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Août
La parole donnée aux enfants
La parole donnée aux enfants

Dans une société en constante mutation, la notion de famille a bien évolué ces dernières années. Elle s’est élargie, au-delà du modèle traditionnel du père, de la mère et de l’enfant. On a souvent parlé de ces nouvelles familles, de leur ressenti et de leur quotidien. Mais qu’en est-il du côté des enfants? C’est à cette question que Claire Ganne a voulu répondre dans son étude.

Depuis les trente dernières années, la notion de parentalité évolue grandement. Catherine Sellenet introduit en 2007 le terme « parentalisme », qui met l’accent sur la responsabilité qui accompagne la parentalité. On privilégie les parents qui prennent en charge les enfants, qui assureront leur avenir, plutôt que le modèle standard du couple marié et stable.

Le modèle familial a considérablement évolué et les enfants sont amenés à vivre des situations de plus en plus variées. Mais comment vivent-ils ces relations construites au fil du temps, hors de la filiation classique?

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Des enfants plus perspicaces qu’on ne le croit

En France, Claire Ganne s’est intéressée au devenir des enfants, dont la mère a été accueillie en centre maternel. Ce sont des centres destinés à fournir une aide matérielle aux futures mères, mais aussi un soutien psychologique et social. Leur situation est souvent précaire, voire chaotique. La chercheuse a constaté que beaucoup avaient moins de 21 ans. Si la majorité arrive à trouver une situation stable à la sortie du centre, une famille sur six n’a toujours pas accès à un logement stable, sept ans après la sortie du centre. Et plus d’un tiers des enfants seront amenés à connaître des mesures de protection de l’enfance.

Familles recomposées, situation monoparentale, familles d’accueil, telles sont les cas sur lesquels Claire Ganne s’est penchée. En discutant avec les enfants, elle a remarqué que leur perception de la famille était bien plus développée que ce qu’on pourrait croire. Par exemple, « papa » peut aussi bien désigner le père biologique que le nouveau compagnon de leur mère. La cellule familiale est le résultat de liens affectifs que l’enfant a développés avec les adultes.

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Cela explique pourquoi certains sont embêtés et se sentent obligés d’expliquer leur situation quand ils sont en famille d’accueil. Ils savent que les personnes avec lesquelles ils vivent ne sont pas leurs parents biologiques, mais les considèrent comme leur famille, leurs « vrais parents ». Ainsi, un enfant sur quatre dans l’étude est plus attaché à sa famille d’accueil qu’à sa famille d’origine.

L’enfantilité, un concept en construction

L’enfantilité, c’est « le fait de se reconnaître comme l’enfant d’un adulte donné » explique Claire Ganne. Dans des situations complexes, on peut tout à fait se considérer comme l’enfant de plusieurs personnes, en dehors des barrières génétiques. L’enfant n’est ainsi pas un acteur passif. Il peut décider quelles personnes font partie de sa constellation familiale et par exemple, de qui il souhaite porter le nom. Cela ne veut pas dire qu’il tire un trait définitif sur sa filiation biologique, mais elle ne constitue plus forcément le maillon dominant de sa famille.

Tout comme il y a plusieurs dimensions à la parentalité, l’enfantilité peut s’exprimer par différents aspects. La chercheuse invite ainsi à s’intéresser aux mutations des modèles familiaux du point de vue des enfants, encore trop peu considérés à son avis.

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