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Mai
Jardins pédagogiques : apprendre en cultivant
Jardins pédagogiques : apprendre en cultivant

Les jardins pédagogiques en milieu scolaire offrent une multitude d’activités aux enfants. Compter les graines de tournesol. Observer la germination. Goûter au fruit de son travail. Selon des recherches américaines, le jardin à l’école est un lieu d’apprentissage et de motivation pour les élèves.

Et au Québec, les jardins-écoles fleurissent grâce au travail bénévole de parents et de professeurs dévoués.

De la ferme à l’école

À l’île Bizard, une mère de famille a décidé de mettre sur pied des jardins à l’école primaire de sa fille, Jacques-Bizard. L’aventure de Catherine Gingras a commencé il y a trois ans. À ce moment, elle organisait des activités éducatives à la ferme Bord-du-lac.

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La visite des écoles primaires du coin et l’engouement des enfants l’ont motivé à démarrer le projet à l’école Jacques-Bizard. Une quinzaine d’heures lui ont suffi pour rassembler les acteurs essentiels au démarrage du jardin.

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Un projet qui a fleuri grâce à la collaboration de plusieurs intervenants. La ferme Bord-du-lac a offert les semences. La directrice de l’école primaire a présenté le projet au Conseil municipal. Depuis, la Ville offre le terrain, les boyaux d’arrosage et l’eau pour les jardins. Les éducatrices du service de garde ont quant à elles mis la main à la pâte pour l’arrosage. Le camp de jour de l’île Bizard prend le relais durant l’été. La proximité des différents services de la Ville a favorisé la collaboration, selon Catherine Gingras. Les jardins sont situés derrière le pavillon municipal Vincent-Lecavalier, juste en face de l’école primaire.

 

Des enfants conquis

La jeune mère voit l’effet positif sur les enfants. « Même pour les grands de 6e année, cueillir une carotte ça les fait vraiment tripper », affirme-t-elle. Au service de garde, les enfants ont pu récolter les aliments et faire un atelier de cuisine. « Ils comprennent ainsi l’effort derrière toute la production alimentaire », dit-elle.

L’an prochain, une enseignante en première année va prendre le relais. Il est possible que le projet soit interrompu cette année en raison des inondations qui ont touchés l’île Bizard. Quant à Catherine Gingras, son implication ne fait que commencer avec sa plus jeune qui entre aussi à l’école prochainement.

Semer des projets à Pointe-Claire

À Montréal, des étudiants universitaires de l’UQAM ont implanté 6 jardins pédagogiques. Janic Grondin était l’une de ces initiatrices en 2014. Elle a effectué un stage au laboratoire d’agriculture urbaine en tant qu’étudiante pour implanter un jardin à l’école primaire Pointe-Claire fréquenté par ses fils. Le laboratoire fait de la recherche sur l’agriculture en milieu urbain et encourage son développement à Montréal.

Au début, une seule classe participait au projet pilote. Maintenant, c’est toute l’école qui collabore aux différentes activités. Janic Grondin coordonne les jardins et le compostage à l’école primaire de Pointe-Claire. Elle a aussi créé un comité de jardins formé de 25 parents bénévoles.pointe clair

Les élèves de 4e année s’occupent des six bacs de compost. Lorsqu’ils sont en 5e année, ils montrent aux plus jeunes pour que ceux-ci prennent la relève l’année suivante. Des élèves de l’école secondaire John-Rennie viennent aussi donner un coup de pouce. Des élèves de maternelle sont aussi allé visiter les ruches d’abeille de cette école secondaire.

Si les plus vieux s’occupent de son entretien, ce sont les élèves du 1er cycle du primaire qui font des ateliers aux jardins. Janic Grondin offre des ateliers clé en main pour les enseignants. Par exemple, les élèves de 3e année étudiaient récemment les céréales. Janic Grondin et une autre mère biologiste ont fait planter des semences de soya, d’avoine, d’orge et de blé. « Chaque semaine ils peuvent constater l’évolution », dit-elle. Ces ateliers sont menés durant les heures de classe et permettent d’étudier autrement les notions du programme.

Le légume réhabilité 

Un jardin peut aider les élèves à intégrer les notions du cursus régulier, explique Éric Beauchemin, directeur scientifique et formation du laboratoire sur l’agriculture urbaine de l’UQAM. Des recherches aux États-Unis effectuées dans des communautés afro-américaines démontrent que les jardins ont des effets positifs sur l’alimentation. Les effets sont notables sur les choix alimentaires de la famille directe et élargie des enfants. Cela permet notamment de réduire l’obésité.

La perception des légumes et des fruits changent. Selon Janic Grondin, ça encourage les enfants à en manger. L’effet de groupe en classe incite les enfants à essayer et à goûter. « J’ai fait un smoothie vert [dans  une classe] à la bettacarde et j’en ai manqué! », dit-elle.

Des jardins pédagogiques partout au Québec

Les besoins ne se ressentent pas seulement en milieu urbain. À Montréal on trouve une vingtaine de jardins pédagogiques. Il existe aussi des initiatives en régions. Par exemple, l’OSBL Croquarium est présent dans plus de 1200 milieux de l’enfance à travers le Québec. Ou encore, dans la région de l’Outaouais des projets de jardins sont mis en branle dans 12 écoles depuis 2015.

Selon Catherine Gingras, ce n’est pas parce qu’un enfant vit en banlieue ou en campagne qu’il a un contact avec l’agriculture. « Il y a tellement d’enfants qui habitent la banlieue, qui ont un beau gazon parfait mais qui n’ont jamais vu un légume pousser de leur vie parce qu’ils vivent dans un environnement aseptisé », explique-t-elle.

Aux États-Unis, l’État subventionnait jusqu’à récemment les initiatives de jardins dans les écoles, rappelle le directeur Éric Duchemin. Des milliers de projets ont donc vu le jour chez nos voisins du sud. Au Québec, il n’y a pas de tel programme de soutien pour ces initiatives. Éric Duchemin espère qu’avec le nouveau laboratoire d’agriculture urbaine, le financement gouvernemental de ces projets dans le milieu scolaire pourrait se réaliser.

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