03
Mai
Écoles alternatives: plus de classes multiniveaux de 3 ans à Montréal
Écoles alternatives: plus de classes multiniveaux de 3 ans à Montréal

Certaines écoles alternatives publiques pourraient perdre des classes multiâges dès l’an prochain. Une décision de l’Alliance des professeurs et professeurs de Montréal qui est loin de faire le bonheur des parents et des enseignants de la région.

Selon la convention collective nationale de ce syndicat affilié à Fédération autonome de l’enseignement, seules les classes multiniveaux de deux ans sont acceptées dans les écoles. L’école alternative Rose-Des-Vents de Rosemont à Montréal fonctionne avec des classes multiniveaux de trois ans, depuis plus de 30 ans.

C’est grâce à une entente avec l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal que ces classes ont pu être possibles. Une entente qui, bientôt, n’existera plus. Selon l’enseignante de l’école Rose-Des-Vents, Caroline Tardif, ce changement de cap se base sur des craintes non fondées. « L’Alliance a peur que les classes multiniveaux nuisent à la qualité de l’enseignement. Or, des études ont démontré que la qualité de l’enseignement était supérieure dans les classes multiniveaux du Québec. »

Incompréhension

Maman de deux enfants, Annick Daigneault n’arrive pas à expliquer l’opposition soudaine de l’Alliance : « Ça fait 30 ans que ça existe. Ce n’est pas une idée farfelue, ni une innovation surprise. On ne connait pas vraiment les motifs de l’Alliance. On ne peut que supposer des raisons qui expliquent cette opposition. »

Caroline Tardif ajoute que les écoles alternatives sont victimes de discrimination. Elle a l’impression que les écoles alternatives ne sont pas aimées par l’Alliance des professeurs.

Contactée par Planète F, l’Alliance des professeurs et professeurs de Montréal a refusé de commenter le sujet. Les représentants préfèrent garder les commentaires à l’interne pour le moment.

Depuis l’annonce du syndicat, des lettres des enseignants et des parents, une pétition de plus de 400 signatures et des plaintes ont été envoyées à l’Alliance.

À lire aussi: Choisir l'alternative à l'école secondaire

Les effets bénéfiques de l’école alternative

Annick Daigneault explique que l’école alternative a été bénéfique pour son garçon. « Mon garçon est autiste et jamais, il n’a été exclu par ses pairs. En étant dans une classe multiniveau, il a pu suivre la même enseignante et les mêmes collègues durant trois ans. Une dynamique de fratrie s’est rapidement installée et mon garçon n’a jamais été mis à l’écart. »

Elle insiste sur le fait que les classes de Rose-Des-Vents brisent l’aspect de compétition entre les élèves : « Chaque élève a des forces différentes et le format de la classe permet de les mettre en lumière. Il y a beaucoup d’entraide entre les élèves et un grand sentiment d’appartenance se crée. »

Le fait d’avoir la même enseignante durant trois ans permet à l’enfant d’entretenir une relation stable avec son enseignante. « Quand ça fait trois ans que j’accompagne le même élève, je sais comment il fonctionne. Je connais ses forces et ses faiblesses. C’est plus facile de lui venir en aide à ce moment-là », précise Caroline Tardif.

Selon Caroline Tardif, les écoles à classes multiniveaux sont bénéfiques pour les élèves. « Nos élèves apprennent à être autonomes. Ils ont le goût de réussir et aiment apprendre. À force de côtoyer des plus vieux tous les jours, ils développent une certaine maturité », assure Caroline Tardif.

Annick Daigneault espère que l’Alliance reculera sur sa décision pour que l’école Rose-Des-Vents garde ses classes intactes. « On ne demande rien d’autre. Les classes multiniveaux permettent aux enseignants d’aller plus loin dans l’apprentissage des enfants. On ne peut pas perdre ça. »

À lire aussi: L'école alternative, et après?

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