Ça parle de femmes qui ont subi de la violence, mais aux mains d’autres femmes. » C’est en effet un constat frappant de cette histoire. Ce qui l’est davantage est la relation que Magaly conserve avec sa mère adoptive. Elle qui l’a pourtant maltraitée pendant des années. Le pardon implicite qu’elle offre à sa mère est un élément intéressant du film qui aurait gagné à être davantage exploité.

Une histoire complexe

L’histoire des 3 Magaly est complexe, ce qui a servi de moteur au récit narratif de Frédéric Julien. Le spectateur apprend peu à peu, avec suspense, l’histoire déroutante de Magaly. « L’idée est de donner au compte-goutte les informations au spectateur pour qu’il comprenne l’histoire, mais aussi pour qu’il ait envie de poursuivre son écoute », explique-t-il. « Il y a un petit moment de flottement, c’est à ce moment que les deux trames se rencontrent. C’est le moment où la clé n’est pas donnée telle quelle », explique Frédéric Julien.

La priorité du cinéaste n’était pas que les spectateurs saisissent toutes les subtilités de l’histoire des 3 Magaly. Pour Frédéric Julien, l’objectif était de construire un film qui fonctionne au niveau émotif et dramatique. Et il a réussi son pari.

Les détails de l’histoire sont entrecoupés de scènes familiales privées, celles de Magaly Noza Moye et ses enfants. Le cinéaste parvient à nous faire entrer dans leur intimité. « Je voulais que ça soit un film qu’on accompagne les personnes, qu’on vit avec eux », exprime Frédéric Julien. Le cocon familial dégage énormément d’amour et de compassion. Ce qui contraste avec les réalités familiales qu’a connu Magaly Noza Moye étant enfant.

Un vécu autochtone

À travers l’histoire spécifique de la mère de Magaly Noza Moye, la réalité des autochtones Morenos de cette région rurale de la Bolivie est en partie racontée. La mère biologique de Magaly travaillait chez une riche famille d’éleveurs de bétail. C’était le cas d’un grand nombre d’autochtones dans l’est du pays. «Dans les États du bassin amazonien il y a beaucoup d’élevage, mais la situation d’oppression était vécue partout au pays», rappelle Frédéric Julien.

Frédéric Julien, aussi professeur au Cégep, s’est inspiré de son auteur préféré pour ce film. L’écrivain mexicain Juan Rulfo présente la violence et l’impunité qui règnent dans les coins reculés ruraux de l’Amérique latine.

La dernière représentation à la cinémathèque est le 25 mai. D’autres représentations sont prévues cet été partout au Québec.

 

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