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Conciliation famille-travail : et s’il suffisait de demander?
Conciliation famille-travail : et s’il suffisait de demander?

La conciliation famille-travail s’impose de plus en plus comme une priorité dans la société québécoise. Les jeunes travailleurs exigent un meilleur équilibre de vie. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, les employeurs sont largement favorables à accorder plus de flexibilité à leurs employés qui ont des responsabilités familiales, mais sont à la recherche de balises pour se doter des meilleures pratiques.

Une étude exploratoire réalisée conjointement par le ministère de la Famille et le Secrétariat au travail, publiée en juillet dernier, amène un éclairage nouveau sur les pratiques d’affaires des employeurs en matière de conciliation famille-travail. Si l’on se fie aux données de cette étude, dans le cadre de laquelle près de 8 000 entreprises ont été sondées, le fait d’accorder des mesures favorisant la conciliation famille-travail aux employés relèverait beaucoup plus de la norme que de l’exception.

En fait, pas moins de 90 % des employeurs sondés ont affirmé offrir de telles mesures. Parmi les plus répandues, on dénote la flexibilité des horaires (70 %), le choix des vacances (59 %) et la possibilité d’accumuler du temps (41 %). Toujours selon l’étude, les entreprises qui procèdent à une évaluation des besoins de leur personnel en matière de conciliation famille-travail (57 % d’entre elles le font) offrent en général une plus grande variété de mesures.

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La meilleure nouvelle de cette étude, c’est que la quasi-totalité (89 %) des employeurs qui ont implanté des mesures de conciliation famille-travail dit avoir constaté des effets positifs, particulièrement sur la satisfaction et la motivation des employés et sur l’attraction et la rétention des travailleurs. Bref, une situation gagnant-gagnant dans la très grande majorité de cas.


Certains bémols

Tout n’est pas rose pour autant. Certains secteurs, comme celui de la construction, accusent un retard. Idem pour les milieux qui emploient des travailleurs majoritairement masculins. Mais l’étude démontre clairement que pour la grande majorité des employeurs, la conciliation famille-travail fait dorénavant partie des incontournables et qu’il est possible de faire évoluer les pratiques de manière satisfaisante à la fois pour les employeurs et les employés.

Par contre, là où il reste passablement de chemin à faire, c’est dans l’adoption de pratiques formelles, car pour 51 % des entreprises interrogées, les mesures offertes relèvent de pratiques de gestion informelles. En d’autres termes, la moitié des entreprises se montrent flexibles… à condition que l’employé le demande. Cette flexibilité repose donc encore trop souvent sur le bon vouloir des patrons et sur du cas par cas. La pression reste entièrement sur les employés. Combien s’abstiennent de réclamer par crainte d’être jugés par leur supérieur ou par leurs pairs?

Sondage : le point de vue des travailleurs

Il sera important de mieux documenter la perspective des travailleurs sur ces questions. Demandent-ils des accommodements à leur travail ? Et s’ils ne le font pas, quelles en sont les raisons? Sur ces questions, le Réseau pour un Québec Famille, en collaboration avec Avenir d’enfants et l’Observatoire des tout-petits et la Fondation Chagnon, a formé un comité et mandaté une firme de recherche pour examiner la perspective des travailleurs. Les résultats de cette étude devraient être diffusés à l’hiver 2018.

Le nouveau ministre de la Famille, Luc Fortin, lui-même père de quatre enfants, a clairement indiqué que la conciliation famille-travail-études était sa priorité. Le plus grand défi des familles, c’est la question du temps, a-t-il affirmé. Le Québec inc. semble tout à fait disposé à suivre la parade. Souhaitons que l’on parvienne à se doter de balises claires pour favoriser l’adoption des meilleures pratiques par les entreprises et réduire la pression sur les familles.

Pour en savoir plus : quebecfamille.org

Par Raymond Villeneuve et Marie Rhéaume
Respectivement président et directrice générale du Réseau pour un Québec Famille

Ce texte est commandité par le Réseau pour un Québec Famille.

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