30
Mai
Crédits photo: Francis Vachon, Charlie Bourdeau, Dorianne Deshaies
La grande journée des petits entrepreneurs : du plaisir en perspective
La grande journée des petits entrepreneurs : du plaisir en perspective

L’entrepreneuriat n’est plus seulement une affaire d’adultes. En magasin ou sur Internet, vous pourriez désormais tomber sur Double Identité ou sur C’est Chouette. Ces deux marques sont l’aboutissement du travail passionné de jeunes entrepreneurs en herbe.

Le point commun de ces deux aventures : La grande journée des petits entrepreneurs. C’est une occasion d’expérimenter la tenue d’un kiosque devant chez soi pour y vendre toutes sortes de choses, des bonbons aux nœuds papillon. Cette année, c’est le 17 juin que les enfants de 5 à 12 ans pourront faire l’étalage de leurs talents.

Sans prétention, trois entrepreneurs et parents ont mis sur pied la première grande journée en 2014. D’abord exclusivement à Québec, l’événement s’est ouvert à toute la province en 2015, au bonheur de 2000 petits entrepreneurs. Depuis, le nombre de participants ne cesse de croître. « On pense que les valeurs entrepreneuriales peuvent être intégrées dès un jeune âge », explique la cofondatrice Isabelle Genest.

- partenaire -

Des nœuds papillon pas comme les autres

Pour Alice et Noé, de Double Identité, ça a été une révélation. « On a participé la première fois pour faire l’expérience de l’entrepreneuriat pendant une journée. On avait envie de faire quelque chose ensemble, ma petite sœur et moi, et on trouvait que c’était un beau projet d’été », explique Noé, aujourd’hui âgé de 12 ans.

Leur premier kiosque de nœuds papillon a suscité beaucoup d’enthousiasme, si bien qu’ils ne se sont pas arrêtés là. L’entreprise d’un jour s’est rapidement agrandie sous les soins attentionnés des deux enfants, bien soutenus par leurs parents. Aujourd’hui, les nœuds papillon pour les cheveux ou le cou de Double Identité sont vendus sur leur site Internet et dans plusieurs magasins.

Noé, Alice et leurs noeuds papillon.

« La grande journée a permis de concrétiser leurs forces, comme la créativité d’Alice et l’ambition de Noé […] Dès la première année, ils ont continué après La grande journée et ont développé l’entreprise », raconte leur mère, Nathalie Poblete.

Pour les fondateurs de La grande journée, c’est une grande fierté de voir des jeunes réussir de tels projets. « Par contre, ce n’est pas l’objectif premier, rappelle Isabelle Genest. Le but initial, c’est de garder ça simple, ludique, festif et de partager des valeurs en lesquelles on croit profondément. Mais ça nous fait très plaisir de voir une telle vocation et une telle confiance chez les enfants. »

Étendre son réseau

Dans certains cas, La grande journée peut également être une occasion de faire de belles rencontres. Ce fut le cas pour les fondatrices de l’entreprise C’est Chouette. Créée à l’automne 2014 par Dorianne Deshaies et ses trois filles, Chloé, aujourd’hui âgée de 9 ans, Adèle, 11 ans et Éloïse, 12 ans, la petite entreprise se concentrait sur la confection d’étuis à crayons.

« À la base, le but était de montrer à coudre à mes filles. C’était plus une activité familiale », explique Dorianne Deshaies. Voyant que la formule était gagnante, celle-ci a monté un site Web et une page Facebook pour l’entreprise. Elle a aussi développé des cours de couture pour enfants.

C’est Chouette a participé à La grande journée en 2015 en montant un petit kiosque devant la maison. « Je trouvais que c’était une belle occasion de mettre en valeur l’entreprise et de participer à un mouvement d’entrepreneuriat jeunesse », explique Mme Deshaies. Les filles ont reçu la visite de Kathleen Brenner, fondatrice de l’entreprise FIOU, qui confectionne des tabliers. Le déclic s’est fait, et les deux entreprises sont restées en contact.

En janvier 2016, l’entreprise FIOU met la clé dans la porte pour des raisons de santé. « On en a parlé en famille, on a proposé d’acheter FIOU, et l’aventure a commencé! » raconte Dorianne Deshaies. L’entreprise a été transférée au web pour plus de visibilité.

Depuis, C’est Chouette a fleuri et occupe une place quotidienne dans la vie de la famille. « Ça permet aux différents talents des filles de s’exprimer. Par exemple, le talent en dessin de ma plus grande se concrétise dans la publicité, dans le design. J’essaye aussi de les exposer à différents enjeux, comme l’analyse des statistiques du site web », explique Dorianne Deshaies.

Éloïse, Adèle et Chloé, de FIOU.

Vivre l’expérience

À travers ces aventures entrepreneuriales, le fil conducteur demeure souvent le même : de permettre aux enfants de vivre une belle expérience et d’apprendre à connaître leurs forces et leurs faiblesses dans le cadre d’une entreprise à petite échelle. « Quand on sème ces graines-là chez les petits, ça fait son chemin chez ceux qui le possèdent en eux, puis ça va faire une différence au niveau de la société », estime Dorianne Deshaies.

La grande journée des petits entrepreneurs aura lieu le 17 juin à travers le Québec, et même en Ontario. Pour y participer, vous pouvez inscrire votre petite entreprise sur la page web de l’événement, ou encore aller vous promener dans votre quartier à l’occasion de La grande journée pour encourager les entrepreneurs en herbe.

Également sur Planète F
Enfants, parents et grands-parents… sous le même toit! Au Canada, pas moins de 363 000 ménages ont choisi la cohabitation multigénérationnelle, c’est-à-dire la cohabitation entre trois générations et plus ...
Les parents et les réseaux sociaux Partage d'anecdotes, recherche de conseils, le Pew Research Center s’est concentré sur l’utilisation que font les parents des réseaux sociaux. L’étud...
Familles recomposées et casse-tête des fêtes La garde des enfants en alternance, les anciens et les nouveaux conjoints, les cadeaux achetés en double... le temps des fêtes peut s’avérer un réel c...
Scolarisation des enfants sans-papiers Des centaines d’enfants d’immigrants n’ont pas accès à la scolarité gratuite au Québec. C’est ce qu’a dénoncé le Collectif éducation sans frontières (...
Le sexisme au féminin Plusieurs femmes cherchent l’égalité des sexes dans le monde du travail, mais ne l’appliquent pas à la maison. De nombreuses études montrent que les ...
L’inacceptable vulnérabilité Quatre Québécois sur cinq trouvent inacceptable le nombre d'enfants vulnérables qui débutent la maternelle. C’est la grande conclusion que tire l’Obse...

Commentaires

Laisser un commentaire