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Dans les méandres des relations parents-intervenants
Dans les méandres des relations parents-intervenants

Quand on vit avec un poussin hors-norme, on côtoie différentes équipes de professionnels. C’est un type de relations auxquelles on est généralement peu habitués, car tous ces gens se mettent à évaluer, juger, analyser notre enfant.

Évidemment, il est difficile, comme parent le moindrement impliqué émotivement et quotidiennement dans le développement de son enfant, de se retirer totalement de ce processus. Ce que réussit ou pas notre enfant, c’est un peu aussi un reflet de ce que nous sommes, faisons et investissons de nous-mêmes.


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En ce sens, l’arrivée d’Alex nous a tout de suite forcés à prendre conscience de ce phénomène du regard de l’autre sur nos capacités parentales. Un regard qui se positionne parfois au-dessus de nous, et que nous acceptons parfois à contrecœur. Par exemple, lorsque le pédiatre nous a confirmé le diagnostic de trisomie 21, alors qu’Alex avait 11 ou 12 jours, il a tout de suite enchaîné avec cette question : « Maintenant, qu’allez-vous faire? ». Ce qu’il voulait dire – et que je n’ai pas saisi sur le coup – c’était : « voulez-vous le garder? ». On le sentait très mal à l’aise d’émettre l’idée à voix haute, d’où la formulation plutôt vague j’imagine…

Trois types d’intervenants

Dans les relations parents-intervenants, il y a autant de perceptions différentes que de dyades possibles, mais il semble tout de même y avoir quelques cas de figure récurrents! D’abord, celui où ça clique tout autant entre l’enfant et le professionnel qu’entre celui-ci et le parent, et où ce dernier se sent soutenu et valorisé. « On voit que vous l’accompagnez de près », « Vous faites une belle équipe vous et votre enfant! », « Vous faites un excellent travail avec lui! » sont des exemples d’encouragements que nous recevrons des intervenants au fil du temps.

Du côté opposé, certains intervenants nous donnent parfois le sentiment de ne pas en faire assez, sans toutefois le nommer directement, Certains petits commentaires sur le peu de temps que ça nous prendrait d’ajouter tel et tel exercice à nos journées ou des airs surpris lorsqu’un parent dit qu’il ne fait pas telle stimulation laissent sous-entendre au parent qu’il n’est pas adéquat dans sa volonté ou son organisation.

Et puis il y a aussi l’intervenant qui nous donne l’impression d’en faire trop, d’avoir une vision irréaliste de notre enfant, de ses besoins ou de ses capacités, ou d’être trop exigeant envers lui. Même si c’est probablement une critique plus subtile de notre rôle que dans le précédent cas, cela s’avère suffisant pour semer le doute, ou simplement avoir le sentiment d’être inadéquat dans notre rôle parental.

Et s’il y a un aspect du rôle parental qui peut être fragile lorsqu’on a un enfant à besoins particuliers, c’est bien celui de notre compétence à le soutenir et l’accompagner adéquatement pour maximiser ses capacités. Comme plusieurs parents d’enfants « différents », nous sommes en constante recherche de références et en remises en question de nos stratégies quotidiennes avec nos poussins, qui sont arrivés avec une part d’inconnu qui bouscule nos référents!

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