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Mai
Crédit : Mathilde Cinq-Mars Illustration
Il était une fois une maison d’édition jeunesse et féministe
Il était une fois une maison d’édition jeunesse et féministe

Personnages non stéréotypés, quêtes narratives non genrées, juste représentation de la diversité … La maison d’édition Dent-de-Lion entend insuffler une pensée féministe dans le monde de la littérature jeunesse.

Raconter de belles histoires, sans clichés : tel est l’objectif de la maison d’édition jeunesse Dent de Lion.  Pour Stéphanie Barahona et Rachel Arsenault, ses fondatrices, le projet est né d’un constat : « En se baladant au Salon du livre, on s’est aperçues du manque de diversité». Ce manque d’outils et de ressources pour les familles et les professionnels de l’enfance les ont menées à créer leur propre maison d’édition jeunesse. Cette dernière devient «un joueur de plus» parmi les initiatives déjà présentes au Québec, souligne le duo à la tête du projet.

Mettant en vedette des personnages présentant la diversité culturelle ou issus de la communauté LGBT, les histoires apporteront de nouveaux modèles aux enfants dans une logique de normalisation des différences. «On ne voulait plus que ces personnages apparaissent que dans le cadre de livres sur les discriminations, mais les considérer à part entière», explique Stéphanie Barahona.

- partenaire -

« Il s’agit de donner des ressources et des outils, par exemple pour les enfants trans qui manquent de représentations dans la société. De même, si on a de plus en plus de personnages féminins différents de la princesse, il y a peu de personnages masculins qui dérogent à des logiques de masculinité. »
– Stéphanie Barahona, cofondatrice de Dent-de-Lion 

Dent-de-Lion fait la promesse d’histoires de qualité, diversifiées, et venant d’auteur.e.s issus de la diversité. Selon la cofondatrice, «les programmes scolaires et institutionnels sont longs à changer en matière de stéréotypes et de diversité. La littérature et l’art prennent moins de temps et s’exportent bien !»


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Campagne de sociofinancement

La maison d’édition s’est basée sur une campagne de sociofinancement pour lancer son premier livre, Derrière les yeux de Billy, écrit par Vincent Bolduc et illustré par Chloé Germain-Thérien, qui devrait paraître à l’automne 2018.  «C’est un livre qui parle de l’anxiété, de la perte, dans les yeux d’une petite fille. Vincent et Chloé ont vraiment enrichi le travail l’un de l’autre, tant en ce qui concerne l’histoire que les illustrations. C’est un livre qui s’adresse à tous les enfants», affirme Stéphanie Barahona.

Avec un objectif de 7000 dollars, la campagne a atteint 50 % en 24h et a franchi les 100 % le 10 mai dernier, soit un mois avant la fin de la campagne. «Ce budget nous permet d’achever le premier livre, de l’imprimer, et de pouvoir lancer d’autres projets avec d’autres  auteur.e.s et illustrateur.trice.s.» De plus, les livres seront entièrement produits au Canada, et dans l’objectif d’être diffusés partout au Québec.

Si Dent-de-Lion se limitera à l’édition de livres, plusieurs autres projets sont à venir dans le cadre du sociofinancement : des lectures de contes par des drag queen dans les bibliothèques, des ateliers bricolages en famille…  « On aimerait bien développer des collections documentaires et pourquoi pas des nouvelles ou des romans pour adolescent.e.s… », soutient Stéphanie Barahona.

La campagne Ulule  se poursuit jusqu’au 11 juin.


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