08
Fév
Les petites cases
Les petites cases

C’est rassurant les petites cases. On sait où l’on se situe, où l’on s’en va. On peut les cocher, les remplir, les rayer. Elles constituent un rappel visuel efficace d’un état de situation.

J’ai toujours aimé les petites cases, je suis une fille de listes, de structure, d’organisation, d’efficacité. Le sentiment du devoir accompli, de la tâche classée, terminée, réglée, et cette satisfaction qui en découle et qui m’accompagne souvent au quotidien, c’est une petite drogue bien douce!

Et puis viennent les enfants, maîtres « bousculeurs » de petites cases… Dès le départ, pas d’horaire ni de routine qui tiennent, tout est chamboulé, mais sans heurt. Car ils auront aussi révélé en moi un amour et un instinct maternel féroces, d’une puissance émotive bien plus grande que toutes les gratifications que pouvaient m’apporter une journée productive ou une liste complètement raturée.

Et ils m’apprendront aussi que bientôt reviendra le temps des petites cases, vaccins, suivis de santé, fréquentation de la garderie ou de l’école avec les mille et un formulaires, remplis de mille et une autres petites cases.

Et puis viendra Alex. Lui, il m’a appris à bien lire entre les petites cases, à m’attarder aux espaces blancs des formulaires nombreux où j’aurais souhaité crier tant de fois qu’il était bien plus que la somme de ces petites cases. Un peu comme les silences en musique, les espaces blancs révèlent et rehaussent; ils permettent à l’essentiel de s’exprimer.

Je n’aime plus tant les petites cases aujourd’hui, car j’ai découvert qu’elles servaient aussi à restreindre, à diminuer, à écarter…

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