06
Fév
Pourquoi protéger l’identité numérique des jeunes?
Pourquoi protéger l’identité numérique des jeunes?

Une tournée de sensibilisation à la protection des renseignements personnels et de la vie privée est en cours dans les écoles secondaires du Québec.

Intitulée « Ce que tu publies, penses-y », la tournée incite les jeunes internautes à adopter un comportement responsable et sécuritaire sur le Web et les médias sociaux.

Qu’est-ce qu’un renseignement personnel? Quelles sont les conséquences de laisser trop de traces sur internet? Comment préserver son identité? « On leur donne un coffre à outils pour comprendre les enjeux relatifs à la vie privée sur internet », affirme Isabelle Gosselin, conseillère en communication à la Commission d’accès à l’information du Québec.

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Vie privée numérique des ados

Vol d’identité, sextage, géolocalisation et paramètres de confidentialité font partie des notions abordées lors de ces conférences interactives. Sans oublier la réputation sur le Web. « On explique aussi aux jeunes que si aujourd’hui ils ne voient pas d’inconvénient à publier une photo d’eux-mêmes dans une drôle de situation, cela pourrait leur nuire dans quelques années, notamment en recherche d’emploi », ajoute Mme Gosselin. En effet, un employeur pourrait faire des recherches sur Internet à leur sujet et tomber sur ces photos…


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Les sextos et le partage non consensuel d’images séduisantes ou nues est un phénomène bien présent. Selon un sondage national réalisé par HabiloMédia et la Faculté de travail social Factor-Inwentash de l’Université de Toronto auprès de 800 jeunes âgés de 16 à 20 ans, 41 % des jeunes avaient envoyé un ou plusieurs sextos. Parallèlement, 30 % des jeunes avaient partagé un sexto, soit en le montrant à d’autres en personne, en l’envoyant par voie électronique ou en le publiant sur un forum public.

Bien que certains jeunes se disent « invincibles » face aux enjeux de vie privée sur le Web, d’autres n’hésitent pas à partager des situations qu’eux ou que leurs proches ont vécu, constate Isabelle Gosselin.

« Nous avons reçu des témoignages d’usurpation d’identité, d’arnaques et de cyberintimidation. » – Isabelle Gosselin

Initiée en 2016 par la ministre responsable de l’Accès à l’information et de la Réforme des institutions démocratiques, Rita Santis, la tournée a été relayée cet automne à la Commission d’accès à l’information du Québec. L’organisme gouvernemental bénéficie d’une enveloppe de 100 000 $ pour cette campagne de sensibilisation, qui se poursuit jusqu’à la fin de l’année scolaire. Puisque les écoles en redemandent, la tournée reprendra sa route à la rentrée de 2018.

À ce jour, plus de 14 000 élèves dans près de 70 écoles partout au Québec ont été sensibilisés aux enjeux de la vie privée sur le Web.


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Les données personnelles des élèves sont-elles protégées?

Cette tournée est d’autant plus importante maintenant que les outils numériques sont de plus en plus utilisés en classe à des fins éducatives. Exercices en ligne, applications éducatives, blogues… les renseignements personnels de nos écoliers sont-ils bien protégés?

Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada en collaboration avec celui de l’Ontario a examiné 27 applications éducatives en ligne utilisées dans les classes, de la maternelle jusqu’à la cinquième secondaire.

Transparence des politiques de confidentialité, consentement, collecte et divulgation des renseignements personnels et suppression de ces renseignements : voilà les aspects observés pour mieux comprendre comment les services en ligne qu’utilisent les écoles au Canada traitent les renseignements personnels.

Les résultats, tantôt encourageants, parfois inquiétants, démontrent que parents et enseignants doivent rester vigilants, notamment en ce qui concerne la suppression des renseignements personnels et l’obtention du consentement de l’élève ou du parent.


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Littératie numérique à l’école

Au Canada, les futurs enseignants recevront dorénavant une formation en littératie numérique offerte par HabiloMedia dans le cadre du programme CodeCan du gouvernement fédéral. Au terme de la formation, les enseignants seront en mesure d’enseigner aux élèves les bonnes pratiques sur le Web concernant l’authentification des renseignements, la gestion de la vie privée, la cyberintimidation et la sécurité en ligne.


Faits saillants sur la protection des données des écoliers

Informations sur la protection de la vie privée

78 % des applications affichaient du contenu sur la protection de la vie privée facilement accessible au moment de l’inscription, comme le type de renseignements personnels recueillis et si ces derniers seraient ou non divulgués à des tiers.

Consentement

Plus du tiers des services examinés s’appuyaient sur le consentement des enseignants et ne cherchaient pas à obtenir le consentement des élèves ni des parents. Au Québec, le parent ou tuteur doit fournir son consentement si un enfant est âgé de moins de 13 ans. Si l’enfant est plus vieux, le processus d’obtention du consentement doit être adapté à son niveau de maturité, notamment en utilisant un langage qu’il comprend.

Collecte d’information

Les services qui ciblaient les élèves plus jeunes exigeaient en général que les enseignants créent un compte pour eux. De nombreux services encourageaient les enseignants à ne pas fournir le nom complet des élèves. Par exemple, certains services exigeaient seulement que l’enseignant entre le nom d’utilisateur et le mot de passe de l’élève, sans demander d’autres renseignements personnels. Par ailleurs, un bon nombre de services décourageaient les élèves d’utiliser leur vrai nom ou leur nom complet.

Quelques applications encourageaient toutefois les élèves à fournir plus de renseignements personnels que nécessaire en échange de l’accès au service.

Des services offrent aux enseignants et parents des contrôles, en leur permettant de superviser ou de configurer des limites selon l’âge de l’enfant quant à la communication de renseignements personnels d’élèves entre pairs et avec le public ou d’autres personnes.

Suppression des renseignements

Plus du tiers des services n’avaient pas en place des mécanismes permettant aux parents et aux enfants de supprimer les renseignements personnels de ces derniers. Dans certains cas, il était impossible de trouver un moyen permettant aux enseignants de supprimer d’un service les renseignements personnels d’un élève.

Moins de la moitié des services examinés fournissaient de l’information facilement accessible sur leurs pratiques de conservation des renseignements pour les comptes inactifs.

Source : Commissariat à la protection de la vie privée du Canada


Ressources pour la sécurité numérique des enfants

Depuis 2004, le 6 février est la Journée annuelle mondiale pour un Internet plus sûr. Cette journée vise à sensibiliser la population à l’adoption de comportements responsables et sécuritaires sur le Web.

Parentscybersavertis.ca, une plateforme pour aider les parents à comprendre la vie numérique de leurs enfants

HabiloMédias, centre canadien d’éducation aux médias et de littératie numérique

Cyberaide, centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet

TELUS AVERTI, programme éducatif gratuit qui traite de l’utilisation sécuritaire d’Internet et des téléphones intelligents

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