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Août
L’intelligence artificielle pour informer les parents
L’intelligence artificielle pour informer les parents

S’informer, ça prend du temps, surtout pour la santé. Surtout dans un domaine encore mal connu, qui touche parfois ses proches. Et les portes ne sont pas toujours faciles d’accès. Pour répondre à un manque crucial d’information sur l’autisme, deux chercheurs ont fait le pari d’utiliser l’intelligence artificielle pour un meilleur accès à ces données essentielles.

Devant une salle intéressée, à l’ambiance « cosy », Marc-Olivier Schüle et Marise Bonenfant ont donné une conférence sur leur projet, Myelin. Au-delà de son allure gadget, Myelin, c’est surtout une clef pour quiconque voudrait s’informer sur l’autisme. Parents démunis, personnes autistes, même les curieux en quête d’informations pourraient accéder à une base de données riche et vérifiée, pour mieux comprendre ces troubles.

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Combler le gouffre entre chercheurs et public

Ce qui a motivé le projet Myelin, c’est le manque crucial de communication entre chercheurs et grand public. « Le gros problème, c’est que cette science ne se rend pas aux gens qu’elle veut mettre en application. », explique Marc-Olivier Schüle, doctorant en psychoéducation. Moins de 15% des connaissances scientifiques arrivent jusqu’au particulier et elles prennent généralement 17 ans pour être appliquées après leur publication.

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Cette barrière entre les scientifiques et le public n’est pas sans effet. Un peu moins de 25% des patients reçoivent ainsi des traitements inadaptés ou inefficaces. Pour se tenir au courant des nouvelles recherches uniquement sur l’autisme, il faudrait y consacrer 18h par jour, pour ne manquer aucun des 3000 nouveaux articles publiés au cours des dernières 24h. Une performance impossible pour un être humain, qui se réfugie dans les premières informations, parfois fausses, disponibles sur Internet.

« C’est pas la faute du public ou des parents. (…) On ne vous donne pas accès à l’information »

Marc-Olivier Schüle

C’est là qu’intervient la machine.

Une intelligence artificielle pour une meilleure information

Le but de Myelin est de brasser toute cette quantité d’informations pour répondre aux besoins de son utilisateur. Loin des robots montrés dans les fictions futuristes, elle ressemblerait davantage à une application qu’on trouve déjà sur les téléphones intelligents. « On va prendre une machine, lui donner des connaissances sur la santé mentale, lui poser des questions liées à l’autisme et obtenir des réponses liées à l’autisme. », résume le doctorant. Myelin va ainsi faire le lien manquant entre les découvertes des scientifiques et les gens qui en ont besoin.

En fonction du profil d’utilisateur qu’on choisit, et dont les données seront strictement confidentielles, Myelin va identifier les besoins à cibler. Il sera alors possible d’avoir accès à des informations et un traitement personnalisés. Pour cela, trois modes de fonctionnement sont prévus. Le mode dialogue permet de choisir les questions et les réponses qui nous intéressent. Le mode questionnant consiste à répondre aux questions proposées par Myelin. Enfin, le mode recherche permet de trouver des informations, à partir de mots clefs saisis dans la barre de recherche.

Pour les réponses, c’est le même principe, plusieurs modes seront offerts. Elles s’organisent par rang, à la lumière de connaissances scientifiques, de la plus adaptée à la moins probable. On peut également procéder par comparaison. Par exemple, pour un traitement, on peut voir les effets bénéfiques ou néfastes de chacun. La description concernant un concept permettra aussi de se renseigner sur un sujet donné, comme l’autisme ou la neurodiversité.

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Des contributeurs divers et variés

Le projet est bien entendu réalisé à l’aide de chercheurs qui vont pouvoir recouper l’information et assurer sa validité. Mais Marc-Olivier Schüle et Marise Bonenfant ont également tenu à inclure des parents et des personnes autistes, qui sont les premiers concernés. Ils vont s’assurer de la bonne vulgarisation des informations délivrées par Myelin parce qu’il est important que les personnes ciblées puissent comprendre ce qu’elles lisent.

Myelin est encore en cours de développement. Une première version sera disponible cet automne.

Crédit photo : Myelin : Intelligence artificelle d’information en autisme

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