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Déc
Apprendre à tomber
Apprendre à tomber

Je me souviendrai toujours du jour de tes 14 mois. Ce matin-là, tu as marché pour la première fois. Que d’émotions pour papa et maman. Mais aujourd’hui, j’aimerais te parler des semaines avant tes premiers pas.

En tant que papa, ce n’est pas toujours facile de te voir tomber. Te voir te faire mal. J’aimerais tellement que tu réussisses du premier coup.

Mais avec un peu recul, j’ai appris à adorer t’observer échouer. Même si ça me fait drôle à dire. Chaque fois que tu tombes, je vois que tu apprends. De par ton regard pensif, tu sembles te dire : pourquoi suis-je tombé? et si j’essayais de cette manière la prochaine fois?

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Chute, ça fait partie du processus

Aujourd’hui, tu marches depuis plus d’un mois et tout le monde autour réagit avec fierté. On te félicite pour chacune de tes réussites. Alors, pourquoi revenir sur toutes ces fois où tu es tombé?

Pour que tu saches que l’on est aussi fiers de toi quand tu tombes. Ces jours-ci, tu pleures moins quand tu te fais mal. Tu comprends que ça fait partie du processus. Tes mouvements sont plus fluides et tu amortis beaucoup mieux la chute.

T’observer m’a rappelé qu’une fois plus vieux, on veut tellement réussir tout ce que l’on entreprend. Sans échouer bien sûr. On oublie souvent que l’échec est le premier pas vers la réussite. Que, nous aussi, nous sommes tombés avant de marcher.

Prends ton papa en exemple. Combien de fois je n’ai pas levé ma main à l’école de peur de me tromper et que l’on rit de moi. Combien de fois je n’ai pas essayé de nouvelles choses dans la vie de peur de ne pas être bon du premier coup. Combien de fois je n’ai pas dansé ni chanté de peur que les autres me trouvent ridicule. Combien de fois je n’ai pas demandé à la jolie fille dans mon cours à sortir de peur de me faire rejeter.

Prends des risques

Mais j’ai aussi pris des risques dans la vie. J’ai pris le risque de lancer mon entreprise et il m’est arrivé quelques fois d’avoir le courage d’approcher une fille qui me plaisait. Et que dire de ces soirées à danser et à chanter sans le moindre souci de ce que les gens pouvaient bien penser.

J’ai eu l’air fou, j’ai perdu de l’argent et je me suis fait dire non à plusieurs reprises. Mais j’ai aussi appris et grandi. Ces moments font de moi l’homme que je suis aujourd’hui. Un papa qui accepte que notre relation père-fils ait son lot d’obstacles et d’échecs.

Une relation qui ne sera jamais parfaite. Par contre, faisons en sorte qu’elle soit la plus vraie et authentique possible. N’ayons pas peur de tomber même si l’on perd la face. Soyons humbles et admettons nos torts.

Ne crains pas l’échec

Tout ceci, tu le sais déjà. À 15 mois à peine, tu vis chaque moment de façon authentique. Viendra un temps où tu auras peur d’échouer. Où le regard des autres sera plus important que le tien. Où tu ne risqueras rien de peur de perdre la face. Dans ces moments, n’oublie jamais qu’une vie parfaite n’existe pas. Et que personne ne peut se protéger indéfiniment de l’échec. Rappelle-toi combien de fois que tu es tombé avant de marcher.

Ça me fait drôle de te donner des conseils, car au moment d’écrire ces lignes, j’ai peur d’échouer. Je me demande ce que les gens vont penser de ce que j’écris. Vont-ils aimer ou pas? Et si je n’étais pas assez bon? Qui suis-je pour écrire et espérer que les gens me lisent?

La vie m’a appris que le doute va toujours t’assaillir. Accepte-le. La peur d’échouer est tout à fait normale. Soit vulnérable. Pose ta question. Démarre ton projet. Invite la jolie Camille à danser.

À lire aussi : Permettre l'échec à nos enfants

En vivant ainsi, tu finiras sûrement par en déranger plus d’un autour de toi. Par te faire dire non. On se moquera peut-être de toi. Parce prendre des risques et être vulnérable n’est pas ce qui est de plus normal dans notre société aujourd’hui. On a peur de l’échec. On finit souvent par chercher la bonne réponse sans même se demander si l’on se pose la bonne question. Parce qu’on ne voudrait surtout pas avoir l’air ridicule.

Un vieux dicton africain dit : « ne regarde pas où tu es tombé, mais plutôt où tu as glissé ». N’aie pas peur de tomber, mais essaie toujours de comprendre comment mieux t’y prendre la prochaine fois. Si tu fais cela, je suis convaincu qu’à travers les échecs, tu trouveras plusieurs réussites. Comme le jour de tes 14 mois où tu as marché pour la première fois…

À propos de Olivier Rousseau

J’ai l’immense plaisir de partager mon expérience de nouveau papa en contribuant à ce merveilleux magazine. La lecture et l’écriture m’aident beaucoup à vivre et mieux comprendre mon rôle de Papa. Planète F est donc une plateforme et une communauté idéale comme nouveau papa afin de partager et d’apprendre à la fois. Ça me permet d’échanger sur mes expériences en tant que jeune papa entrepreneur et à la maison à la fois. J’ai surtout hâte de former des liens avec d’autres papas et mamans! Très heureux de faire partie de l’équipe!

Commentaires

  1. Valérie Gallard

    Cher Olivier, toujours inspirant et enrichissant ce que tu écris pour Raphaël, tu peux être très fière de toi car Raphaël aura tous les outils nécessaires pour se construire une vie magnifique, dans la confiance, l’estime et l’amour pour lui. Se sont tellement des belles valeurs que tu lui prépare . Bravo pour ton bon travail!! Ta belle-Maman Valérie ?

  2. Conrad Rousseau

    WOW! Toutes mes félicitations mon cher fiston, cette réflexion est vraiment profonde et tellement significative. En tant que grand-papa à Raphaël, moi aussi j’ai échoué souvent, mais je me suis toujours relevé pour réaliser qu’aujourd’hui je suis très heureux. « Ce qui ne te tue pas te rend plus fort ». Une des plus belles réussites de ma vie c’est d’avoir eu deux enfants merveilleux : toi et ta soeur Yolaine. Merci d’être l’homme extraordinaire que tu es, je suis tellement fier de toi.

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