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Août
Dix raisons de jouer ou non aux jeux vidéo
Dix raisons de jouer ou non aux jeux vidéo

À force de voir votre enfant s’enfermer avec sa console de jeu, vous risquez de vous demander si c’est vraiment une bonne idée de le laisser jouer ainsi. Pour tenter de répondre à cette question, nous avons recensé quelques avantages et inconvénients des jeux vidéo.

Les bénéfices :

  • Création d’un réseau social en ligne

Les adeptes de jeux vidéo en ligne sont constamment en interaction avec d’autres joueurs, des quatre coins de la planète. Ces contacts répétitifs donnent parfois lieu à des amitiés « dans le monde réel ».

Pour les gamers plus timides, la possibilité d’avoir un réseau social par les jeux vidéo peut être un réel soulagement, une manière de combler le besoin d’interactions avec des pairs. « Quand j’étais jeune, mes parents me disaient toujours d’aller jouer dehors, d’aller voir des amis. Ils ont finalement arrêté quand ils ont compris que même si j’étais beaucoup dans les jeux vidéo, j’avais quand même de bons amis », témoigne Louis-Philippe Geoffrion, alias PainDeViande de son nom de joueur professionnel.

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  • Développement de compétences informatiques et cognitives et des réflexes

De nombreuses études ont démontré que la pratique de jeux vidéo entraîne un développement accru des réflexes, de la capacité « multitâche » et des aptitudes de résolution de problèmes. L’éditeur de jeux vidéo Poki a analysé plusieurs études et articles pour mettre en lumière les bienfaits cognitifs, que l’on retrouve dans l’infographie suivante . Bien entendu, ces avantages ont leurs limites et découlent d’une pratique du jeu saine et éclairée.

À lire aussi : Cet article de La Presse qui compare les capacités des joueurs à celles des chirurgiens.
  • Possibilité d’en faire une carrière, une réelle discipline

Le secteur du jeu vidéo se professionnalise, même si le Québec traîne un peu de la patte dans cette évolution. Au-delà du divertissement, certains joueurs aspirent désormais à faire de leur passion une carrière. La Fédération québécoise de sports électroniques (FQSE) a d’ailleurs été créée en février 2016 pour assurer cette transition au niveau supérieur.

Au Québec, moins d’une dizaine de joueur ont pour l’instant réussi à s’illustrer dans des tournois internationaux. Le phénomène demeure réservé à l’élite du jeu vidéo. Toutefois, de plus en plus de clubs se forment dans les établissements scolaires pour créer des équipes. Le Cégep de Matane offre même désormais un programme de Esports, ou sport électronique.

Ces clubs proposent un encadrement et une discipline similaire à celle de n’importe quel club sportif. En plus d’assister à des pratiques hebdomadaires, les membres doivent conserver une certaine hygiène de vie et un équilibre, faute de quoi ils ne pourront plus faire partie de l’équipe.

À lire aussi: Ces joueurs qui se professionnalisent
  • Développement d’une passion, au même titre que le sport ou la musique

Que les joueurs fassent ou non partie d’une équipe, le jeu vidéo demeure un divertissement et une passion au même titre que n’importe quel sport ou que la pratique d’un instrument de musique. Tous les avantages liés à la pratique intensive de quelque chose s’y retrouvent donc. « Le sentiment d’accomplissement est puissant, surtout quand on joue avec un réseau social », témoigne Louis-Philippe Geoffrion.

Si le tout est bien encadré, le jeu vidéo peut s’avérer un très bon élément de motivation à moyen-long terme. De plus, il s’agit d’une passion « inoffensive », dans la mesure où elle n’entraîne pas de complications physiques graves. L’énergie canalisée dans les jeux vidéo est très puissante lorsque utilisée à bon escient.

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  • Ouverture sur le monde par le biais du jeu

Tel que mentionné ci-dessus, les joueurs sont en contact avec des gens de partout. Le jeu vidéo n’a pas de limites géographiques. Il y a donc réellement une possibilité d’ouverture au monde par les rencontres faites en ligne. La maîtrise de l’anglais est d’ailleurs un incontournable et nombreux sont les joueurs qui l’apprennent grâce au jeu en ligne.

L’industrie est internationale, ce qui signifie que quelqu’un voulant y travailler pourrait le faire pratiquement n’importe où. Que ce soit dans les grosses boîtes de production ou dans des tournois mondiaux, les possibilités sont immenses. Gamer ne signifie pas forcément de rester dans son sous-sol.

Les désavantages :

  • Perte de contrôle de la réalité

Il est facile de tomber dans la spirale des jeux vidéo et d’en oublier la réalité. Pour les gros joueurs, ce sont littéralement deux mondes qui évoluent côte à côte. Le cliché du gamer qui en oublie de manger et d’aller aux toilettes n’est pas toujours si éloigné de la réalité.

C’est particulièrement vrai pour les jeux en ligne avec d’autres joueurs, puisque la compétition est féroce. « Ça m’est arrivé de passer tellement de temps dans mon jeu que je déconnecte du monde réel », admet Nathanael Girard, président du club de Esports de l’École de technologie supérieure (ETS). Le retour à la réalité peut être dur dans de tels cas.

  • Création d’une obsession et perte d’équilibre

Si la pratique du jeu vidéo n’est pas du tout encadrée, il y a toujours la possibilité qu’elle devienne malsaine. Comme n’importe quelle obsession, elle prend alors toute la place et détruit l’équilibre nécessaire au bon fonctionnement de l’individu.

Il existe aujourd’hui des centres de désintoxication du jeu vidéo pour réhabiliter ceux qui sont allés trop loin. « Les cas extrêmes demeurent cependant marginaux et la majorité s’en tire très bien », témoigne Nathanael Girard, dont le club supervise également l’hygiène de vie des joueurs.

À lire aussi: Mon ado est accro aux jeux vidéo

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  • Nuisance aux habiletés sociales

Le temps passé en ligne est forcément du temps qui n’est pas consacré aux interactions sociales en personne. Comme les joueurs se bâtissent un réseau sur les jeux, ils éprouveront moins le besoin de fréquenter des amis d’école, par exemple. « Je remarque que je vais avoir moins de réactions corporelles quand je parle à des gens, parce que quand je le fais en ligne, ça n’est pas nécessaire », note Louis-Philippe Geoffrion. Le clavardage en ligne sur les réseaux sociaux peut entraîner le même effet.

Le jeune n’est donc pas seul pour autant, mais le réseau social scolaire sera remplacé par celui en ligne, avec les conséquences que cela entraîne. Pour certains ados, c’est toutefois une issue salvatrice.

  • Perte de motivation scolaire

Plus le jeu vidéo prend de place, moins il en reste pour les devoirs. Il est possible que le jeune délaisse l’école au profit des jeux vidéo. « Quand j’ai commencé à jouer vraiment, mes notes ont chuté de 10%. Mais comme j’avais des très bonnes notes, j’ai continué à bien performer », témoigne Louis-Philippe Geoffrion.

Chaque situation est unique, et parfois l’inverse peut se produire. « Les écoles voient de plus en plus l’intérêt des jeux vidéo pour lutter contre le décrochage », témoigne le directeur de la FQSE, Patrick Pigeon.

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Si la pratique est bien encadrée, le jeu peut devenir un élément clé de motivation scolaire. Il faut toutefois établir des limites claires, et ne pas hésiter à agir si la situation se détériore.

  • Baisse potentielle de l’hygiène de vie

Au même statut que l’école, ce sont toutes les facettes d’une vie équilibrée qui peuvent pâtir d’une passion pour le jeu vidéo. Celui-ci prend parfois tellement de place dans la tête du joueur que tout le reste est négligé, de la douche au repas. Si une telle situation se prolonge, c’est le signe que le jeu vire à l’obsession et qu’il faut agir rapidement pour remettre les pendules à l’heure. C’est à chacun de déterminer les limites de ce qui est acceptable ou non.

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