05
Oct
Les roches de la gentillesse
Les roches de la gentillesse

Un jeu de chasse aux roches, inspiré d’une initiative américaine, gagne en popularité au Québec. Depuis quelques mois, des groupes Facebook ont vu le jour et encouragent petits et grands à donner au suivant.

Le concept est simple : les participants sont invités à décorer des roches, à les cacher dans des lieux publics, puis à publier une photo de l’emplacement sur le groupe Facebook en guise d’indice pour éclairer les chasseurs.

Cacher au suivant : de Cape Cod à Longueuil

Cette chasse au trésor inusitée a pris naissance sur la côte Est américaine au printemps 2015. Inspirée par une révélation intérieure, Megan Murphy, résidante de la région de Cape Cod, dépose sur une plage cinq galets décorés de messages d’amour, d’espoir et d’encouragement. Les pensées inscrites sur ces fragments de pierre trouveront écho chez les personnes ayant découvert ces roches, convainquant la créatrice à poursuivre sur sa lancée. En compagnie de ses enfants, la femme de 49 ans entreprend de peindre et de disperser par dizaines ces roches de la gentillesse, donnant naissance à The Kindness Rocks Project. Avec des messages comme « Tu vaux de l’or », « Rêve en grand » ou « Fais confiance à la vie », le projet vise à donner espoir et à offrir un baume sur le cœur des gens qui trouvent une roche sur leur chemin. Une mission qui a fait ricochet d’un bout à l’autre des États-Unis et qui séduit tranquillement les Québécois.

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Interpelée par le concept, Dominik Bazinet fait voyager les roches de la gentillesse jusqu’à Longueuil. « Je trouvais l’idée trop géniale de faire un geste gratuit pour mettre de la joie dans la journée d’autres personnes qui en auraient besoin », affirme cette mère de quatre enfants et deux fois grand-maman. En avril dernier, alors sans emploi, elle fondait ce qui serait le premier groupe Facebook du genre au Québec, « 514 Cool Rocks! (Longueuil) », qui compte à ce jour plus de 600 membres.

La peintre amatrice s’amuse à dessiner sur des cailloux et à les dissimuler à divers endroits dans la ville. Une roche ornée d’un cœur déposée dans un arrêt d’autobus fait la journée d’une passagère, qui avait bien besoin d’un petit remontant. Un petit monstre de pierre déposé au pied d’un arbre fait rigoler un bambin au parc. Un caillou déguisé en coccinelle amuse un piéton préoccupé par ses pensées au retour du travail.

Selon le concept original, les roches arborent des messages de paix et d’amour. Or, les cailloux dispersés sur la Rive-Sud de Montréal sont plutôt décorés de personnages cool, d’animaux rigolos ou d’images inspirantes. « On veut rejoindre tout le monde, tout-petits y compris », justifie l’instigatrice.

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Bienfaisante chasse aux « pokéroches »

Si ce mouvement n’est pas sans rappeler le phénomène mondial Pokémon Go, la chasse aux « pokéroches » a une portée beaucoup plus édifiante que le populaire jeu vidéo mobile. De nombreux bienfaits, notamment chez les jeunes, découlent de ce passe-temps altruiste, fait remarquer la fondatrice du groupe longueuillois. Décorer, cacher, puis chercher : le jeu multiplie les moments en famille et stimule la créativité. Qui plus est, cette chasse aux colorés minéraux éloigne les jeunes des écrans et les rapproche de la nature. Les enfants apprennent aussi à poser des gestes de gentillesse tout en s’amusant. Les adultes qui entrent dans le jeu y retrouvent quant à eux leur cœur d’enfant. « Je me sens comme une petite fille! », se réjouissait une participante à la suite de sa découverte.

Sans compter que cette tendance tisse des liens au sein de la communauté sans égard à l’âge des participants. Et ces liens vont au-delà du groupe Facebook. Le réseau social sert d’un côté, à organiser les chasses et, de l’autre, à partager les trouvailles. Mais il invite surtout à sortir du monde virtuel pour semer la joie dans sa communauté.

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D’ailleurs, le 23 septembre dernier, à l’initiative de Dominik Bazinet, plusieurs familles se sont réunies au parc Michel-Chartrand à Longueuil pour décorer des cailloux à cacher. Une seconde édition de Peint-o-parc aura lieu plus tard cet automne.

Récemment invitée à animer une séance de peinture de roches dans la classe de son fils, Dominik Bazinet se réjouit de l’engouement pour ce jeu bienveillant. Depuis le printemps, d’autres lui ont emboité le pas, en Montérégie et en Estrie notamment. On recense aussi des joueurs au Nouveau-Brunswick, où le projet fait fureur dans la péninsule acadienne. Lancé à la fin du mois de juin, le groupe Facebook « Roches Cool PA » regroupe aujourd’hui près de 10 000 membres!

Ailleurs dans le monde, les roches de la gentillesse auraient fait ricochet dans une vingtaine de pays selon la carte interactive sur le site de The Kindness Rocks Project.

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