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Fév
Mon parent est atteint d’une maladie mentale
Mon parent est atteint d’une maladie mentale

Les enfants dont le parent souffre de troubles psychologiques subissent de multiples impacts psychologiques et parfois physiques. À Trois-Rivières, l’organisme communautaire Anna et la mer accompagne les enfants de 7 à 17 ans ayant un proche atteint de maladie mentale.

Là-bas, les enfants sont libres d’exprimer leur peine, leurs inquiétudes, leur colère ou leur angoisse tout en créant des liens de confiance avec des adultes significatifs.

Un endroit réconfortant

Dès leur première visite dans la maison d’Anna, aux couleurs paisibles et aménagée pour recréer une ambiance sécuritaire, les enfants participent au jeu « journaliste d’un jour ». Ce jeu-questionnaire permet aux enfants d’identifier leurs centres d’intérêt :  activités, musique, films, passe-temps, etc. Ensuite, ils sont invités à partager leur questionnaire avec un autre enfant. À tour de rôle, ils se servent d’un micro pour présenter leur nouvel ami devant le groupe.

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« Bien souvent, les parents malades sont dépassés et ils sont incapables de cibler les forces chez leurs enfants. Cette activité incite les enfants à créer des liens, à clarifier le regard qu’ils ont d’eux-mêmes et à se forger une image positive », affirme la fondatrice de l’organisme, Rebecca Heinish. Cette dernière est aussi l’auteure du livre Anna et la mer, qui aide les enfants à comprendre la complexité de la maladie mentale.

Différents programmes sont adaptés aux besoins spécifiques de chaque groupe d’enfants et d’adolescents. Ils visent à aider les jeunes à sortir de leur isolement et à démystifier la maladie de leur parent, en plus de répondre à leur questionnements : « Si ma mère à une maladie mentale, est-ce que ça veut dire que moi aussi je suis malade? », « Si je range ma chambre et j’ai des bonnes notes à l’école, est-ce que mon père va être plus de bonne humeur? ».

Différents outils d’interventions sont employés afin d’aider les enfants à vulgariser la maladie mentale. L’image rigolote d’un cerveau malade qui a le rhume est très révélatrice pour familiariser les plus jeunes avec la maladie mentale. « Elle fait beaucoup réagir. Les enfants comprennent bien ce qu’elle représente et ils sont à l’aise de poser des questions », affirme Rebecca Heinish.

« La roue colorée des sentiments » est un autre moyen mis de l’avant qui facilite la reconnaissance et l’interprétation des émotions.


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Rapidité d’intervention cruciale

Mme Heinish rappelle qu’une intervention précoce auprès des enfants peut favoriser un meilleur développement. « Les impacts psychologiques sur les enfants peuvent s’aggraver s’ils demeurent dans une situation où l’état mental d’un parent ne lui permet pas de répondre adéquatement aux besoins familiaux. D’où la rapidité d’intervention nécessaire et l’urgence d’agir pour permettre de traiter les distorsions cognitives. Ces enfants éprouvent une loyauté féroce envers leur parent, mais la présence de sentiments ambivalents sème le doute. Le danger qui guette un enfant jouant le rôle d’un parent est qu’il n’est pas outillé pour entreprendre ce type de responsabilités. Une fillette de 5 ans qui doit rappeler à sa mère de prendre ses médicaments est une lourde tâche mentale. »

Julie Lefebvre, professeure au département de psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières et chercheuse au Centre d’études interdisciplinaires sur le développement de l’enfant et la famille (CEIDEF), travaille en collaboration avec Rebecca Heinish. Elle fait état des impacts multiples sur le rapport à soi chez les enfants. « On remarque chez les enfants des carences en ce qui concerne le respect de soi-même qui amènent des besoins exagérés de l’approbation des autres et un besoin excessif de contrôle de l’environnement pour pallier cette insécurité », note la psychologue.

Julie Lefebvre rappelle que les éléments observés dans le milieu permettent d’accumuler des données qui puissent faire progresser la recherche. Toutefois, elle croit qu’au Québec les services offerts à ces enfants pourraient être améliorés et plus nombreux. D’ailleurs, selon la chercheure, au Canada, 20 % des personnes sont atteintes d’une maladie mentale et 80 % des individus côtoieraient l’une d’entre elles.


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