03
Déc
Cordonnier mal chaussé
Cordonnier mal chaussé

J’entends souvent les parents évoquer des conflits au sujet de l’éducation de leur enfant. Pour être franc avec vous, c’est aussi le cas chez nous! Je trouve que la base du problème réside dans nos valeurs, notre passé et notre propre éducation.

Dans mon couple, il y a un facteur supplémentaire : mon travail en petite enfance. Bien entendu, je pars avec certaines idées préconçues quand il s’agit de faire des choix pour l’éducation de notre fille. Mais ai-je toujours raison?

- partenaire -

Valeurs et éducation

En ce qui concerne les valeurs, mon partenaire et moi nous entendons pour inculquer les mêmes bases à notre enfant. Le problème se pose davantage sur les moyens entrepris. Prenons  l’exemple de l’alimentation : on est tous les deux d’accord de l’importance d’offrir une saine alimentation à notre fille. Par contre, nous ne nous entendons pas sur la fréquence et la quantité de bonbons et de « petits poissons orange » à lui offrir.

Il en va de même pour l’autonomie : on veut qu’elle fasse les choses par elle-même. Mais, à quelle échelle veut-on cette autonomie? On ne s’entend pas toujours sur les mêmes exigences. Et je pourrais en nommer bien d’autres.

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Du côté de notre passé et de notre éducation, le même problème se pose. Je veux reproduire ou éviter de reproduire certaines choses de mon expérience d’enfant. Et mon conjoint aussi. Comment arrimer nos pratiques parentales? J’ai souvent tendance (comme pour les valeurs) à vouloir faire valoir mon opinion, puisque je m’y connais en éducation. Est-ce la solution? Eh non!

Choisir ses batailles

Comme c’est le cas dans toutes les familles, je choisis mes batailles. Bien entendu, le temps qui passe me fait davantage prendre conscience du point de vue de l’autre, et vice versa. On finit par laisser tomber certaines convictions pour ne conserver que ce qui nous tient à cœur. Je suis content du travail qu’on fait ensemble comme parents, malgré les écueils. En est-il de même pour vous?

Et quand je me proclame « cordonnier mal chaussé », je fais allusion à toutes les bonnes qualités professionnelles que je mets en pratique auprès des enfants que je fréquente dans le cadre de mon travail, mais qui ne se transfèrent pas toujours dans mon rôle parental. Et, oui, il m’arrive de lever le ton, d’être fatigué, d’être moins patient, moins disponible. L’important, pour moi, ce n’est pas d’être le parent parfait. C’est plutôt d’être un bon parent et de reconnaître mes erreurs.

En fin de compte, en 2017, la pression de la société sur les parents est si grande qu’il faut apprendre à être indulgent envers soi-même et notre partenaire. On peut se faire juger de toutes sortes de façons sur nos choix de pratiques parentales. Les choix que le couple fait ne sont-ils pas des choix qui visent le meilleur de ce que l’on croit être pour l’enfant? Je pense que chaque parent veut le bien-être de son enfant. C’est ce que je tente de faire tous les jours.

À propos de François Couture

François Couture détient un baccalauréat en enseignement et œuvre comme éducateur depuis plus de 15 ans. Passionné et curieux, il est également enseignant en Techniques d’éducation à l’enfance, réviseur scientifique, formateur dans le réseau des C.P.E., consultant en petite enfance et papa d’une adorable fillette.

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