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Juin
Si jeunesse savait et vieillesse pouvait… Bonne fête des Pères !
Si jeunesse savait et vieillesse pouvait… Bonne fête des Pères !

Dernièrement, nous avons vu les générations s’affronter dans les médias. Techniquement, je devrais être de la génération des milléniaux. Lorsque j’ai fait le test Idéolab, je suis une X. Lorsque je lis la définition, je ne m’y reconnais pas non plus…

En fait, je crois que je suis la génération désenchantée. Mon vécu m’a désillusionnée, tellement la réalité a frappé fort !

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J’aurais dû écouter mon père …

J’ai longtemps eu une relation orageuse avec mon papa. Je le trouvais pessimiste. En fait, j’ignorais que ça venait de son vécu.

Il travaillait beaucoup, je ne comprenais pas pourquoi il ne passait pas davantage de temps avec nous. Être concessionnaire automobile, c’était son rêve d’enfant. Je pensais qu’il faisait passer ses ambitions avant ma sœur, ma mère et moi. Je n’avais rien compris.

Chacun son histoire

C’est une belle histoire qui est la sienne. Un soir, il s’est chicané avec son père, il a claqué la porte et il est parti avec 50$ en poche. Il avait à peine 17 ans.

À l’époque, il ne fallait pas de diplôme, pour obtenir un emploi. Pour réaliser son rêve, il a conduit une remorque pendant des années, en plein jour comme la nuit. Il a été un jeune vendeur et ensuite directeur des ventes. Il était vaillant, il n’a jamais compté ses heures. À 30 ans, il l’a eu, sa concession automobile. Il a ainsi prouvé à son père qu’il pouvait réussir par lui-même.

L’histoire se répète

La relation que j’ai avec mon père n’est pas la même que celle qu’il a eu lui avec son propre paternel, mais presque. On ne se parlait tout simplement pas. Du moins, on se parlait en surface. La politique était l’un des sujets sur lequel j’aimais débattre avec lui. Bien sûr, nous étions rarement d’accord. J’étais jeune et naïve, lui en avait vu d’autres.

Et il y a eu Ariane.

Ma fille est née malade et handicapée. J’ai voulu m’organiser toute seule, mais j’ai vite réalisé que je ne pouvais plus travailler et que les impôts que nous avions payés, les services qui sont censés exister, ils ne seraient pas là pour nous. Je l’avoue, le père de la petite et moi, avons ragé en repensant à ces portions de nos paies qui se sont volatisées en impôts, et qui devaient, en théorie, servir à nous venir en aide si le besoin se présentait. Car c’est bien ce à quoi servent les impôts, non? J’y croyais jusqu’à ce que j’aie besoin de cette aide, et que je me retrouve dans le système.

Dans notre système, la classe moyenne est toujours perdante. Pourquoi? Parce que l’on attend que vous soyez à bout de souffle, incapable de travailler, que vous ayez tout perdu, pour vous venir en aide. On a l’illusion d’un filet social acceptable, mas ce dernier est plein de trous. Plutôt que de prévenir, ce système ne fait qu’éteindre des feux. « Vous n’avez pas droit à ce service madame, manque de budget oblige », qu’on m’a répondu. Manque de volonté d’agir, manque de volonté politique, ai-je répliqué.

Mon père a raison

Vous avez tous ragé en entendant les histoires de corruption, d’enveloppes brunes et d’augmentations de salaires scandaleuses dans les dernières années. Vous n’imaginez même pas ma frustration de voir tout cela révélé, alors qu’on m’annonce que ma fille répond aux critères de sélection pour un programme, mais que les fonds disponibles ne sont pas suffisant pour tous… Et que pour ma famille, c’est non.

On a annoncé 29 millions de dollars pour les autistes pendant 5 ans. Vous savez quoi? Ma famille n’en bénéficiera pas. On a fermé le dossier de ma fille au CLSC et au CRDI, et je n’ai accès à rien.

Les besoins sont de 60 millions par année pour que la machine actuelle puisse réellement venir en aide aux gens touchés par l’autisme au Québec.

Lorsque j’étais adolescente, mon père m’a dit : « La seule personne sur qui tu peux compter Nadia, c’est toi ! »

Tu avais raison papa. Pas simplement pour cette phrase, mais d’avoir travaillé comme tu l’as fait. Ce n’était pas ton rêve qui te motivait, c’était ton vécu. Je le sais maintenant …

Bonne fête des Pères !

À propos de Nadia Lévesque

Mère de trois enfants, Nadia Lévesque s’est fait connaître grâce à ses textes traitant de l’autisme de sa fille Ariane. Son empathie et sa facilité à se glisser dans le cœur des parents vivant la différence de leur enfant ont permis à plusieurs de ses textes de devenir viraux sur les réseaux sociaux. Femme de cœur et de tête à la fois, cette maman est maintenant connue pour ses opinions bien assumées et ses prises de position.

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