05
Mai
Pauline Marois est la ministre qui a crée le réseau des CPE, en 1997.
Des enjeux de taille au Sommet sur l’éducation à la petite enfance
Des enjeux de taille au Sommet sur l’éducation à la petite enfance

À l’occasion des 20 ans de politique familiale, le sommet sur l’éducation à la petite enfance a réuni près de 500 personnes au Palais des Congrès de Montréal. L’occasion de faire une rétrospective des dernières années, mais aussi de réfléchir aux enjeux actuels.

Enjeux économiques, complexité bureaucratique, rôle des parents… Les prises de paroles successives ont mis sur la table les enjeux de la politique familiale actuelle au Québec.

Lorsque Pauline Marois, à l’origine de la politique familiale en 1997, prend la parole, les applaudissements du public de professionnels en petite enfance présents sont légions. Après être revenue sur son combat pour une réforme de la politique familiale et l’instauration des centres de petite enfance, elle lance une petite pique à Sébastien Proulx, ministre de la Famille : « D’une manière générale, je m’abstiens de critiquer le gouvernement. Mais je ne peux passer sous silence le sort fait à la politique familiale. Elle est devenue plus complexe, bureaucratique, et c’est un recul pour le Québec. If it isn’t broken, don’t fix it (si ce n’est pas brisé, ne le réparez pas). »

- partenaire -

Madame bon

Le sommet réunissait également sur scène Camil Bouchard et Alexandre Taillefer pour un état des lieux en matière de politique familiale.

Le chercheur en psychologie et l’« entrepreneur en série » ont mis en lumière problèmes et solutions concernant les centres de la petite enfance.

L’impact de la politique familiale

Premier constat : la politique familiale a amélioré la vie des familles québécoises. Notamment en ce qui concerne la conciliation travail famille. Les parents ont su se saisir des congés leur étant dédié. « Il y a eu une transformation du rôle maternel-travail en rôle parental-travail parce que les pères sont un très fort pourcentage à utiliser le congés parental qui leur est dédié », souligne Camil Bouchard.

Cette « transformation » du rôle au sein des familles a également eu un impact sur l’économie, comme le fait remarquer Alexandre Taillefer : « Il y a un véritable impact économique d’avoir ramené autant de femme dans le milieu du travail. On commence à se rendre compte à quel point on est en mesure de démontrer économiquement le retour sur investissement dans la politique sur l’éducation. »

article elo

À lire aussi: Congé parental: plaidoyer pour l'implication des pères

De vives inquiétudes

Pour Camil Bouchard, le grand problème de ces dernières années se trouve dans le budget. « Il y a eu depuis quelques années une autre rhétorique : tout nous coûte trop cher. » Or, l’ancien député rappelle qu’on ne peut pas remettre 20 millions de dollars dans un système auquel on a coupé 250 millions sans qu’il y ait des conséquences. Alexandre Taillefer dénonce un « point de vue comptable » de l’éducation, de la prévention en santé mentale ou physique et de la culture. Il remet en cause le fait que l’éducation est vue comme étant une dépense. «  Un investissement en éducation va générer des revenus pour la société dans 20 ans et sur une période de 40 ans. » Il rappelle également la nécessité de prendre des décisions en fonction d’une équité intergénérationnelle.

Dans les couloirs du sommet, Marie Réhaume, directrice générale du Réseau Québec Famille, révèle son inquiétude quant à la direction que prennent les débats : « On peut exprimer une inquiétude quant au rattachement souhaité des politiques familiales au ministère de l’Éducation. On ne peut pas parler de mesure de politique familiale si l’on s’en va vers ce ministère là. »

Et les parents dans tout ça ?

Le temps des questions à Camil Bouchard et Alexandre Taillefer s’en vient après une heure de discussion. La première femme a prendre la parole travaille dans un organisme communautaire. Elle rappelle l’importance des parents : «  Un enfant sans parent ça n’existe pas. Il faut faire en sorte que le ministère de la Famille reconnaisse le parent comme le principal éducateur de l’enfant. Nous ne sommes que de passage dans la vie d’un enfant. »

Marie Réhaume soulève cette question des parents, complètement absents de ce sommet : « On n’a pas vraiment entendu parler des familles, puis surtout on n’a pas pu entendre de voix de parents. »

Au micro, l’intervenante transforme sa question en tribune : « Les familles défavorisées se sentent souvent jugées au niveau scolaire et dans les CPE. Dans les organismes communautaires, ces familles sont là. La reconnaissance des organismes communautaires serait donc essentiel. »

Plus tôt dans la discussion, Alexandre Taillefer a lui aussi soulevé la question de l’accès des familles défavorisées aux CPE : «  De toutes les priorités, la première est de mettre en place des places de CPE dans les milieux défavorisés. Il faut que ça se passe maintenant. Pour s’assurer qu’on leur donne le maximum de chance. »

Le ministre Sébastien Proulx annonçait d’ailleurs en ouverture de sommet une vaste opération de révision des services éducatifs à l’enfance pour répondre aux besoins des familles.

Le ministre actuel, M. Proulx, veut favoriser les classes de maternelle 4 ans dans les milieux défavorisés.

Également sur Planète F
Redorer l’image des éducatrices La tarification des services de garde constitue le point central du débat entourant le système de services de garde public. La société s’attarde très ...
La genèse des stéréotypes… Si, dans un univers parallèle, on ouvrait notre esprit à notre imagination... Pour découvrir ce que serait le monde si les garçons étaient traités com...
Les CPE remis en question Le Dr Gilles Julien a qualifié le réseau des Centres de la petite enfance d’éléphant blanc. Les réactions à ses propos ont été nombreuses. Le débat pu...
L’école, clé de l’intégration des immigrants Selon le rapport 2015 du PISA, Programme international pour le suivi des acquis des élèves, l'école a un rôle crucial à jouer chez les immigrants pour...
Déscolarisation – apprendre partout, sauf à l’école Un article fort intéressant dans La Presse de la fin de semaine au sujet de la déscolarisation, ou le « unschooling ». Début octobre, un colloque sur ...
Les CPE dépensent-ils trop? Les Centres de la petite enfance (CPE) sont-ils mal gérés? La question s’est posée la semaine dernière quand le gouvernement Couillard a confirmé les ...

À propos de Élodie Potente

Elodie termine sa maîtrise en journalisme et médias numériques à Metz, en France. Elle a traversé l'océan Atlantique pour faire son stage à Planète F. Elle a envie de parler de sujets qui comptent, tout en utilisant ses compétences web. Et elle trouvait que Planète F était parfait pour ça!

Commentaires

Laisser un commentaire