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Juin
Camps d’été spécialisés, la grande séduction
Camps d’été spécialisés, la grande séduction

Quel horaire pour notre enfant cet été ? Une ou deux semaines au camp de cirque ? Une semaine au camp avec hébergement et trois semaines au camp généraliste ? Organiser les vacances d’été des enfants peut être un vrai casse-tête.

De nombreux camps d’été proposent des programmes spécialisés pour se démarquer et attirer de nouveaux campeurs. Ce sont approximativement 250 000 enfants qui vont aller dans des camps de jour, selon le directeur de l’Association des camps du Québec (ACQ), Éric Beauchemin. De plus, 85 000 enfants vont fréquenter des camps de vacances avec hébergement cet été.

Populaire en camps d’été de jour

Même s’il y a des camps de vacances spécialisés, cette tendance est plus populaire dans les camps de jour. Cela n’a pas toujours été le cas : il y a vingt ans, des camps avec hébergement intégraient des ordinateurs à leur programme. Maintenant, dans les camps avec hébergement, il y a un retour vers le plein air et l’importance de se débrancher.

Dans les camps de jour, la réalité est toute autre. Depuis l’établissement des camps de jour dans les années 1980, les attentes des parents ont beaucoup évolué. « Les institutions d’enseignement, les musées, le jardin botanique, le musée d’art contemporain, la polytechnique… ils ont développé des programmes de camps de jours pour venir répondre à cette demande-là », dit Éric Beauchemin. « Quand tu exploites un camp de jour dans un cégep, t’as accès à des laboratoires, des gymnases, des équipements qui font en sorte que ça inspire un peu la nature des programmes », explique le directeur de l’ACQ.

Découvrir des passions

Même si les camps d’été spécialisés sont populaires, les programmes « touche-à-tout » vont rester le « pain et le beurre » des camps de vacances selon le directeur de l’ACQ. « L’été, c’est fait pour vivre des aventures, pour se fabriquer des souvenirs, pour se découvrir des passions », raconte-t-il. « Si tu vas tout de suite dans la spécialisation très jeune, t’es un peu en train de te fermer des univers que le camp devrait t’ouvrir », pense-t-il. Les camps plus généralistes donnent une meilleure possibilité à ce chapitre, selon lui.

De son côté, la psychologue Claudia Écrement croit que les deux principaux bienfaits des camps d’été sont le développement de la capacité d’adaptation et l’ouverture. Les camps généralistes et spécialisés peuvent avoir un effet bénéfique selon elle.

Les parents devraient faire une première sélection selon leurs critères et consulter leurs enfants par la suite. « Ils faut considérer la personnalité de nos enfants et leurs besoins », dit-elle. Si l’enfant a une passion, c’est bien de l’encourager en ce sens. Par ailleurs, si le camp est hyperspécialisé, ce serait tout de même bien de varier légèrement, selon la psychologue.

« Il y a aussi que dans la société, on est plus à l’écoute des enfants qu’on ne l’a jamais été », affirme Claudia Écrement. Le fait qu’ils puissent choisir des camps selon leurs intérêts est un aspect positif des camps spécialisés, selon elle.

Dans les cas où il y a une motivation intrinsèque chez l’enfant, ça peut lui permettre d’avancer, selon la psychologue. Il y a ainsi une continuité pour lui, un sentiment d’accomplissement et une fierté.

Pause scolaire

Non seulement il y a le sujet, mais il y a le type de camps qu’il faut prendre en considération, d’après Claudia Écrement. De plus en plus de camps intègrent des connaissances théoriques à leur programme.

« Il y a un camp d’anglais où c’était très académique : le matin assis dans une salle de classe. Je n’ai même pas eu besoin d’en parler à mes enfants pour savoir que ça serait non », raconte la psychologue et mère de deux enfants.

La notion de vacances qui devrait être prise en compte dans tout ça, rappelle le directeur de l’association des camps. « De l’école, ils en ont toute l’année. »

Spécialiser pour mieux performer

« Les camps spécialisés, ce n’est pas tout le monde qui peut se payer ça », rappelle Claudia Écrement. Il y a une question de coût et de budget.

Le ministère de l’Éducation subventionne des programmes de camps de vacances pour les rendre plus accessibles. Ce n’est pas le cas des camps spécialisés, qui coûtent plus chers que les camps de jour généralistes.

Les attentes des certains parents peuvent être parfois démesurées. « Tu ne peux pas partir une semaine et revenir bilingue », affirme Éric Beauchemin. Selon lui, les impacts des camps ne sont pas juste en termes d’apprentissage mesurable. C’est aussi le savoir-être qu’ils vont développer.

Claudia Écrement pense que certains parents peuvent utiliser l’offre des camps spécialisés dans une optique de performance. Elle constate que ce serait plutôt le choix de l’école secondaire qui est le reflet de la volonté de performance de la société.

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