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Nov
Encadrer l’usage des écrans à la maison
Encadrer l’usage des écrans à la maison

YouTube, Facebook, téléphone, tablette… La gestion du temps d’écran et des contenus consultés fait désormais partie des enjeux de la parentalité connectée. En France, un guide pratique aide les parents à baliser l’usage des technologies numériques à la maison.

Conçu par le Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (CLEMI), le guide La famille Tout-Écran rassemble des ressources et des conseils d’experts sur l’utilisation des écrans en famille.

De nos jours, les enfants naissent et grandissent avec ces technologies. Toutefois, ils ne développement pas automatiquement un sens critique à l’égard de l’usage à en faire.

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Ponctué de mises en situation et de témoignages de parents, le document donne quelques leçons sur la gestion du temps d’écran, la désinformation et les bons réflexes à adopter sur les réseaux sociaux, notamment.

Une charte de confiance de la famille Tout-Écran propose d’ailleurs 10 règles d’or à suivre sur les réseaux sociaux. Un glossaire des mots utilisés dans le monde du numérique aide également les parents plutôt déconnectés à s’y retrouver.

Au Québec, on a trouvé un guide similaire, quoique plus succinct : Être parent version numérique. Ce document a été produit par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

À lire aussi : Les jeunes face au numérique

Exposition aux images non désirées

Le guide français indique aussi aux parents comment protéger leurs enfants des images violentes. Les auteurs de La famille Tout-Écran ont conçu une « trousse de secours en cas d’accident d’images ».

On dénombre de plus en plus de ces « accidents » sur le Web, comme en témoigne un reportage du New York Times. Des vidéos au contenu inapproprié s’infiltrent dans la chaîne YouTube Kids. Ces vidéos montrent des personnages populaires auprès des enfants dans des situations violentes, sanglantes, effrayantes ou indécentes. Ces scènes sont souvent traumatisantes pour les jeunes. Ces « accidents » se produisent parfois par erreur, parfois parce que des personnes mal intentionnées ont trouvé le moyen de déjouer les algorithmes de YouTube Kids.

La plateforme Tabloïd, de Québecor, dévoilait un stratagème québécois pour générer de gros profits avec des vidéos pour enfants sur YouTube. Inoffensives, ces vidéos récoltent toutefoi­s une grande attention des enfants, car elles mettent en vedette des personnages populaires auprès de ce public.

Commentaires indésirables adressés aux enfants

La BBC rapportait également une faille dans les contenus pour enfants sur YouTube. Depuis plus d’un an, des commentaires sexuels et inappropriés qui se retrouvent sous les contenus YouTube pour enfants ne peuvent être signalés.

Écrans : petits et grands dépendants

Des outils comme le guide La famille Tout-Écran ont leur raison d’être, comme le démontre le reportage Addicted To Your Phone? de l’émission anglophone Marketplace diffusée le 3 novembre sur les ondes de CBC.

L’équipe a fait incursion dans le quotidien d’une famille ontarienne. Pendant deux mois, une application installée sur les téléphones et tablettes de chacun des membres a quantifié le temps d’écran quotidien. À noter que l’expérience a été réalisée durant la pause scolaire estivale.

Selon les données recueillies, les parents passaient un cinquième de leur journée sur leur téléphone. L’adolescente consacrait jusqu’à 30% de sa journée sur son téléphone, le plus souvent sur l’application SnapChat. Le garçon de 8 ans, quant à lui, se divertissait plus de 9 heures par jour sur sa tablette.

Or, de nombreuses études démontrent risques de la surexposition des jeunes enfants aux écrans : sédentarité, obésité, trouble du sommeil, développement cognitif affecté. Selon les plus récentes recommandations (juin 2017) de la Société canadienne de pédiatrie, on devrait bannir le temps d’écrans chez les enfants de moins de 2 ans et le limiter à une heure par jour pour les jeunes de 3 à 5 ans.


Pour aller plus loin:

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