06
Oct
Illustration: Camille Lavoie
Pourquoi une chronique consommation?
Pourquoi une chronique consommation?

Pourquoi tenir une chronique consommation dans un magazine qui s’intéresse à la famille sous un angle citoyen? Eh bien, selon moi, il n’y a pas qu’une seule bonne raison, mais plusieurs! Les voici.

Parce qu’avoir une famille, ça coûte cher

Couches, nourriture, vêtements, produits de soins, médicaments, soins dentaires, accessoires, meubles, services de garde, fournitures scolaires, loisirs… La liste des dépenses encourues par un enfant est longue! Selon le site MoneySense.ca, les parents canadiens auront dépensé jusqu’à 243 660 $ au moment où leur enfant atteindra sa majorité, soit environ 12 825 $ par année. Alors que le ratio d’endettement sur le revenu disponible des ménages atteint désormais plus de 165 %, normal qu’on veuille réduire nos dépenses sans miner notre qualité de vie!

Parce que choisir, c’est compliqué

Paralysés dans l’allée de céréales? Envahis par le stress à la simple idée de devoir choisir une poussette parmi les quinze modèles proposés? Vous n’êtes pas seuls! Alors que l’abondance de choix devait nous combler, c’est plutôt l’inverse qui se produit. En effet, de nombreuses études ont démontré que « trop de choix » nuit au bien-être et à la disponibilité d’esprit. C’est ce que le psychologue Barry Schwartz appelle le « paradoxe du choix ». Éliminer les mauvaises options, faire ressortir les critères d’achats importants et catégoriser les choix sont autant de stratégies qui limitent le stress associé aux achats. Et ça, c’est le job du journaliste de consommation!

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Pour déjouer les pièges du marketing

Les études démontrent que nous voyons en moyenne 3 000 annonces par jour. Et bien que la publicité destinée aux enfants de moins de 13 ans soit interdite au Québec, les publicitaires savent comment les rejoindre à coups de placements de produits et de positionnements habiles dans les allées des magasins. De plus, ils ne ménagent pas les stratégies pour stimuler nos achats impulsifs (soldes, deux-pour-un, etc.) et ils n’hésitent pas à verdir de nombreux produits à coups de faux logos, de termes imprécis et de mentions non pertinentes. En étant conscients des pièges qui nous sont tendus, on devient des consommateurs aguerris.

Parce qu’acheter, c’est voter

Comme consommateurs, nous faisons des choix qui ont une portée économique, sociale, environnementale et politique. Acheter québécois, c’est favoriser l’emploi ici. Manger moins de viande, c’est diminuer les impacts de son alimentation sur l’environnement. Acheter une gourde d’eau réutilisable au lieu des bouteilles d’eau à usage unique, c’est refuser d’encourager une multinationale qui vient tirer profit de notre eau municipale sans qu’on en touche les retombées économiques. Et c’est aussi refuser de participer à l’accumulation de 700 millions de bouteilles d’eau qui se retrouvent dans les sites d’enfouissement au Québec chaque année.

Pour sortir de la logique « acheter-jeter »

Depuis une dizaine d’années, on assiste à l’émergence d’une multitude de solutions qui font sortir la consommation du paradigme « acheter-jeter ». De plus en plus de consommateurs empruntent, louent, réparent, fabriquent eux-mêmes, achètent de seconde main. Certains vont même jusqu’à mener une vie « Zéro Déchets », alors que d’autres visent l’autonomie alimentaire complète. Même si ce n’est pas encore la majorité qui traduit ses nobles intentions en actions, reste que près de 90 % des Québécois pensent qu’il faut revoir nos modes de vie et de consommation, selon l’Observatoire de la consommation responsable.

Parce qu’avant d’être des consommateurs, on est des citoyens!

Au tournant des années 1980, nous sommes passés de citoyens à consommateurs dans l’espace médiatique. Et ce glissement sémantique n’est pas anodin. Pourtant, nous sommes bien plus que ça. Nous sommes des parents, des enfants, des sœurs, des frères, des conjoints, des amis, des travailleurs, des étudiants, des usagers. Nous sommes des citoyens.

Alors, c’est pour toutes ces raisons – et bien d’autres – qu’on parlera de consommation sur Planète F!


L’HALLOWEEN EN CHIFFRES

Saviez-vous que l’Halloween est la deuxième fête commerciale en importance après la fête de Noël? 
Selon Statistique Canada, des dépenses de 381 millions de dollars en bonbons, confiseries et 
grignotines ont été enregistrées en octobre 2013. Au pays, il se vendrait pour plus de 15 millions 
de dollars en citrouilles durant cette période seulement! 
Au Québec, il a été estimé que les ménages qui fêtent l’Halloween dépensent en moyenne 45 $ en 
gâteries, 32 $ en décorations et 56 $ en costumes, pour un total de 133 $. 

Pour économiser et donner une touche un peu plus verte à cette fête, on peut fabriquer son costume 
avec de vieux vêtements ou opter pour un costume de seconde main, confectionner des décorations 
avec des matériaux recyclés ou des feuilles mortes, faire un potage avec l’intérieur de sa citrouille
et la mettre au compost après la fête. 

Bonne Halloween!

Le coin des suggestions 

À VOIR

Le documentaire Demain est encore présenté au cinéma. Un film inspirant, plein de pistes de solutions pour résoudre les crises écologiques, économiques et sociales. Demain le film, de Cyril Dion et Mélanie Laurent. 

À LIRE

En as-tu vraiment besoin? Dans son ouvrage, le professeur et chroniqueur Pierre-Yves McSween nous invite à revoir toutes les décisions qui ont un effet direct sur notre compte de banque.

OBJECTIF DU MOIS

Du 15 au 23 octobre 2016, c’est la semaine Semaine québécoise de réduction des déchets. Pourquoi ne pas en profiter se donner le défi de réduire ses déchets? Il existe bien des façons de mettre sa poubelle au régime. Notamment, en n’y envoyant pas de matières organiques. Quand on sait que près de 40 % des résidus dans les sites d’enfouissements sont des matières organiques et que ces déchets contaminent les sols et les eaux souterraines, en plus de générer du méthane (un gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le co2), on comprend mieux l’importance du geste. Pour y arriver, on réduit le gaspillage alimentaire, on se met au compost, et on vérifie les dates de collectes pour les feuilles mortes.

À L’AGENDA

Pour souligner son implication dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’équipe de la Semaine québécoise de réduction des déchets prépare sa fameuse Disco Soupe. Épluche-légumes en main, on peut s’y rendre pour concocter une soupe à base de légumes déclassifiés ou invendus en groupe. La Disco Soupe 2016 aura lieu le samedi 15 octobre sur la mezzanine du marché Jean-Talon (7070, avenue Henri-Julien).

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À propos de Eve Beaudin

Eve Beaudin est journaliste depuis près de quinze ans et mère d’un presque ado. À la télé, comme à la radio et à l’écrit, son but est d'informer ceux qui veulent faire des choix éclairés, économiques et responsables. À la fois ludique et pragmatique, elle a aussi un côté « casseur de pub » qui aime départager le vrai du faux. De l’alimentation à l’habitation, en passant par les astuces écologiques, la dé-consommation et les trucs pour économiser du temps, tout ce qui touche de près la vie des gens, participe à leur santé et à celle de la planète l’intéresse. Actuellement, on peut la voir à l’émission de consommation Ça vaut le coût diffusée sur les ondes de Télé-Québec et l’entendre à ICI Radio-Canada Première. C’est avec grand plaisir qu’elle se joint à la grande famille du magazine Planète F !

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