02
Fév
De quoi les familles ont-elles besoin?
De quoi les familles ont-elles besoin?

Les familles ont besoin d’être mieux épaulées. Un meilleur soutien qui commence par des mesures concrètes et des services disponibles au moment où les familles en ont besoin. C’est ce qu’affirment des intervenants dans le milieu de la famille.

Un premier Sommet de la famille au Québec aura lieu en mai prochain. Organisé par le Réseau pour un Québec Famille, cet événement réunira plus de 500 intervenants et organismes qui travaillent auprès des familles.

Présent au dévoilement de l’événement, Planète F s’est entretenu avec Louis Sénécal, directeur de l’Association québécoise des centres de la petite enfance, Marie Rhéaume, directrice générale du Réseau pour un Québec Famille et Martin Damphousse, maire de Varennes et président du Carrefour d’action municipal famille (CAMF). Voici ce qu’ils avaient à dire à propos des besoins des familles.

- partenaire -

Louis Sénécal, directeur de l’Association québécoise des centres de la petite enfance

Planète F : Selon vous, pourquoi un sommet de la famille est-il important?

Louis Sénécal : Les enjeux auxquels les familles sont confrontées sont multiples et nécessitent une réflexion plus large. Toutefois, il faut s’assurer que les mesures envisagées soient ancrées dans des réalités concrètes et réalisables. Pour arriver à mettre en pratique ces engagements, il est nécessaire que les personnes concernées, les intervenants et les spécialistes qui travaillent avec les enfants présentant des défis d’apprentissages ou des besoins particuliers communiquent efficacement ensemble. Ce relais d’information et l’encadrement soutiendront davantage les familles au quotidien. Donc, le Sommet de la Famille permettra aux personnes concernées de communiquer mutuellement. De plus, je pense que soit une belle vitrine où les familles puissent prendre le temps d’exprimer leurs soucis et leurs besoins.

Planète F : En période préélectorale, comment s’assurer que les mesures proposées par les partis politiques ne soient pas que des promesses qui servent à séduire l’électorat?

Louis Sénécal : Effectivement, je peux comprendre l’inquiétude des familles face aux pourparlers des partis politiques durant la période d’élections. D’ailleurs, au Québec, dans tous les partis politiques, on en arrive très vite à des solutions, mais ce n’est pas toujours les plus rapides qui sont les meilleures. Par exemple, la politique familiale actuelle avait été réfléchie assez longtemps pour arriver éventuellement à un sommet et présenter aux parents un ensemble de mesures. Aujourd’hui, vingt ans plus tard, on constate que la qualité des services n’est pas toujours au rendez-vous. Par exemple, bien que des places soient disponibles dans les endroits éducatifs, les services offerts ne sont pas toujours adéquats.

Ensuite, les familles ont changé. Elles n’ont plus les mêmes besoins qu’il y a 20 ans. Par exemple, on constate que beaucoup de parents occupent un emploi à temps partiel, de soir ou de fin de semaine. Des services de garde adaptés sont nécessaires pour combler ces nouveaux besoins. Aujourd’hui, ce genre de situation est plus fréquent et démontre que les familles font face à de nouvelles réalités.

Planète F : Il semble que pour diverses raisons, dont le manque de ressources, les coupes budgétaires, le manque de spécialistes, les délais d’attente sur le terrain, les parents se butent souvent à des portes closes et demeurent sans réponse et sans aide. Comment prévoyez-vous que les services puissent répondre aux besoins de la population dans l’immédiat?

Louis Sénécal : Donc, les gens qui ont besoin de services sont confrontés à un manque quelconque très régulièrement. Par exemple, les enfants aux besoins particuliers représentent l’un des enjeux fondamentaux. Si un diagnostic est sonné par une éducatrice en CPE, mais que l’enfant n’est pas pris en charge ou tarde à l’être ou en raison de l’absence d’intervenants disponibles pour le soutenir, il risque d’accumuler un grand retard qui pourrait le rendre plus vulnérable à l’école et dans son milieu de vie.

Par contre, il y a des succès. Notamment la Stratégie 0-8 ans du gouvernement actuel est prometteuse, car justement, on tente de briser les silos entre les différents ministères.

À lire aussi : Des soins pour la parole et la lecture


Marie Rhéaume, directrice générale du Réseau pour un Québec Famille

Planète F : Quelles sont les préoccupations auxquelles les familles font face?

Marie Rhéaume : Les familles sont souvent prises au dépourvu devant l’ampleur des responsabilités qu’elles doivent affronter au quotidien. Je peux vous confirmer que j’entends presque chaque jour des témoignages de parents qui sont à bout de souffle devant la charge de travail et leurs responsabilités familiales. Qu’il s’agisse de difficultés à s’orienter, à trouver des réponses, à trouver des ressources, pour eux-mêmes ou les enfants. À travers tout ça, les parents s’occupent des enfants, des repas, de la maison, du ménage et font tout ce qu’il y a à faire pour que la famille fonctionne et que les enfants aillent bien à l’école.

Les familles ont des responsabilités très lourdes.  On constate trop fréquemment le manque de ressources disponibles pour les soutenir. Les délais sont parfois très longs. De plus, les gens nous disent avoir besoin de services pour leurs enfants, mais ne pas être en mesure de payer pour ces services. On constate la situation économique précaire des familles et, souvent, elles ne sont pas loin du point de rupture.

Planète F : Selon les témoignages que vous entendez de la part des parents, quels sont les besoins immédiats avec lesquels ils souhaiteraient avoir de l’aide?

Marie Rhéaume : En somme, il y a des besoins de cohérence, des besoins de services bien adaptés et des suivis pour répondre aux besoins dès le moment où les problèmes se posent. Des meilleurs systèmes de références et d’informations pour être capable de trouver les ressources au moment où on en a besoin.  Le réflexe de bien des familles est de prendre tout le poids sur leurs épaules. Comme société, on devrait avoir le souci d’offrir les services au moment où les besoins se font sentir.

À lire aussi : Parents à besoins particuliers cherchent écoute


 

Martin Damphousse, maire de Varennes et président du Carrefour d’action municipal famille (CAMF)

Planète F : Pourquoi est-il important de permettre aux familles de prendre part à un événement qui les concerne directement?

Martin Damphousse : En fait, la population en demande de plus en plus aux municipalités. Que ce soit pour les enfants, pour la famille, pour les tout-petits ou la création de milieux de vie et l’instauration de saines habitudes, ce sont des exigences qu’on ne voyait pas de la population il y a 20 ans. Pour répondre à ces demandes, ça prend un coup de main du palier de gouvernement supérieur. Au lieu de nous amener que des factures, ils doivent nous offrir des solutions.

Avec l’élection provinciale qui s’en vient, les premiers engagements des trois partis, clairs et fermes, touchent la famille. Ce sont de bonnes nouvelles pour le milieu municipal qui est le gouvernement de proximité vis-à-vis de la population. Donc, un sommet pour les familles est un bon moyen pour elles de ressentir qu’on est là et qu’on les écoute.

Planète F : Concrètement, de quoi les familles ont-elles besoin en 2018?

Martin Damphousse : Du point de vue d’un maire, il est clair qu’elles ont besoin de milieux de vie sains, sécuritaires, qui favorisent de saines habitudes de vie.  Malheureusement, nos jeunes, avec les écrans qui prennent beaucoup de place dans leurs vies, deviennent un peu trop statiques. Il faut leur permettre de bouger, et prendre part à des événements intéressants.

Il faut que les milieux de vie soient accueillants et stimulants pour eux. Alors, concrètement, on parle de parcs, de modules de jeux, d’activités, de bootcamp, de toutes sortes de choses comme celles-là.

À Varennes, on a la chance d’avoir de grands parcs. Si les enfants sont heureux, les parents sont très contents et les grands-parents sont fous de joie. Ils peuvent accompagner leurs petits-enfants dans leurs activités. Donc, l’épanouissement se retrouve dans plein d’environnements comme ceux-là.


Vous aimez cet article? Abonnez-vous pour avoir accès à tous nos dossiers et reportages!


 

Également sur Planète F
Lancement de la Semaine québécoise des familles La voix des parents est entendue lors de la Semaine québécoise des familles. Avant les colloques inversés qui se tiennent mardi et mercredi, le lancem...
Petite enfance : 31 partenaires adhèrent à une déclaration commune 
Plus d’une trentaine d’organisations de la société civile ont convenu d’une déclaration commune en matière d’éducation à la petite enfance. L’Assoc...
Lettre ouverte – Réaction à la classe poubelle Cette lettre est écrite par Geneviève Beauséjour, Membre de la Coalition de parents d'enfants à besoins particuliers. À la lecture de l'article intit...
Des enjeux de taille au Sommet sur l’éducation à la petite enfance À l'occasion des 20 ans de politique familiale, le sommet sur l'éducation à la petite enfance a réuni près de 500 personnes au Palais des Congrès de M...
Sommet de la famille : pour mieux soutenir les familles Le premier Sommet de la famille « Pour un véritable Québec Famille » se tiendra les 14 et 15 mai prochains à St-Hyacinthe, à l’occasion de la Semaine ...
Le parent au centre de l’expérience C'est une première que le Réseau pour un Québec Famille se mouille dans un mémoire, une prise de position pour les parents. Déposé aujourd'hui à la Co...

Commentaires

Laisser un commentaire