18
Mai
Colloque inversé : les parents entendus
Colloque inversé : les parents entendus

Un colloque inversé organisé par le Réseau pour un Québec famille a permis à des parents de raconter leur réalité. Dans le cadre de la Semaine québécoise des familles, ces discussions ont soulevé les enjeux des parents québécois.

Les voix des parents sont souvent mises de côté. Le but de ce colloque inversé est de faire parler ces parents « anonymes » face à un public de spécialistes et praticiens en éducation et petite enfance.

Des questions leurs sont posées et les dix participants ont répondu chacun leur tour. Éducation, santé, conciliation travail-famille ont été les points clés de cette rencontre.

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Le jugement, plus grande inquiétude des parents

Que ce soit dans le panel des parents d’enfants 0-5 ans, ou celui des 6-11 ans, le jugement a été soulevé comme une grande préoccupation. Les parents se sentent sous pression, surtout les mères. Une jeune maman raconte que lorsqu’elle a allaité, la pression à l’hôpital était très forte. Et quand elle n’y arrivait pas, les infirmières la culpabilisaient en lui disant qu’elle faisait quelque chose de mal. Une autre prend la parole : « Moi j’ai allaité mes enfants jusqu’à deux ans, on m’a souvent jugé en disant que c’était trop long ».

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D’autres participants au panel 6-11 ans expliquent qu’il y a une compétition entre parents. Surtout sur les activités extrascolaires. On veut que ses enfants soient dans la meilleure école, fassent la meilleure activité, aient les meilleures notes. Un vrai casse-tête qui ajoute du stress à des parents déjà anxieux de pouvoir tout gérer. Un papa de quatre enfants semble avoir lâché prise, une nécessité selon lui quand on a une grande famille : «  Si mon fils a 65% à son test et en est heureux, je ne vais pas lui ajouter de la pression pour qu’il ait une meilleure note. Je ne vais pas stresser mon enfant ».

Une participante narre un épisode dans un CPE : « Une amie a reçu une note comme quoi le lunch de son enfant n’était pas assez varié ». Certains soulèvent que les réseaux sociaux, les blogues, et parfois les médias exacerbent cette culpabilité de ne pas faire assez bien.

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Pour les enfants à besoins particuliers, une mère exprime son malaise à devoir toujours justifier la maladie de son fils. Elle explique également que détecter la maladie et intervenir ne se fait pas assez vite. C’est d’ailleurs un problème qui ressort beaucoup chez les parents du panel 6-11 ans.

La performance à tout prix

De nombreux parents ont révélé se sentir sous pression au niveau de leur performance : « Il y a une grosse pression sociale pour qu’on soit performant en tant que parents ». Le temps est souvent pointé comme une obsession.

« Je cours après le temps », affirme une maman. Néanmoins, pour les parents du panel 0-5 ans, la conciliation travail-famille n’arrive pas en première préoccupation. Les parents semblent s’être résignés à faire au mieux.

« On arrivera toujours à s’arranger pour concilier le travail et la famille. Par contre, en ce qui concerne l’éducation et la santé, ça ne dépend pas de nous », affirme un père. Une mère du panel 6-11 ans explique qu’elle n’a plus le temps d’avoir des loisirs, son seul moment de repos est d’aller voir son fils jouer au soccer.

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La plupart des personnes témoignant souhaitent que les employeurs soient plus conciliants et flexibles quand leurs enfants sont malades.

Après chaque discussion de 90 minutes, les parents « anonymes » se sont éclipsés pour que le public puisse discuter. Un rapport prenant en compte les préoccupations des différents panels sera publié par le Réseau pour un Québec famille.

Quelques parents à la sortie des colloques :

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À propos de Mariève Paradis

Éditrice et cofondatrice, Mariève est journaliste indépendante depuis 2005. Elle travaille sur plusieurs plateformes (web, magazines, hebdomadaires, radio et télévision). Elle cumule deux prix en journalisme, la Bourse Fernand-Seguin en vulgarisation scientifique et la Bourse en journalisme des Instituts de recherche en santé du Canada qui lui a permis de faire des reportages au Nunavik et au Groenland en 2012.

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