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L’aliénation parentale : la santé psychologique de l’enfant menacée
L’aliénation parentale : la santé psychologique de l’enfant menacée

S’il est un phénomène qui fait partie du quotidien des cours de justice en matière familiale, mais à peu près inconnu du grand public, c’est bien celui de l’aliénation parentale.

Aujourd’hui, c’est la Journée internationale de sensibilisation à l’alinéation parentale et j’en profite pour tenter de vulgariser cette pratique des plus nuisibles pour les enfants.

La médiation familiale ayant pris un essor important dans les dernières années, les dossiers des parents qui refusent cette avenue et qui se retrouvent devant les tribunaux sont souvent à très haut niveau de conflit. L’aliénation parentale se retrouve régulièrement à l’ordre du jour.

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Mais qu’est-ce que c’est exactement? Le Carrefour Aliénation parentale Québec, une association à but non lucratif qui a pour mission de lever le voile sur ce phénomène aux lourdes conséquences, le définit comme suit : « phénomène familial dans lequel un des parents se livre à des comportements aliénants, programmant l’esprit de l’enfant afin de favoriser chez lui le rejet injustifié et la désaffection à l’égard de l’autre parent ».

Ce qui nuit aux enfants

J’ai récemment écrit sur les attitudes des parents qui nuisent aux enfants en cas de séparation. Si ces comportements ne mènent pas systématiquement à l’aliénation parentale, ils devraient néanmoins allumer certains signaux d’alarme.

En pratique, ça peut être complexe de révéler l’aliénation parentale dans un litige familial . Tous les conflits entre parents et enfants n’en sont pas. Il faut que le parent aliénant utilise des manœuvres de manière à provoquer le rejet de l’autre parent par l’enfant. Il faut également que l’enfant y participe. L’enfant devient alors totalement convaincu que son parent est fondamentalement méchant. Il en vient à croire que certains comportements ont eu lieu, alors que la preuve démontre le contraire.

Par exemple, des enfants devenus adolescents, vont dire que leur père était toujours absent durant leur enfance. Pourtant, ce père a pris soin de ses enfants chaque jour jusqu’à la séparation. J’ai entendu une jeune fille témoigner du fait qu’elle n’avait aucun souvenir avec son père, tellement il avait été un mauvais père, absent et négligent. Dans ce dossier, la preuve a révélé des centaines de photos et des témoignages sur des événements importants auxquels le père a participé avec ses enfants.

Une urgence

Ceci n’est qu’un exemple parmi des centaines. Il faut toutefois se garder de qualifier d’aliénation parentale tout conflit existant entre un parent et son enfant.

Les sentiments négatifs d’un enfant envers un parent ne sont pas toujours le résultat d’une campagne de salissage. Les craintes de l’enfant peuvent être justifiées. Cependant, lorsque je soupçonne un cas d’aliénation parentale dans ma pratique d’avocate, il s’agit d’une urgence. Il faut réagir très rapidement afin de faire cesser ce phénomène. Les conséquences psychologiques chez les enfants aliénés peuvent être graves et permanentes. Devenus adultes, il n’est pas rare que les enfants aliénés, découvrant la vérité à la suite d’une thérapie ou d’un événement traumatique, se retournent contre le parent aliénant. Le choc est alors brutal.

La prévention de l’aliénation parentale passe définitivement par la sensibilisation. Le parent aliénant peut agir de la sorte pour se déculpabiliser de l’échec de la relation, en mettant tous les torts sur le dos de son ex-conjoint. Aussi, il se peut qu’il agisse de la sorte par dépendance affective : il veut simplement garder son enfant tout près de lui.

Rares sont les parents qui sont aliénants afin de nuire volontairement à l’enfant. Souvent, ce parent vit beaucoup de souffrance à cause de la séparation. Ce parent doit être sensibilisé aux effets dévastateurs de l’aliénation. Il doit être référé à des ressources adaptées, comme des psychologues ou des travailleurs sociaux, qui pourront lui venir en aide.

Info : Carrefour Aliénation parentale Québec 

À propos de Marie-Ève Gagné

Avocate et médiatrice familiale, Marie-Eve Gagné représente ses clients avec des valeurs d'intégrité, de sincérité et d'écoute. Son dynamisme et son efficacité sont mis au profit de ses clients afin que ceux-ci atteignent leurs objectifs au moindre coût possible. Créative et rusée, les solutions les plus innovatrices sont envisagées au bénéfice de ses clients avec lesquels une communication authentique et sans barrière est toujours maintenue.

Commentaires

  1. navarro

    lorsqu’un enfants dit au juge qu’il ne veut plus venir chez papa, il faut que le juge demande à verifier pourquoi.
    Très souvent c’est la mère qui monte la tête à l’enfant. Il faut que le juge oblige l’enfant à aller chez le père au moins jusqu’à l’âge de 15 ans

  2. marie-josée NAVARRO

    Il faudrait que les juges n’écoutent pas les enfants quand ils disent qu’ils ne veulent plus aller chez papa sans raison valable

  3. Christine Brabant

    Il est aujourd’hui trop simpliste de définir l’«aliénation parentale» comme le comportement d’un parent «aliénant». Le «trouble d’aliénation parentale» est maintenant défini comme un trouble de l’enfant, qui ne serait pas la faute que d’un parent, et pourrait même être issu des caractéristiques psychologiques et tempéramentales de l’enfant lui-même. Voir http://nouvelles.umontreal.ca/article/2017/02/10/ton-pere-est-un-salaud/

    • Christine Brabant

      Pardon, je me corrige: la bonne appellation n’est pas «trouble d’aliénation parentale», mais «syndrome d’aliénation parentale» ou «syndrome de Médée».

    • Marie-Ève Gagné, avocate

      Bonjour Madame Brabant,

      Merci pour votre commentaire. Ce billet de blogue se voulait un survol de la problématique de l’aliénation parentale dans un contexte de séparation devant les tribunaux lorsqu’un enfant rejette de façon injustifiée un de ses parents. Les solutions proposées et les changements de comportements s’adresseront nécessairement aux deux parents. De plus, il est évident que le syndrome d’aliénation parentale, tel qu’il est vécu par l’enfant, relève de la psychologie et non droit. Dans les cas les plus graves, on fait d’ailleurs appel à des experts pour témoigner de ce trouble devant les tribunaux. Les enfants d’une même fratrie peuvent réagir très différemment aux propos d’un parent aliénant de par leurs différences de tempérament tout comme l’ensemble de leur environnement aura un impact différent sur chacun d’eux.

  4. Michel O. WILLEKENS

    Ma fille (9 ans en 1994) m’a rejeté depuis ce moment. Elle m’a dit, en pleurant au téléphone, en 2011 (quand je l’avais contactée par SMS), que j’étais un père violent qui la battait à coups de cravache, alors que je n’ai jamais levé la main sur mes 5 enfants.
    Août 2015, je lui envoie ceci :  »Chère Alexandra, bien que tu me haïsses, sans raison valable… rappelle-toi les bons moments passés ensemble jusqu’au début 1994, où (…) l’on est venue vous enlever au Cardinal Mercier ; et depuis, je ne vous ai plus vu.
    Je te rappelle que ma porte t’est toujours ouverte pour une mise au point, et pour une relation loyale, si tu le désires.
    Tu restes toujours ma fille !
    Le 24/12/2015, elle me contacta par sms :  »papa, peux-tu me contacter, car le vais mal »…
    Depuis, j’ai revu ma fille. elle attend un bébé… Mais elle s’est rendu compte qu’elle avait été manipulée par sa mère, pour me rendre totalement étranger. Maintenant, elle déteste sa mère? Ce qui n’est guère mieux. Mais le plus grave, c’est qu’elle n’a pas pu continuer ses études, et a voulu se jeter au canal, en 2015…
    Depuis 1994, je n’ai plus de nouvelles de mes 4 autres enfants, adultes !
    Mon voisin, divorcé, a eu la douleur d’apprendre le suicide de sa fille âgée de 30 ans… Oui, les enfants souffrent de leurs pertes de liens d’attachement à leurs pères ou à leurs mères, en moindre nombre en France et en Belgique.
    Nous avons besoin, de toute urgence, d’une nouvelle législation pour mettre un terme à ces destructions de familles…
    Bien d’autres enfants se suicident… c’est une honte !

  5. Michel O. WILLEKENS

    Dans la réalité, des enfants souffrent d’avoir été  »poussés », manipulés à s’écarter, à rejeter, à haïr,… leurs pères, ou leurs mères (en moindre nombre). Cette souffrance est invisible, mais elle est bien réelle et elle est même destructrice. Si l’enfant a de bons résultats scolaires, il peut arriver au décrochage scolaire ou à l’abandon de ses études.
    Des enfants arrivent même à se suicider,… même étant adultes. Ce qui est extrêmement grave dans une société dite  »civilisée »… où les mensonges sont, d’un côté, proférés sans aucune preuve, par des avocats retors ; et d’un autre côté, où ces fausses accusations sont entendues et acceptées, par les juges, comme étant des vérités, ou comme des paroles d’évangile.
    L’on peut estimer à + de 90 % de fausses accusations, quasiment toutes les mêmes : violence, abus sexuel, négligence, maltraitance,… En  »Justice », c’est le plus malhonnête, le plus pervers qui gagne…

    Le manque de preuve, dans les accusations, est une dérive très grave dans le principe de droit dans un  »État de droit ». Mais les avocats vivent, et s’enrichissent avec ces fausses accusations.
    Les tribunaux sont débordés d’affaires conflictuelles de séparations et de divorces.

    Des solutions simples et efficaces existent, depuis 1993, ailleurs, résolvant +- 95 ù des conflits et d’approcher les 100 % de résidences alternées. Mais le  »Lobby des Robes Noires » s’oppose farouchement contre leurs gagne-pain… car la majorité des élus politiques sont des avocats. On peut donc comprendre le pourquoi de ce blocage.
    Nous sommes des millions de parents privés injustement de nos enfants, car non-négligents et non-maltraitants… et victimes des décisions détestables de  »justice de bric-à-brac » digne d’un  »État Voyou »…
    (Approches de plusieurs milliers de parents victimes d’injustices, privés injustement de leurs enfants – DDP 1993 – Europe)

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