09
Août
Devenir parent ou les nouvelles peurs
Devenir parent ou les nouvelles peurs

J’ai commencé ma vingtaine comme la plupart des jeunes adultes. J’étais invincible, confiant et je me riais du danger au moins autant que le jeune Simba. Puis, avoir des enfants m’a appris la peur à l’intensité Yoda. Petite liste des cauchemars vicieux et coupants qui font leur entrée dans nos vies lorsque nous devenons des parents.

Les coins

Vous savez de quoi je parle si vous avez des enfants. Sinon, vous allez lire ce paragraphe en vous disant qu’il vaut mieux renoncer à la vie familiale parce qu’on devient des débiles paranos. Mais non, nous ne sommes pas fous: les coins de meubles deviennent des pièges fatals, des épées de Damoclès à l’envers. Gardez un œil sur les parents, dans une fête familiale : autour des enfants, ils gardent leurs mains sur les coins, ils les gardent à l’œil en permanence, les imaginant empalés direct dans le front au moindre passage. On se demande pourquoi les meubles sont si mal faits, pourquoi les designers sont aussi sadiques et irresponsables.

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Quand un enfant de 2 ans et demi, qui court aussi bien qu’un unijambiste saoul, passe à côté d’un coin de table, tous les parents dans la pièce ont des frissons de chatouille-peur-extrême dans les cuisses.

La signalisation

J’ai été un jeune homme complètement malade, à vélo. J’avais tout le temps l’impression d’être Trinity et de fuir les agents de la matrice à moto. J’étais dans Tron, j’étais un animal de course formé pour survivre en ville. Puis mon petit Nathan est né. Les poteaux d’arrêt sont devenus des bornes à fantômes. Je voyais littéralement son visage transparent dans les airs me dire : « Papaaa, ralentiiiis. Pense à nous, voyoooons. »

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Les jouets hantés de l’enfer sans nom

Il est minuit, le silence plane dans la maison. On ferme les livres, les écrans, il est tard. On va faire comme nos enfants et aller dormir. Mais voilà, ils surgissent toujours au pire moment, les cris damnés des jouets qui manquent de batteries. Le petit cheval Pin-Pin n’est plus lui-même. Il a la voix de Sauron. Il chante «À la claire fontaine» comme la petite fille de l’Exorciste vous chanterait une chanson d’amour. Sueurs froides et désirs de jeter ledit jouet au plus vite.

Les enfants pendant la nuit

Des fois, ils répètent si souvent que la «méchante madame» veut rentrer par leur fenêtre que nous nous surprenons à trembler. D’autres fois, pendant qu’on relaxe dans le salon, ils nous font sursauter en courant jusqu’aux toilettes pour se soulager. Le pire, c’est de se réveiller pour voir son fils de 4 ans se tenir là, au bout de notre lit, nous regardant.

Trouvez-moi nerveux: je n’ai pas honte!

Énergie

Ce n’est pas pour être emo, je suis sérieux. Avec nos grosses semaines, les vendredi soirs deviennent les horizons désirés. On a hâte à nos soirées cinéma. On a hâte de se coller et de rire de nos semaines qui nous ont vidés. Mais voilà: elles nous ont vidés. Vers 18h00, ma blonde et moi, nous nous regardons avec la même face. On se dit par les yeux qu’on ne sait pas si on va tenir. «Je sais qu’il est tard pour ça, mais veux-tu un café?» On a peur de passer à côté du bon temps avec nos enfants et de devenir des ogres sans patience.

 

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