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Juin
Déménager, toute une transition !
Déménager, toute une transition !

Le premier juillet et le déménagement est un rituel bien établi dans la vie québécoise.

Certaines familles vont déménager de rue, d’autres vont changer de ville. Aussi, des familles vont carrément faire le grand saut, et changer de pays. Dans toutes les transitions et les migrations, il y a des facteurs de risque, à divers degrés.

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Ces facteurs de risque peuvent créer de l’instabilité dans la famille. Ils peuvent avoir un impact au niveau de la santé mentale des membres de la famille et peuvent aussi créer des changements importants au niveau de la dynamique familiale. Comment bien vivre les changements à venir ?

Sujet que j’aborde souvent avec les parents et les enseignants dans ma pratique de psychologue scolaire, j’ai aussi approfondi ces thèmes pour ma thèse. Notre récent déménagement en Australie m’a amené à écrire directement sur cette question.

On se prépare comment ? On dit quoi aux enfants ?

Lorsqu’on déménage, Il y a de nombreuses étapes à penser. La logistique est lourde. Souvent, ces étapes deviennent des priorités. Pourtant, il est aussi important de prendre soin de nos émotions. Il est possible d’établir des stratégies qui vont aider ce processus.

La plupart du temps, les enfants sentent et vivent les humeurs des parents. Ils vont donc ressentir une effervescence dans la maison, les stress et les changements d’humeur. En même temps, les parents s’affairent à la logistique. Le temps passé à répondre aux questions peut paraître limité, voire encombrant.

Cette effervescence dans l’environnement peut amener les enfants à avoir des comportements plus demandant et difficiles à gérer, pour les parents.

Voici quelques idées :

  • Créer un album de l’ancienne habitation. Cela va aider à se remémorer cet endroit plus tard.
    S’assurer que les décisions de la famille sont discutées de façon calme et raisonnée.
  • Prendre le temps de discuter dilemmes et projets de chacun. Cela aide à vivre cette expérience ensemble, en famille.
  • S’assurer que tous, incluant les enfants, puissent dire au revoir à leurs voisins et amis. Faire une petite fête d’au revoir. Discuter des stratégies pour communiquer avec ces gens après la transition.
  • Prendre des photos de la nouvelle habitation et les partager en famille. Discuter l’endroit des meubles, des chambres, petites rénos à faire. Peut-être un projet d’art sur un mur, pour y mettre des photos ? Établir de nouveaux projets pour tous.
  • Discuter du grand jour ensemble et établir des tâches pour chacun. Les enfants répondent bien aux termes plus abstraits qui sont expliqués avec des exemples présents dans leur quotidien.
  • Demander de l’aide des proches pour créer un petit cercle d’amis autour de soi, si possible, soit pour le grand jour ou un peu avant ou après, pour une visite ou pour aider, par exemple.
À lire aussi : Déménagement : Quel stress pour les enfants ?

On s’adapte !

L’adaptation est souvent favorisée en trouvant des ancrages. Comme les fameuses ancres à bateau, un ancrage est une force qui aide un individu à s’établir à un endroit. Ces ancrages aident un individu à créer des liens et peuvent venir de nombreuses sphères de nos vies:

  • dans l’environnement physique comme un bâtiment, un local, une maison.
  • dans les relations humaines : parents, amis, professeurs.
  • au niveau socioculturel : culture, nourriture, langue et comportements.

Selon mes expériences personnelles, j’ajoute aussi que cet ancrage peut se situer au niveau émotionnel et sensoriel. Par exemple, des paysages semblables à notre environnement natal aident à se sentir un peu plus chez soi. Certaines odeurs familières peuvent aider à se retrouver, comme une tradition hebdomadaire d’un mets réconfortant. C’est important d’être à l’affût de ces ancrages et essayer des les nourrir. Ils peuvent devenir d’importants facteurs de protection et d’adaptation.

On est positifs !

Penser positivement peut aussi aider. Cela permet de voir que les efforts continus vont être éventuellement récompensés. Utiliser ce langage dans nos conversations avec la famille peut aussi aider à surpasser nos émotions négatives. Ces exemples donnent une idée de cet important processus :

On pense positif!

Les transitions ne sont pas que des épreuves, elles donnent aussi naissance à des opportunités. Cela nous amène à développer de nouvelles habiletés.

Transitions, une affaire pour tous !

Le déménagement n’est pas seulement l’affaire de ceux qui déménagent. Les gens de l’entourage, la communauté, et ceux qui accueillent de nouveaux arrivants peuvent avoir un impact significatif. Ils peuvent aider à créer des connexions et des ancrages.

Venir dire bonjour, offrir un gâteau, donner son numéro de téléphone peut créer des liens importants pour la nouvelle famille. Organiser une petite fête pour que les gens du quartier se connaissent peut aider les gens à construire un réseau social. Pareillement, les écoles peuvent offrir beaucoup aux nouvelles familles lorsqu’elles ont un système de parrainage. Ou en ayant des politiques qui planifient les transitions des familles. Par exemple, y a-t-il une politique qui permet aux enfants de s’enregistrer à l’école à la mi-année ? Comment accueille-t-on une famille qui arrive nouvellement à l’école, y a-t-il un processus de familiarisation en place ?

Vivre de nouvelles expériences, plutôt que d’en avoir peur et de les éviter. Vivre des aventures et développer de nouvelles habiletés est un cheminement de vie très enrichissant et épanouissant!

À lire aussi : L'école, clé de l'intégration des immigrants

De la lecture de plus à ce sujet:

Adams, L. & Kirova, A. (2006). Global Migration and Education. London : Lawrence Elrbaum Associates, Publishers.

Boniwell, I (2006). Positive Psychology in a Nutshell. Personal Well-Being Centre (PWBC) : London.

Bronfenbrenner (1979). The Ecology of Human Development. Harvard University Press: Cambridge, MA & London, UK.

Koizumi, R. (2000). Anchor Points in Transitions to a New School Environment. The Journal of Primary Prevention, 20 (3), pp. 175-187.

Paradis, P. (2014) : Risk and Protective Factors to school adaptation as experienced by children living in army families compared to non-army families. Doctoral Thesis. Institute of Education : London.

Paradis, P. (2016). Adventures as Global Citizens: A Toolkit to Opportunities and Challenges as Global Citizens. Pascaleparadis.org

Van Gennep, Arnold (1909). Les rites de passage. Paris : Émile Nourry.

À propos de Pascale Paradis

Originaire du Québec, Pascale a vécu 18 ans en Écosse et en Angleterre. Elle vit maintenant en Australie avec son mari et ses trois enfants. Pascale a complété un baccalauréat (Trois-Rivières), une maîtrise (Cambridge, UK) et un doctorat en psychologie scolaire (Londres, IOE). Transitions, résilience, facteurs de risque et protection, adaptation scolaire, migration, bilinguisme, psychologie positive et organisationnelle dans les milieux scolaires sont des sujets qui suscitent les intérêts de Pascale plus particulièrement.

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