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Mai
Photo : AdobeStock
Pour offrir de meilleurs services éducatifs à la petite enfance
Pour offrir de meilleurs services éducatifs à la petite enfance

Gustave a changé de garderie trois fois depuis son anniversaire en avril dernier. Âgé de cinq ans, il entrera à la grande école l’an prochain. Si le petit garçon aux yeux bruns est heureux et en santé, les services de garde à la petite enfance qu’il a fréquentés auraient pu lui offrir plus…

L’obligation du choix de vacances en simultané avec le milieu familial, le manque de stabilité avec le personnel en installation privée, la hausse des ratios enfants-éducatrices et la qualité des repas sont toutes des raisons pour lesquelles Gustave a vu son environnement de garde changer en quatre ans.

Des services éducatifs de faible qualité

Ce que vit la famille de Gustave n’est pas unique. De nombreux tout-petits n’ont pas accès à des services de garde de qualité uniformes. C’est ce que révèle le rapport Petite enfance : la qualité des services éducatifs au Québec de l’Observatoire des tout-petits. Le rapport fait état de la qualité de tous les milieux de garde éducatifs ainsi que des maternelles 4 ans et met en lumière des pistes d’amélioration.

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Pour rédiger son rapport, l’Observatoire des tout-petits s’est basé sur plusieurs études : les études Grandir en qualité réalisées dans les services de garde éducatifs à la petite enfance en 2003 et en 2014 par l’Institut de la statistique du Québec, et deux autres se penchant sur les classes de maternelles 4 ans par l’Université du Québec en Outaouais (2012-2016) et par l’Université du Québec à Montréal (2015).

Ce dossier nous apprend que si la majorité des services de garde à la petite enfance est de qualité acceptable, une proportion non négligeable d’enfants fréquenteraient des services de faible, voire très faible qualité. « Les résultats nous prouvent que l’enjeu de la qualité réside dans tous les milieux de garde confondus : CPE, garderies subventionnées ou non, milieux familiaux… », insiste Fannie Dagenais, directrice de l’Observatoire des tout-petits.

Observatoire des tout petits

Comme une deuxième maison

Dès sa première année à la garderie en milieu familial à deux maisons de chez lui, Gustave y passe en moyenne huit heures par jour. Ses parents se sont sentis soulagés d’avoir un horaire régulier, puisque la recherche d’un milieu de garde aurait pu être plus laborieuse avec des heures de travail atypiques. C’est d’ailleurs une des raisons évoquées par certains parents défavorisés pour ne pas envoyer leur enfant en CPE.

Gustave n’a pas eu cette « chance » de gagner au tirage d’une place en CPE. Ses parents n’espèrent plus un appel d’un CPE même si c’était leur premier choix pour leur enfant. L’accessibilité, notamment dans un quartier dense en nombre de familles comme Hochelaga-Maisonneuve à Montréal, est inégale au Québec.

Le rapport de l’Observatoire des tout-petits fait état des critères pour évaluer la qualité d’un milieu éducatif. Ainsi, l’accent est mis sur un milieu bienveillant, sécurisant, stimulant et favorable au développement, tant en ce qui concerne les activités proposées que les interactions des enfants avec les éducatrices.

Justement, c’est cette relation avec l’éducatrice que Mélanie, la maman de Gustave, trouvait si importante. Dans le deuxième milieu de garde fréquenté par son fils, elle déplorait le manque de stabilité. Gustave n’avait pas toujours la même éducatrice : chacune avait une semaine de quatre jours et le roulement du personnel était si élevé que Gustave a eu trois éducatrices différentes pendant l’année.

Les parents de Gustave auraient pu envisager d’inscrire leur fils à la maternelle à quatre ans. Mais ils hésitaient à l’envoyer à la grande école, lui qui était si petit. Ils hésitaient aussi puisque l’école que Gustave aurait fréquentée n’avait pas la place adéquate, selon eux, pour recevoir des enfants de quatre ans.

Selon le dossier de l’Observatoire des tout-petits, des études ont démontré que la qualité globale des classes de maternelles 4 ans, implantées en priorité dans les milieux défavorisés, est assez basse. Or, les enfants issus de ces milieux bénéficieraient davantage de services éducatifs de qualité. « Les services éducatifs ont un effet protecteur chez les milieux défavorisés », ajoute Fannie Dagenais.

À long terme, des services de garde de qualité peuvent avoir un impact sur la réussite scolaire ainsi que la diminution des taux de chômage et de criminalité, indique le rapport.

« La petite enfance est une période charnière : c’est à ce moment que se joue le développement du cerveau de l’enfant, et où il est le plus influencé par l’environnement. »
– Fannie Dagenais, directrice de l’Observatoire des tout-petits.

Quelles solutions pour améliorer les services éducatifs à la petite enfance?

Gustave joue avec ses amis depuis deux ans dans une garderie privée qui accueille huit groupes pour un total de 60 enfants. La cour arrière asphaltée de la garderie devient chaude pendant l’été. Les collations de l’après-midi sont parfois constituées de nourriture transformée comme des gaufres ou des biscuits du commerce.

Les parents de Gustave affirment néanmoins qu’ils ont vu leur petit se développer, grandir et être aimé malgré que tout n’est pas parfait dans leurs expériences avec les services éducatifs à la petite enfance.

Pour la directrice de l’Observatoire, ce dossier invite à se questionner sur les solutions envisageables pour améliorer les services de garde. Parmi les solutions évoquées, on retrouve une meilleure formation des éducatrices et une amélioration de leurs conditions de travail. « En étudiant la littérature scientifique, on remarque que lorsque ces conditions sont plus satisfaisantes, il y a une amélioration de la qualité des services », expose Fannie Dagenais.

Cette amélioration des conditions de travail passe par plus de temps pour préparer les activités, un meilleur salaire et une meilleure relation des éducatrices avec leur direction. Parmi les autres pistes de solution recensées par l’Observatoire, on retrouve également la diminution de la taille des groupes et du ratio éducatrice-enfants. Enfin, le rapport insiste sur les conditions d’implantation des services de garde, par un meilleur financement gouvernemental et une meilleure implication des parents (au sein des conseils d’administration).

« Il faut que ce dossier serve à ouvrir la discussion au Québec : qu’est-ce qu’on peut faire de mieux? »
– Fannie Dagenais, directrice de l’Observatoire des tout-petits.

En congé de maternité, Mélanie se questionne déjà au sujet du parcours de son fils pour l’an prochain. Pour leur petit Bastien, trouveront-ils un service éducatif à la petite enfance qui correspond parfaitement à leurs besoins?

Pour consulter le rapport, c’est ici!

Cet article est commandité par l’Observatoire des tout-petits.

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