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Août
Les professeurs sont-ils mal outillés pour contrer l’intimidation?
Les professeurs sont-ils mal outillés pour contrer l’intimidation?

Le sujet ne date pas d’hier. L’intimidation est encore très présente dans les écoles primaires et secondaires. Pourtant, de nombreux professeurs semblent pris au dépourvu quand elle survient. L’éducatrice parentale et auteure Rosalind Wiseman a abordé le sujet dans une puissante conférence TED, en 2012.

Le point de départ de son intervention : une lettre reçue d’une professeure de français, langue seconde, d’une école secondaire américaine. « Je n’ai pas le temps de voir l’intimidation, je suis occupée à enseigner. Et je ne suis pas une psychologue, je ne suis pas formée pour ce genre d’intervention, clame la professeure. Que les parents élèvent les enfants, et nous, on va leur enseigner » (traduction libre).

À la lecture de cette lettre, les réactions de plusieurs enseignants confirment à Rosalind Wiseman que l’avis est assez répandu. « Quand on parle d’intimidation, tout le monde roule des yeux. Les élèves et les profs », observe-t-elle.

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Pourquoi ?

D’où provient de désengagement, ce sentiment d’impuissance ? Du manque de ressources, d’après l’experte. « On a mis en place des règlements pour interdire l’intimidation, mais on n’a jamais mis les ressources pour que ceux-ci se concrétisent. On n’a pas donné aux professeurs les moyens d’agir », considère l’auteure américaine.

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Pour la petite histoire, elle passe alors en revue une journée type d’enseignement. Plusieurs cours, très rapprochés, avec beaucoup d’élèves qui s’intéressent davantage à leur cellulaire qu’à la matière. « C’est difficile. Pendant son cinq minutes de pause, le professeur va se chercher un café. Il croise une bande de jeunes, il n’est pas sûr s’ils niaisent ou si c’est de l’intimidation. » Que fait-il ? Le plus souvent, il se sent désarmé, mal à l’aise. Au mieux, il demande si tout va bien. « La victime n’a pas le choix de répondre que tout va bien. Et ça renforce le sentiment de pouvoir de l’agresseur », explique Rosalind Wiseman.

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Alors, on fait quoi ?

Il n’est peut-être pas faux de dire que ce n’est pas toujours au professeur de gérer les cas d’intimidation. « Le professeur est un pont. S’il sent que la tâche dépasse ses compétences, il peut au moins aider le jeune à trouver la personne qui pourra l’aider », suggère l’experte.

Tout est une question de rapports de pouvoir. Faire tomber l’agresseur de son piédestal. « Dans certains cas extrême, quelqu’un vient accompagner la victime d’un cours à l’autre. C’est plutôt l’agresseur qu’il faut accompagner, contrôler ! Ça envoie le message qu’on est au courant de ce qui se passe et qu’on a la situation en main », exemplifie Mme Wiseman.

Et surtout, il faut que l’école soit un lieu de célébration de tous les types de jeunes. Que les affiches des troupes de théâtre et des clubs d’échec côtoient celles des équipes sportives. « Les enfants sont notre futur. Mais nous sommes leur ici et maintenant », conclut-elle.

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La Fondation Jasmin Roy a produit un guide pour les parents sur l’intimidation. Une ressource fort pertinente à consulter pour mieux comprendre comment agir.

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